Cette dernière monographie est écrite en français
2. Etude sur les institutions communales du Wtstrich et sur le livre du vingtième jour de Fénétrange, par M. Louis (de Bertholmiug); brochure in-8o de 94 p. Nancy, 1866.
XVII* siècle. L*auteur, à qui les récents travaux des Maurer , des Burkard , des Grrimm , des Mone et de notre compatriote, M. Hanauer, sur les institutions colongères ne sont pas inconnus, établit que le régime colonger n'était pas circonscrit à l'Alsace , qu'il avait franchi les Vosges et qu'il s'était étendu dans cette contrée , arrosée par la Sarre, et «qui n'était ni messine, ni lorraine, ni alsatique » ; il en a retrouvé d«s traces dans plusieurs localités, «où les habitants nommaient le maire et rendaient la justice sans l'assistance d'aucun seigneur » ; il trace à larges traits , aussi clairement que le sujet le comporte, l'organisation des campagnes depuis le XIP jusqu'au XVIP siècle, sans négliger nulle part d'indiquer les sources auxquelles il a été puiser les matériaux dont il use pour composer son résumé historique. Après avoir énuméré les charges, les corvées, les redevances fixes en argent, blé , œufs, poules, et auxquelles les colongers, fermiers , villageois et tenanciers de iots étaient soumis ,^ il nous conduit à l'affiranchissement des communes et à l'abolition de la servitude ; il proteste ensuite contre « la « fausse érudition du XVIII® siècle , qui a fait grand bruit «d'une foule de légendes apocryphes contre lesquelles « on ne s'est pas assez tenu en garde et qu'il faut exa- « miner avec la plus grande réserve sous peine d'être en- « traîné à de grossières méprises. Le moyen âge, dit-il, « a eu assez de misères sans qu'on aille le gratifier de «tous les ressorts usés du mélodrame : les malheureux «serfs condamnés à battre les fossés du château pour « faire cesser les coassements des grenouilles , etc. »
Ici nous nous permettons d'arrêter l'auteur et de lui faire observer que cette avilissante et bizarre servitude existait à Steinbourg, village situé près de Saverne et appartenant jadis à l'abbaye d'Andlau. Lorsque l'abbesse se rendait dans cette localité , pour y tenir les plaids annaux , son vassal , le noble de Still , qui tenait d'elle un verger en fief, était obligé de venir battre l'eau de l'étang voisin pour empêcher le bruit des grenouilles la nuit qu'elle y passait , afin qu'elle pût dormir tranquillement. Le registre des fiefs (Lehenbuck) de l'abbaye , qui remonte à Tan 1362 (Grandidier le cite dans son Histoire de î'évêché de Strasbourg ^)^ contient la mention suivante au sujet de cette singulière servitude qui peint à. elle seule l'état d'abaissement auquel les grands seigneurs et les opulentes abbayes réduisaient leurs vassaux : Krafft von SOU ist man von dem Bomgarten zu Steingewirck , danneu" von sol er diefrdsche sweigen magen, so ein eptischin do ist. Ce texte est tellement clair qu'il n'a pas besoin de commentaire. Au reste , l'existence de cette servitude était une réalité constatée par les Grimm et les Maurer , ces savants dont toute l'Allemagne reconnaît l'autorité'; réminent publiciste d'Erlangen n'y voit qu'un hommage symbolique que les vassaux et les serfs rendaient à leur seigneur ^.
Après avoir exposé l'origine et l'ensemble des institu-