‹ Le Bibliographe alsacienChapitre 39 sur 96 · MÉMOIRES DE FÉLIX FLATTER · texte numérisé non relu

MÉMOIRES DE FÉLIX FLATTER

Les hommes de goût n'ont pas oublié raccueil £ût aox Mémoires de Thomas Flatter, traduits et imprimés par M. Fick. C'était le premier de ces chefs-d'œuTre typographiques qui dépassait le petit cercle de ho^ppy few pour lesquels seuls M. Fick semble avoir, jusqu'alors, fait gémir ses presses. Il se trouva aussi que ce merveilleux habit couvrait une des plus intéressantes autobiographies qui puissent se lire. Ce n'est pas sans une secrète complaisance que l'auteur de cette note se souvient de cet écrit, qui a été l'une des séductions de sa jeunesse, et que, en 1847, il a fait connaître en partie aux lecteurs d'un petit journal d'Alsace. Ce sont ces extraits qui, sous le titre de : la Vie d'un savant au XVJ^ siècle, sont devenus une plaquette de ¥1-23 pages, tirée à 36 exemplaires sans plus , quoique non numérotés à la presse, que le Bibliographe réclamait naguère à tous les échos d'alentour.

M. Fick vient de donner une suite à ce volume en publiant les Mémoires du fils de Thomas Flatter, traduits par lui avec non moins de bonheur que les Mémoires du père. Livre de bonne foi, confession naïve, cette seconde autobiographie n'ofire plus le tableau de ce rude combat contre la misère et l'ignorance qui jette un si grand jour sur la société allemande du XYI' siècle. Nous

1. Genève, imprimerie JtOes G«<'-jPi0&,1866; in<S*, XVI-148 p., titre encadré , portrait gravé en bois.

( 131 ) avons affaire ici presque à un fils de famille qui n'ignore pas la gêne, mais qui entre dans la carrière soutenu et guidé par son père. Dès le premier moment , sa vie a un but; il étudie les lettres à Bâle, la médecine à Montpellier, revient dans sa patrie pour le couronnement de son éducation, c'est-à-dire pour prendre le bonnet de docteur et se marier , en attendant le succès qui ne tarde pas à venir. Ce sont les sérieuses années d'apprentissage et d'amour d'une honnête et riche nature, et quoique moins animées que les récits du père, il n'y a pas de plus saine lecture que ces pages où se révèlent avec tant de vérité les mœurs simples et austères de nos aïeux. Dans ses vieux ans, quand la fortune est venue, mais, hélas! sans la famille, l'auteur charme ses loisirs en se retraçant à lui-même les impressions de sa jeunesse.

La traduction est , je le répète , faite de main de maître. Elle suit avec une rare flexibilité l'original allemand, qu'on devine , qu'on entrevoit sous le réseau transparent d'un français un peu archaïque, quoique sans affectation. Que M. Fick me permette cependant une petite chicane. Félix Flatter rapporte, ^p. 84, que les convives qui assistèrent à ses noces apprécièrent fort le mérite d'un certain vin de Kangen qu'on leur servit. Dans une de ses notes , p. 137 , le traducteur fait ce vin originaire du village de Rangen, près de Saverne. Ce n'est pas du village qu'il s'agit, mais de la côte de Rangen, à Thann. Puisse M. Fick me pardonner cette querelle d'Alsacien !

M. Paul Ristelhnber, homme de lettres, ancien collaborateur du Bibliographe alsacien, «auteur d'une thèse de doctorat es lettres», etc., etc., nous a adressa, par ministère d*huîssier , Facte suivant :

{Timbre 50 c.) ACTE EN RÉPONSE.

L'an mil huit cent soixante-six , le vingt-six décembre ;

Alarequôte deM. PaulRlstelhuber, homme de lettres, domicilié à Strasbourg,

Je soussigné Antoine Ichter, huissier audiencier du tribunal civil séant à Strasbourg, y demeurant, rue des Juifs, il, ai signifié et déclaré au sieur Mebl ......... domicilié à Strasbourg, en

son domicile, où étant j'ai parlé à sa personne ,

Que le requérant, en réponse à une note du journal dit le Bibliographe et pour l'édification de quelques lecteurs étrangers à la ville, se fait un devoir de maintenir qu'il a été fondateur ou rédacteur en chef, ou directeur du journal en question, et il s'appuie sur les sept raisons suivantes :

1» Qu'il a fourni le titre, auquel il n'a pas renoncé ;

2o Qu'il a corrigé la devise qui lui avait été présentée par le propriétaire ainsi: Nobts el amicorum (sic); qu'il a aussi corrigé les épreuves et corrigé certaines élucubrations du propriétaire , notamment celle du tome I, page 132, où le propriétaire se désigne simplement sous le nom d'un collaborateur;

3° Qu'il a fourni l'avis -prospectus ;

4P Qu'il a fourni une foule d'articles, petits ou grands, signés de son nom ou de ses initiales , ou non signés , alors que les initiales du propriétaire n'apparaissent pour la première fois que tome II , page 298 ;

6» Qu'il a correspondu au nom du journal avec MM. Goste, Kirschleger, Fischer, Mossmann, etc. ;

6«> Qu'il lui était loisible, dans l'origine, de faire mettre son adresse sur le journal, et celle qui fut mise ne concernait que Vadministration ;

7» Que la qualification dont s'agit ne lui est contestée que depuis qu'il a cessé un travail dont il ne recueillait point de fruit moral , tout en risquant de partager la responsabilité de pointes qui n'étaient pas de son goût.

J'ai, en conséquence, sommé le requis de faire insérer le présent acte dans le plus prochain numéro du journal en question.

Pour que le requis n'en ignore, je lui ai remis cette copie.

Goût : cinq francs cinquante-cinq centimes.

Signé : RlSTBLHUBBB.

Signé : IGHTËR.

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