C. Plynij [sic) secundi naturalium historiarum libri
xxxvn.
A la fm du volume on lit :
Eûccus, Hagenoœ typis ac formulis Thomœ Ânshelmi Badensis. Anno à Christi natali MDXVIII. Mense nov.
C'est un beau volume in-folio , de papier solide et d'une impression très-nette. J'en possède un exemplaire dans ma bibliothèque aisatique. J. Oh.
Le Bibliographe alsacien met sous presse , et je n'ai que
le temps d'annoncer les deux nouveaux chefs-d'œuvre de M. Fick : Il Sacco di Roma nel 1527, relazione del commissario imp. Mercurino Gattinara {Ginevra, 1866; in- 16 de 84 p.) , et le Sommaire de Guillaume Farel {Genève, 1867 ; pet. in-8o de XV-162 p.).
Adressée à Gharles-Quint par le commissaire de l'armée impériale Mercurino, comte de Gattinara, neveu du célèbre Arbôrio de Gattinara, conseiller et chancelier du même empereur, qui fut créé cardinal en 1529, la relation du siège de Rome a été publiée par les soins de M. le professeur Galiffe et de M. Éd. Fick, d'après un manuscrit inédit ; avec l'introduction et les notes dont le baron Gamille Trassmondo-Frangipani l'a accompagnée, c'est un document considérable pour l'histoire d'une catastrophe à laquelle l'Alsace , on le sait , ne resta pas étrangère.
Le Sommaire de Guillaume Farel complète le choix des œuvres françaises publié en 1865 par M. Fick, en commémoration du troisième anniversaire séculaire de la mort du réformateur. Ainsi que le remarque notre compatriote, M. le professeur J. G. Baum, dans la savante introduction qu'il a placée en tête du volume , c'est le plus ancien exposé , en langue française, des doctrines religieuses de la Réforme, et, sous sa forme primitive, le meilleur ouvrage de Farel. M. Baum établit qu'il a été composé pendant le premier séjour de l'auteur à Montbéliard, de 1524 à 1525. Destinée à l'enseignement vulgaire , cette œuvre n'était connue que par un exemplaire unique de l'édition de 1552 , conservé à la bibliothèque de Saint-Gall : c'est cet exemplaire qui a fourni à M. Fick les extraits joints à son édition du Vray usage de la croix; mais cette édition, publiée aune époque oîi la Réforme s'était laissé détourner de son esprit par la scolastique des théologiens, avait subi des altérations, des additions fâcheuses. Heureusement que M. Baum a retrouvé à la bibliothèque de Zurich un exemplaire d'une édition de 1534
qui lui parait reproduire l'œuvre telle que Farel l'avait composée, pour tirer les simples « des horribles abuz de l'Antéchrist ». 11 était digne du savant éditeur de Calvin de remettre en lumière l'écrit qui a vulgarisé la doctrine nouvelle parmi les populations romanes de la Suisse et du comté de Montbéliard. 11 est toujours intéressant de connaître le verbe qui a déterminé les grands mouvements de l'histoire , tels que les Croisades, la Réforme et la Révolution.
Remercions encore M. Fick de ce double cadeau. En tout bien, telle est sa devise; et, malgré sa fertilité, il y reste fidèle. Dans les livres, grands et petits, gros et menus, qui paraissent sous sa marque — le triton sonnant de la conque — tout s'accorde si parfaitement: !e choix des œuvres, la correction des textes, la beauté et la solidité du papier, la netteté et l'appropriation des caractères, le goût sévère et la variété des ornements, que, prise en elle-même, chacune de ces impressions semble être le chef-d'œuvre unique d'un artiste qui s'y est voué tout entier, et après lequel il renonce à jamais produire une aussi belle chose. X. M.
Musée de Colmâr. — M. le baron Meyer de Schauensée a enrichi le musée de Colmar de plusieurs objets précieux. Nous devons signaler avant tout une plaque en argent doré et repoussé qui a dû faire partie d'une coiffure de femme au XVI« siècle. Au centre de la plaque qui fait saillie est enchâssé un gros grenat entouré de trois petites pierres fines. Le pourtour extérieur est formé d'entrelacs et de pommes de pin sur lesquels courent des chiens en haut relief.
Un autre objet d'art, non moins- intéressant, est une grande épingle à cheveux pour femme du XVn« siècle. Elle est en argent doré; la tète est travaillée à jour et du plus bel effet; la tige est ondulée à 20 centimètres de long.
Enfin un verre en cristal à bord doré sur lequel sont gra
vées, avec beaucoup de goût, des armoiries qui, d'après leur forme, annoncent le XVllI* siècle.
{Journal du Haut- Rhin.)
On démolit, en ce moment, Tun des plus vieux vestiges de l'ancienne ville autonome de Mulhouse, la dernière des quatre poudrières, enclavées autrefois dans les murs d'enceinte de la cité. Placé au bord du Trànkbach , à l'extrémité méridionale de la rue Henriette , le Pulverthurm, autrefois à trois étages, présentait ses meurtrières menaçantes à l'ennemi qui faisait mine d'attaquer la ville du côté sud-est. Au lieu de la poudre à canon que la vieille tour recelait dans ses caves mystérieuses, nous verrons, dans quelques mois d'ici, s'étaler, en plein soleil , dans la brillante devanture d'une maison grandiose , les bonbons renommés d'un de nos premiers confiseurs. Post utile dulce! Une photographie, sortie des ateliers de M. Adolphe Braun et exécutée aux frais d'un membre de la commission d'organisation du musée historique de Mulhouse , perpétuera le souvenir de la poudrière du Trànkbach. Cette photographie fait partie de la collection dudit musée. A. St.
(Industriel alsacien.)
M, de Saint-Santin vient de consacrer à M. Heim, un artiste alsacien , une étude très- complète dans la Gazette des Beauxi4r<5(lei' janvier 1867).
« M. Keim , François-Joseph , était né à Belfort , en Alsace, le 15 janvier 1787, ou, selon d'autres renseignements, le 5 juillet 1784, Je le dis à son honneur, il resta toute sa vie attaché à sa province, et, jusqu'aux derniers jours, il aimait à y retremper ses forces et y endormir ses inquiétudes. Il fit ses études au collège de Strasbourg, obtint, dès l'âge de
11 ans, le premier prix de dessin à l'école centrale de la môme ville ; on voulait en faire un mathématicien pour le pousser vers l'arme du génie , mais la passion de l'art f\it la plus forte : il vint à Paris, en 1803 , et entra dans l'atelier de Vincent. 11 est jDon de le noter en passant, l'atelier de Vincent et celui de Regnault valaient hardiment celui de David... M. Heim, on peut le dire, a eu , pendant vingt ans, un trèsréel et très-énergique tempérament d'artiste. En 1806, il avait concouru pour le prix de Rome contre Boisselier l'aîné , dessinateur plein de grande espérance , de fougue et d'invention. Boisselier l'emporta. En 1807, le sujet était Thésée vainqueur du Minotaure. Cette fois , M. Heim obtint le premier grand prix ; il avait juste 20 ans. »
M. de Saint-Santin , après avoir donné une longue nomenclature des principales œuvres de notre compatriote , conclut ainsi :
« Oui , M. Heim eût pu être un maître. Il avait l'énergie , celle du dessin comme celle de la brosse. Il avait la vigueur du mouvement, il avait l'ampleur du geste... mais son mauvais sort voulut qu'il manquât à M. Heim je ne sais quelle hardiesse un peu intempérante des vrais maîtres : la confiance dans ses propres yeux , le dédain instinctif des manières favorisées du pul^lic, enfin cette indépendance de l'esprit qui vient plutôt du tempérament que de l'éducation. M. Heim , soit timidité , soit prudence , n'osa jamais s'affranchir de la tradition académique, si puissante dans sa jeunesse, jamais il ne trancha résolument les lisières de cette tradition , et s'il recueillit, par des commandes régulières, les bénéfices d'une telle sagesse de conduite, il y perdit les meilleures chances de sa gloire. »
M. Heim est mort à Paris , le 30 septembre 1865. En 1855 , il obtint à l'Exposition la grande médaille d'honneur et la croix d'officier; il -était chevalier depuis 1825. «Dans la brillante histoire de l'école française au XIX® siècle , sa place sera gardée par trois ou quatre excellents ouvrages » , dit
M. de Saint-Santin. «C'était, en tout cas, ajoute-t-il, le devoir de cette revue de ne point laisser s'éteindre sans hommage la mémoire de l'un des artistes de notre siècle qui auront maintenu haut l'honneur et le respect de la grande peinture historique, historique dans les deux meilleurs sens.»
M. L. Larchey, dans son amusant et spirituel volume les Joueurs de mots, dont toute la presse française a fait l'éloge, mentionne une épigramme sur le pont de Kehl, attribuée au légendaire Monsieur On « que tout le monde entend et que personne n'a vu».
«(1858.) — On fait cette épigramme sur le pont du Rhin, construit , si on se le rappelle, à frais communs , par la France et l'Allemagne :
Le pont fixe du Rhin sera bien fait, je crois, Car on a confié chaque œuvre aux plus habiles :
li' Allemagne fournit le bois.
La France se charge des pilea.
«N'oublions pas que la Prusse nous forçait alors à former une armée de l'Est, car elle mobilisait sa landwehr pour empêcher les Italiens d'çntrer en Vénétie. Ceci est de l'histoire. »
Nous forcerait -elle à lui en donner aujourd'hui... des
piles ?
BIBLIOGRAPHIE ALSATIQUE.