CULTE DU BIENHEUREUX
du concile de Constance, se tint un chapitre à Tabbaye de Saint- Victor. On y régla la solennité de l'office qui se célèbre le jour de la naissance au ciel d'Urbain V.
La Providence avait son heure et, comme pour Jeanne d'Arc, elle la fit sonner tardivement pour notre bien-aimé Pontife.
Le culte du Bienheureux n'avait certainement subi aucune éclipse à Saint- Victor jusqu'à la Révolution de 1789 et, depuis, sa permanence était constatée en Normandie, à Assise, à Fossato, à Rome, etc. ^.
M^' Place, évêque de Marseille, démontra que, plus de cent ans avant les décrets pontificaux de 1634, touchant les actes du culte public, notre Pape français était connu et honoré comme un saint. La procédure était simple et les preuves surabondaient. Grégoire XI, qui passa douze jours à Saint- Victor en 1876, et Clément VIIÎ, dans son séjour d'un mois en i553, avaient approuvé les témoignages de vénération accordés à Urbain V. Benoît XIV fait mention de son culte, et l'Italie ainsi que la France ont toujours continué d'invoquer ses images, ses vertus, son nom. Aucun doute donc sur le culte immémorial, ininterrompu du Bienheureux.
L'Evèque de Marseille, en présence des actes qui lui furent remis par son tribunal ecclésiastique, prononça, le 7 juillet 1869, ^^® ^^ Urbain V était compris au nombre des cas privilégiés et exceptés des décrets d'Urbain VIII ».
Sa sentence fut transmise, avec toutes les pièces du procès, à la Congrégation des Rites pour recevoir confirmation. Les archevêques ou évêques de Tou-
I. Antoine Albozzi, préfet de la Bibliothèque Ambrosienne, appelle Urbain V « le Pape de sainteté et d'e'rudition » .
louse, d'Aix, d'Avignon, de Sens, de Montpellier, de Mende, de Nimes, d'Orléans, de Troyes appuyèrent la requête de M^"" Place.
En même temps s'unirent à eux les cardinaux de Bologne, de Naples, de Prague, les archevêques de Florence, de Gênes, de Catane et les évêques de Citta-del-Pieve, de Nocera, de Montefiascone, de Patti.
Dieu bénit la pieuse entreprise à laquelle avaient coopéré, par leurs écrits, plusieurs savants des diocèses de Mende, de Montpellier et de Marseille. M. Th. Roussel, l'abbé Magnan et surtout l'érudit chanoine Albanès firent beaucoup pour cette cause. L'illustre cardinal Pitra la fit sienne , à son tour. Il présenta un rapport admirable de doctrine et de logique à la Congrégation des Rites, qui confirma le jugement de l'évêque de Marseille. C'était le 5 mars
Un rapport fidèle de tout ceci fut fait à Notre Saint Père le Pape Pie IX par le substitut de la Congrégation des Rites. Sa Sainteté approuva, ratifia, confirma le rescrit de la Sacrée Congrégation, et, le 10 mars 1870, signa le décret touchant le culte du Bienheureux Urbain V.
Daigne ce bon Français, ce grand Pape, qui a reçu les suprêmes honneurs des autels, bénir la France et rester son protecteur dans le Ciel!
Les sources où j'ai puisé les documents de ce travail sont nombreuses et abondantes. Avant tout, il convient d'indiquer :
Archives et Bibliothèque du Vatican.
Archives de Saint- Victor de Marseille.
Aix-en-Provence, manuscrits delà Bibliothèque Méjanes. Paris, Bibliothèque nationale, collection des manuscrits. Avignon, Bibliothèque Galvet, Archives départementales. Garpentras, Bibliothèque, fonds des manuscrits. Montpellier, Archives départementales de l'Hérault. Marseille, Archives municipales.
Mende, Archives départementales de la Lozère.
Parmi les ouvrages consacrés à Urbain V, il m'a paru le plus utile de connaître :
Baluzius. — Vitse paparum Avenionensium, Parisiis, 1693, 2 vol.
Ulysse Chevalier. — Actes anciens et documents concernant Urbain V, sa, famille, ses miracles, son culte, Paris, 1897, 1 vol.
Albanès. — Abrégé de la vie et des miracles d'Urbain F, Paris, 1872, 1 vol.
Oraison funèbre du pape Urbain V, par le cardinal Gui de Boulogne, publiée et traduite par Albanès, Marseille,