Reg. Vat. n° 3i^^ passim, ann
et remanié à diverses époques, avec le castrum. Sur l'église, « qui avait quelque aspect de crypte », était une partie de l'habitation des chanoines. Dans la construction de plusieurs maisons du village et dans les fouilles opérées autour des ruines, sont des pierres sculptées ayant appartenu aux primitifs édifices du temps d'Urbain V.
Le zélé Couderc, curé de Bédouès, a eu la bonne fortune, en restaurant son église ^ vers le milieu du siècle dernier, de trouver le caveau des Grimoard. Il l'a remis en état avec tout le soin et le respect dus aux auteurs du glorieux Pontife '.
Morne et granitique, le sol du castrum de Grisac est couvert de neige une bonne partie de l'année. Ce lieu d'origine d'Urbain V, d'accès difficile, juché sur le sommet des Cévennes, environné de touffes de bois sombre, n'avait point, dit la Prima Vita^ d'église baptismale et paroissiale. Il fallait aller à Bédouès^, à Fraissinet de Lozère, à Pont-de-Montvert, et c'était fort loin, surtout par les mauvais temps des hivers sans fin. C'est pourquoi le Pape, désirant faciliter les pratiques religieuses à ses compatriotes,
I. Par ordonnance du 3 mars 1825, le service paroissial a été remis à cette église et non point à Saint-Saturnin, située au centre du village et paroisse primitive, laquelle avait été unie à la collégiale de Notre-Dame de Bédouès ainsi que l'église de Prunet et la chapelle de Saint-Julien du Gourg, en
a. La famille de Grimoard, éteinte dans sa descendance masculine du temps même du Bienheureux Urbain V, s'est continuée par les femmes jusqu'à Urbaine de Grimoard, qui vivait à la fin du xv« siècle, et, depuis elle, dans la maison de Roure où elle entra par son mariage. Les familles de Roure et de Sabran ont contribué à la réfection du tombeau et de la chapelle des Grimoard.
3. In loco de Bedoesco^ uhi ecclesia baptismalis et parochialis loci suce originis.
fit bâtir une église à Grisac. Son emplacement fut choisi à une certaine distance du château paternel, où il était né, où il avait passé son enfance. Il ne travaillait pas pour sa famille, mais pour l'utilité des fidèles.
Cette nouvelle paroisse, fondée pour le bien spirituel du peuple, porta le vocable de Notre-Dame*. Elle fut dotée de quatre cloches, comme à Bédouès, ainsi que de tous les ornements nécessaires au culte. Guillaume de Spinasson, directeur des travaux de l'église, ne négligea rien pour donner au monument ce cachet religieux et féodal qui était dans les goûts du Pontife.
Le Gévaudan fut ainsi comme inondé « de faveurs et de bienfaits ». Urbain V lui donna son cœur et ses pensées, même lorsqu'il se trouvait en mer, faisant le voyage de Marseille à Corneto. De toutes les belles pièces de soie et d'or qui ornaient sa galère, il fit faire des vêtements sacerdotaux, et ordonna de les distribuer aux paroisses indigentes de son diocèse d'origine.
Les rois de France, à son instigation, accordèrent affranchissement de taille aux divers fiefs de la famille Grimoard, et déchargèrent d'impôts leurs sujets.
Un pays est comme un individu : certaines impressions, profondément reçues, ne s'effacent jamais. Et la montagnarde, la croyante Lozère, justement orgueilleuse de son Pape, a un cœur chaud et reconnaissant! Durant le cours des siècles, elle s'est souvenue de son incomparable bienfaiteur et lui a voué un culte d'éternelle gratitude. Partout le nom