Arch. Val., Intr. et Exit.^ reg. 3i
3. Bulle du 28 novembre : Génies armigere pro magna parte recesse runt de partibus senescalliarum Tholose, Carcassone et BelUcadre.
mois d'avril i366, les routiers, après avoir pillé le trésor de Séville, reprenaient le chemin de la France. Quelques capitaines se proposant d'aller combattre les Maures de Grenade, comme le demandait le Pape, voulurent rester avec Duguesclin, mais ils étaient si peu nombreux!
Déjà les compagnies avaient franchi les Pyrénées et revenaient, menaçantes, à travers le Languedoc. Les sénéchaux de Toulouse et de Carcassonne , le vicomte de Narbonne, voulurent s'opposer à leur rentrée en France. Ils furent défaits sous les murs de Montauban le i5 août i366. Les prisonniers furent laissés en liberté sous promesse d'une rançon. Mais le Pape les délia de leur serment, annula les engagements qu'ils avaient contractés et leur défendit de rien payer aux compagnies*.
Aimeric de Peyrac, auteur de la Quaterna Vita^ traversait la plaine de la Ville-Dieu trois jours après le combat de Montauban. Il nous raconte qu'il vit de ses yeux les cadavres qu'on n'avait pas eu le temps d'ensevelir. Les routiers que le Pape avait excommuniés, dit-il naïvement, portaient le signe de la malédiction. Ils étaient couchés le visage contre terre, tandis que les soldats du roi et de l'Eglise tournaient leurs regards vers le ciel. Ainsi, conclut cet historien , « Jésus-Christ , notre Dieu , opérait des merveilles pour glorifier Urbain V ».
Quand le Bienheureux vit que l'expédition d'Espagne n'avait pas débarrassé la France des compagnies, il reprit son premier projet, un moment abandonné, de les envoyer outre-mer. Le comte de Savoie offrait de se mettre à leur tête; il désirait