‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370)Chapitre 80 sur 103 · I. Prima Vita et Informations, n · texte numérisé non relu

I. Prima Vita et Informations, n

•1, La bienheureuse Delphine de Sabran^ par la marquise de Forbin d'Oppède, ch. xxvii. Une bulle du 5 mars i363, signée par Urbain V, ordonnait l'enquête de canonisation sur Delphine, épouse d'Elzéar de Sabran.

fixait sa fête au 27 septembre, date de sa mort à Paris.

Le jour même de cette grande cérémonie, le Pape adressait un bref à l'évêque d'Apt et au Père gardien de la même ville pour les informer de ce qui s'était passé. Il leur défendit expressément, sous peine d'excommunication majeure, de toucher sans permission aux restes d'Elzéar, parce qu'il se réservait de faire très solennellement la levée du corps à une époque ultérieure ^.

Urbain V eut, dans la même année, la consolation de réconcilier à l'Eglise Jean Paléologue, empereur de Constantinople. L'Orient préoccupait vivement notre Pontife et, dans de nombreuses lettres, il pressait toutes les hautes personnalités grecques d'embrasser la foi catholique. Fidèle à sa promesse, l'empereur se rendit à Rome, en octobre 1369. De son côté, le Bienheureux quitta Viterbe le 1 3 de ce mois et, le i4, il officia à Saint-Jean de Latran. Il soupa et coucha à Saint-Paul et revint le lendemain a son palais du Vatican 2.

L'abjuration de Jean Paléologue se fit à l'église du Saint-Esprit, le 18 octobre, devant plusieurs cardinaux et de nombreux témoins. L'empereur confessa expressément la primauté de l'Eglise romaine et reconnut Urbain V comme le représentant de Dieu.

Quatre jours après, le Pape sortit du Vatican, en habits pontificaux, et se dirigea vers un trône placé au portail de Saint-Pierre. Il monta sur ce trône et s'assit. A ce moment, arriva l'empereur de Constantinople.

I. ... Ex certis causis inhihimus ne corpus sancti Elzeari transferatis nec de ipsius reliqiiis quicquam disponatis... a . lier italicum.

Dès qu'il vit le Souverain Pontife, il se prosterna trois fois suivant l'usage, et, se relevant ensuite, baisa ses pieds, ses mains, sa bouche. Urbain descendit du trône et, prenant l'empereur par la main, ill'introduisit dans la basilique au chantdu Te Deum. Pendant la messe, que célébra le Bienheureux, en latin, Jean Paléologue renouvela la profession de foi qu'il avait faite, déclarant que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, que le Pontife romain est le chef de tous les catholiques^.

Cet acte combla de joie Urbain V et tous les cardinaux. La multitude des personnalités grecques accompagnant l'empereur dans sa démarche augmenta encore le bonheur de tous.

Il y a, dans la narration des divers auteurs contemporains, des scènes délicieuses sur l'amitié et les rapports, à Rome, du Pape avec l'empereur d'Orient. Après le premier dîner fraternel du dimanche 21 octobre, l'intimité se resserra. Jean Paléologue, plein de vénération pour Urbain V, le visitait très souvent, sœpissime çisitabat; il lui portait des cadeaux et l'entourait de ses hommages et l'honorait de sa dévotion. A certains jours, sans prévenir, sans être invité, il arrivait à l'heure des repas. On lui préparait de suite une place, et tous deux ensemble mangeaient les mets qui étaient destinés à un seul. Cette réfection simple et affectueuse charmait Jean Paléologue, qui disait en se retirant : « Dans les festins du monde, je n'ai jamais pris tant de plaisir qu'en ces agapes. Mon corps et mon âme en sont rassasiés^ ».

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