‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 105 sur 108 · CULTE DU BIENHEUREUX · texte numérisé non relu

CULTE DU BIENHEUREUX

pauvres, de jeunes et de vieux; mais jamais les notaires du xiv^ siècle ne manquent de signaler leur pèlerinage ad sepulchrum.

Quant aux images d'Urbain V que l'on fit peindre dans les églises, elles se multiplièrent partout.

Ces toiles, dues à des artistes de grande valeur, comme à Fiesole, à Assise, à Saint-Marc de Venise, étaient mises à portée des fidèles et sous leurs regards, de manière à recevoir facilement les fleurs, les offrandes, les ex-voto. Elles avaient déjà l'auréble des saints.

Cependant ces figures, toutes significatives qu'elles fussent, ne parlaient pas assez haut à la ferveur des fidèles et le Bienheureux eut des autels. A Sienne, on dit la messe d'Urbain V, et des chapelles portèrent son nom dans plusieurs diocèses italiens. Il y eut aussi des antiennes, des hymnes et des oraisons particulières pour l'invoquer, exalter ses mérites, demander des grâces *. En présence de tant de prodiges, à la vue des autels qui se préparaient en Lozère aussi bien qu'en Provence, en Languedoc, en Italie, des démarches furent faites pour la canonisation solennelle. En iS^S Waldemar, roi de Danemark, s'était déjà adressé à Grégoire XI pour lui demander de mettre au catalogue des saints son glorieux prédécesseur, que Dieu exaltait par la voix des miracles. Le Pape lui répondit, le 23 août de la même année, qu'il serait heureux de travailler à cette cause. En attendant de l'avertir, il se préparait à son voyage en Italie. Les temps n'étaient pas propices pour les longues procédures de caaoaisatioa

I. Nous avons trouvé de belles oraisons à Rome dès la xve siècle et à Aix dans le manuscrit de la Bibliolhèque Méjanes, R. 946.

cette grave affaire ne fut reprise que sous le règne de Clément VIL

La reine Jeanne de Naples, Charles V, Charles "VI, le duc d'Anjou , les archevêques d'Aix , d'Arles , d'Auch^ de Toulouse, d'Embrun, les évêq'Jés de Marseille, de Mende, de Rodez, de Viviers, le diocèse- de Maguelone, les conseils communaux de Marseille et de Montpellier renouvelèrent la tentative. L'abbaye de Saint- Victor envoya à Avignon une députation, à la tête de laquelle était Pierre Flamenqui. Celui-ci, admis en plein consistoire devant le Pape et sept cardinaux, sollicita avec instance l'honneur de la canonisation pour Urbain V.

Par bulle du 17 avril i38i, Clément VII nomma des commissaires chargés d'informer sur la vie et les miracles du Bienheureux : c'étaient Seguin, patriarche d'Antioche et évêque de Nimes, Raymond, évêque de Vaison, Savaric Chrétien, abbé de Saint-André près d'Avignon. Pierre Olivier, postulateur de la cause, était licencié en droit. Ce chanoine d'Aix, ce chapelain du Pape, était très lié avec le cardinal Anglic, qui lui confia l'affaire. Il s'en tira avec honneur et apporta un zèle fervent, pieux, dévoué à l'accomplissement de tous ses devoirs. Il parut devant les commissaires muni des procurations régulières, et parla au nom des villes ou personnages que nous venons de citer.

Il présenta aux prélats commissaires, en 1 382 , les principaux traits, ainsi que les miracles dont Olivier put avoir la preuve juridique, mais les événements du schisme empêchèrent la conclusion de la cause et Dieu ne permit point qu'un Pape douteux rendît le décret souhaité.

L'an i4i4) quelques semaines avant l'ouverture

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