COMMENCEMENTS DE SON PONTIFICAT
« Très cher Sire, il ne m'appartient pas de seoir jouxte vous, qui estes le plus noble roy des crestiens, car, au regart de vous, je ne suis qu'ung vostre chevalier ».
Le Pape et le roi de France approuvaient d'autant plus cette expédition qu'elle permettait de se débarrasser des grandes compagnies qui ravageaient toutes les provinces.
Deux ans de préparatifs furent jugés nécessaires avant de traverser la mer. Pendant ce temps, le roi de Chypre, muni des lettres du Pape les. plus pressantes, alla visiter l'empereur et les autres souverains de l'Europe pour gagner à la sainte entreprise les peuples et les princes.
Tout semblait réussir au gré du zélé Pontife, lorsque Jean II mourut à Londres, le 8 avril i364- Lui disparu, il était peu probable que la France prît part à l'expédition. Pierre de Chypre le remplaça naturellement, comme chef des troupes. La mort du cardinal de Périgord suivit de près celle du roi Jean.
Les hommes du xiv^ siècle n'étaient plus animés de cette foi ardente qui avait lancé leurs ancêtres du xii" contre les infidèles.
Une partie des croisés abandonnèrent leurs projets : les grandes compagnies refusèrent d'entreprendre le voyage d'outre-mer, la croisade n'intéressait plus la France, il fallut renoncer aux conquêtes déjà faites.