SCÈNE XI
LE MARQUIS, BELLEPOINTE , une lettre k la main.
bellepointe y entrant en chantant.
Dans les gardes françaises,
J’avais un amoureux !
(Regardant ta boutique do Toinon.) C’est là!
LE MABQUIS, à part.
Un soldat de mon régiment!... C’est mon sergent Bellepointe! Eh ! camarade !
BELLBPOINTE, sa retournant.
Plaît-il, Pékin... (ne reconnaissant.) Mon capitaine !
LE MABQUIS.
Que viens-tu faire ici ?
BELLEPOINTE.
C’est une lettre, mon capitaine.
LE MABQUIS.
Pour qui?
BELLEPOINTB.
Pour la fleur du faubourg, la belle Toinon.
LE MABQUIS.
Toinon?... Approche... et de quelle part?
BELLEPOINTE.
De la part de monsieur le directeur de l’Opéra.
De Francœur... par quel hasard? Voyons, explique-toi...
BELLKPOINTE.
Vous avez donc connaissance de la particulière?
LE MARQUIS
Sans doute... je m’intéresse beaucoup à cette jeune fille... et je r.c puis deviner quel rapport...
BELLEPOINTE.
Alors, mon capitaine, voici l’anecdote... Il paraît que l’incomparable jardinière a des idées de dessus le théâtre, et que l’Opéra lui a donné fièrement dans l’oeil, vu qu’elle a correspondu avec le directeur, à l’effet de se faire incorporer dans le régiment des bayadères et autres nymphes qui décorent cet établissement...
LE MARQUIS
Toinon, entrer à l’Opéra !
BELLEPOINTB.
C’est sa fantaisie... la missive qu’elle a griffonnée à M. Francœur était même diablement cocasse... il paraît qu’elle a excité l’hilarité de ces demoiselles qui sont pas mal rieuses de leur naturel.
LE MARQUIS
Mais toi... que viens-tu faire ici ?
BELLEPOINTE.
Ah! voilà!... Vous savez, ou vous ne savez pas, capitaine, que je cumule deux emplois et deux profits... le matin, je racole sur les boulevards pour le service de Sa Majesté, et le soir, je suis guerrier, lion, peuple, à l’Académie royale.
Je t’ai reconnu en exercice; tu es beau... Après?
BELLEPOINTE.
Pour lors, M. Francœur, qui sait que je connais bien mon Paris, m’a demandé si j’avais entendu parler d’une demoiselle Toinon, jardinière fleuriste du faubourg Saint-Antoine... Toinon,