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tonnf>s.
Pour la première fois, les charbons américains sont apparus en quantité notable sur le marché français.
Les entrées moyennes de la période décennale 1891-1900, exprimées en houille, avaient été : Angleterre, 5,5 1 4, 000 tonnes; Belgique, 4,809,000 tonnes; Allemagne, 1,935,060 tonnes; ensemble, 12,377,000 tonnes.
Notre exportation reste peu considérable : moyenne de {^hh\Qoo tonnes, pendant la période 1891-1900; 937,000 tonnes en 1900. Elle est principalement dirigée vers la Belgique et la Suisse.
La consommation propre des mines a été, en 1900, de 3,238,000 tonnes; celle de la grosse métallurgie, de 8,265,ooo tonnes; celle des chemins de fer, de 6,229,000 tonnes; celle de la marine marchande, de 1,028,000 tonnes.
Il y a longtemps déjà que le monde industriel s'est inquiété de faire une sorte d'inventaire des richesses houillères accumulées par les siècles et de supputer l'époque à laquelle ces richesses seraient épuisées. Vers 1860, des savants et des praticiens anglais poussèrent un cri de détresse ; le Parlement britannique s'en émut et une enquête fut instituée sous la direction de sir Roderick Murchison, célèbre par
ses connaissances géologiques. La Commission d'enquête déposa en 1871 un volumineux rapport concluant à lexistence de 1 46 milliards 5oo millions de tonnes dans le sous-sol de la Grande-Bretagne; elle s'abstint, d'ailleurs, de calculer la vie probable de cet immense stock, en se retranchant avec infiniment de raison derrière l'aléa des exigences et des transformations de l'industrie.
Dans son introduction aux rapports du jury de l'Exposition de 1 867, Michel Chevalier se posait la même question pour la France ; il envisageait avec anxiété l'épuisement possible du bassin alors le plus productif, celui de Saint-Etienne et de Rive-de-Gier, avant la fin du xx*' siècle.
Bien qu'atténuées par la mise en exploitation de nouveaux bassins, soit en Europe, soit sur d'autres points du monde, ces craintes eurent néanmoins des effets salutaires et poussèrent à l'économie du combustible, ainsi qu'à un meilleur aménagement du domaine forestier. Dès 1867, Michel Chevalier pouvait signaler des résultats sérieux obtenus, notamment par l'emploi du four Siemens et du four annulaire Hoffmann , par l'utilisation de la houille menue sous forme d'agglomérés, par la consommation plus générale de l'anthracite.
L'accroissement énorme de l'extraction à la fin du xix* siècle n'est pas faite pour calmer les préoccupations d'avenir. Cependant il convient de remarquer que le globe recèle encore de vastes gisements inexploités ou même inexplorés. En pratique, les prévisions actuelles doivent s'attacher moins à l'épuisement futur des houillères qu'à un déplacement des centres de production, comme celui qui commence à se manifester dans la situation relative de l'Amérique et de l'Europe. On peut, d'autre part, fonder de légitimes espérances sur les ressources qu'apportera un meilleur emploi des chutes d'eau, de la houille blanche, grâce à l'électricité.
2. Matières bilumineuses. Huiles minérales. — Parmi les matières donnant lieu à une exploitation assez active se rangent les matières bilumineuses. En 1800, l'extraction dans les différentes parties du monde était de 1,100,000 tonnes environ; elle a dépassé 3 millions
de tonnes en 1900. Les pays où la production est le plus élevée sont les suivants :
tonnes. tonnes.
Grande-Bretagne et Irlande 85o,Aoo 819,000
France i4û,ooo 366,000
La Trinité ? 161 ,3oo
Italie 13,300 101,000
Allemagne 36,000 90,000
États-Unis 3,ooo /i5,ooo
L'Angleterre tient de beaucoup la première place. Il y existe des gisements considérables, non de schistes bitumineux proprement dits, mais de roches produisant du boghead ou du cannel-coal.
Nous avons des schistes bitumineux à Autun en Saône-et-Loire (production de 1 46,000 tonnes pendant Tannée 1900) et à Buxières dans TAUier (7^,000 tonnes); ces fichistes ont donné i9,/ioo tonnes d'huile brute. Les calcaires asphaltiques se rencontrent dans TAin, le Gard, le Puy-de-Dôme et la Haute-Savoie (34, 000 tonnes en 1900). Enfin le bassin d'Autun fournit iâ,ooo tonnes de boghead.
Pendant les vingt années de la période 1880-1900, la production du luip^e dans le monde est passée de 3,74o,oooà i9,â5o,oootonnes. Les deux pays qui alimentent presque seuls le marché sont la Russie et les Etats-Unis d'Amérique. Bien loin en arrière viennent, avec une extraction restreinte, la Galicie, la Roumanie, les Indes anglaises et néerlandaises, le Japon, le Canada, l'Allemagne.
Il y a vingt-cinq ans, l'exploitation commençait à peine en Russie; le rendement de 1880 ne dépassait pas 35â,ooo tonnes; celui de 1900 a atteint 9,8^6,000 tonnes. Le naphte se rencontre tout le long des versants du Caucase, sur 1,360 kilomètres de longueur, entre les presqu'îles d'Apchéron (mer Caspienne) et de Taman (mer d'Azof), ainsi qu'à Arkhangel, au pied des Karpathes, à Sakhaline. Toutefois la mise en valeur n'est guère entreprise qu'aux deux extrémités du massif caucasien et spécialement dans la presqu'île d'Apchéron ; l'abondance des sources de Bakou a nécessairement restreint les tentatives nouvelles et la Russie garde ainsi d'immenses réserves pour l'avenir.
Actuellement, le naphte de Bakou fournit environ 37 p. loo de pétrole, dont un tiers est embarqué sur le Volga et destiné à la consommation intérieure, tandis que les deux autres liers vont par chemin de fer à Batoum et sont dirigés vers l'étranger; au pétrole s'ajoute rhuile de graissage, qui représente 3 p. 100 ; dans l'ensemble, le pétrole, les huiles solaires ou de graissage et la benzine ne forment pas plus de 3 1 p. 1 00. Le surplus est perdu ou brûlé comme simple combustible.
En 1880, les États-Unis tiraient déjà de leurs gisements 3,338,000 tonnes; ce chiffre est monté à 8,7^19,000 tonnes en 1900. On trouve le naphte dans les Etats de Pensylvanie, dlndiana, d'Ohio, de la Virginie occidentale, de la Californie, de New-York, du Texas, du Colorado, du Kansas, etc. Les régions productives par excellence sont toujours celle des Appalaches (67 p. 100 du total) et celle de Lima-Indiana (37 p. 100); parmi les autres régions, la Californie développe rapidement son exploitation. On peut évaluer à 90 p. 100 le rendement moyen du naphte des Etats-Unis en produits oléagineux; le pétrole américain a une suprématie incontestée au point de vue de sa teneur en huile lampante et en matières volatiles.
M. Michel Lévy, dans son rapport général sur l'Exposition de 1 90 >, et M. Haller, dans son rapport spécial relatif aux arts chimiques, signalent la diversité de composition des pétroles, qui se distinguent en deux classes principales : série aliphatique (Pensylvanie, Ohio, Canada, Roumanie) ; série des naphtènes (Russie, Californie, Texas). Cette diversité contribue à obscurcir la question de l'origine des huiles minérales ; il n'est pas téméraire de supposer que les formations ont des processus différents et dérivent tantôt de combinaisons minérales (carbures métalliques), tantôtde matières organiques (plantes, cadavres d'animaux).
Une particularité intéressante des Etats-Unis est l'exploitation du gaz naturel , qui se dégage des terrains pétrolifères. La production de ce gaz a notablement diminué depuis 1889; jadis gaspillé, il est aujourd'hui recueilli avec soin, distribué à des distances souvent considérables et utilisé pour le chauffage industriel, l'éclairage à Imcandescence, le fonctionnement des moteurs à gaz, etc. Au Canada, les dégagements de gaz naturel trouvent également d'utiles emplois. La Russie, qui en possède aussi, ne les exploite jusqu'ici que dans une faible mesure.