‹ Le bilan du divorceChapitre 5 sur 29 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

la séparation de corps, à cause de mon grand désir de liberté ; j'ajoute cependant que, si l'un des doux devait disparaître, ce serait incontestablement la séparation de corps et voici pourquoi :

Je vous ai déjà indiqué que la séparation de corps avait tous les inconvénients du divorce : je vais maintenant vous montrer qu'elle en a d'autres.

Voici comme s'exprime M. de Marcère, dans son rapport sur le rétablissement du divorce :

« La séparation de corps, c'est le dérèglemont de la vie ou le célibat forcé, c'est-à-dire un état contraire, soit aux lois sociales, soit à la nature humaine. Que si, cédant à des impulsions presque irrésistibles, les époux créent, chacun de leur côté, des liaisons, non reconnues par les lois et condamnées par les mœurs, quelles sources de douleurs

PRÉFACE XV

secrètes ! Quelles amertumes, à côté des consolations que des âmes, trop faibles pour faire le sacrifice de leur être et s'immoler sur l'autel d'une fidélité héroïque, auront recherchées ! Que s'ils demeurent dans l'isolement, quel désert pour eux que la vie ; quelle sécheresse pour des cœurs obligés de refouler les sentiments et les besoins les plus impérieux ; quelle situation pénible, pour la femme surtout, qui souffre également et de la malignité publique et de la compassion qu'on ne lui épargne guère ! »

Cette liberté même que la loi avare leur offre, est menteuse. Ces époux se surveillent, se poursuivent de leur haine. Ni dignité, ni sécurité pour l'un et pour l'autre. La loi prétend les maintenir dans un état honorable et la société les repousse.

Le divorce, lui, les replace dans un état acceptable, puisque la loi consacre les liens

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