ACTE II
surtout à l'appui tout-puissant du inajordoinc, je serai sûr de l’emporter sur mes concurrents quand il s’agira de nommer un bourgmestre.
REINHOLD, so le»anl el axec feu.
Mais, Berta, filleule du majordome oa non, je vous aurais épousée tout de même !
BERTA, souriant.
Cependant le majordome n’a rien gâté, n’est-ce pas ?
REINHOLD, se rassevant avec confusion.
C’est vrai, il n’a rien gâté !... (su levant vivement.) Eh bien, oui, l’ambition me tient là, au cœur... Les dignités, j’en ai soif, j’en ai faim !... ça me poursuit jusque dans mon sommeil!...
BERTA
Allons, c’est bien, monsieur Reinhold, d’avoir été franc et sincère... v
REINHOLD
Ob ! en ménage, pour être heureux, il faut de la franchise, chez l’homme... et chez la femme...
BERTA
C’est mon avis.
C’est votre avis?
REINHOLD, avec intention.
Certainement.
REINHOLD, la prenant par la main et U conduisant gravement an tonnelet.
Asseyez-vous donc sur le tonneau de la sincérité, et répondez !
BERTA, gaiement.
M’y voici... (eUc s’assied.)
REINHOLD, se plaçant devant elle et avec gravité.
Pourquoi mademoiselle Berta a-t-elle accepté les offres de mariage de monsieur Reinhold ? Répondez !
BERTA
Mais, parce que mademoiselle Berta avait remarqué la bonté de monsieur Reinhold. .. l’air de santé qui brille sur son visage...
REINHOLD, levant le doigt.
Eh bien... eh bien, mademoiselle, et le serment que vous avez fait?
BERTA, imitant l'air confus que Reinhold avait pris lorsqu'il était sur le tonnelet.
El que mademoiselle Berta est un peu coquette...
REINHOLD, achevant et du même ton.
Ce qui fait qu’en épousant monsieur Reinhold, mademoiselle Berta pourra se donner les plus riches dentelles, les étoffes les plus rares, les plus beaux rubans...
BERTA^ avec pins de confusion encore.
C’est vrai, monsieur Reinhold.
REINHOLD, allant h Berta cl lui prenant la main.
ül VOUS faites bien, mordieu !...
BERTAj se levant.
Ainsi, monsieur Reinhold, en fait de toilette vous me pardonnerez mes caprices... mes changements?
REINHOLD
Je ne veux pas vous voir porter trois fois la même robe...
BERTA^ faisant la moue.
Trois fois, c’est beaucoup...
REINHOLD
Deux fois, une fois, une demi-fois... vive la coquetterie !...
BERTA
Vive l’ambition !...
REINHOLD
Ainsi, Berta, vous serez parfaitement heureuse?
BERTA, soupirant.
Vous savez bien que quelque chose manquera encore à mon bonheur...
REINHOLD
Oui, je sais... Vous voudriez faire partager votre fortune à l’enfant de la pauvre Charlotte Muller...
BERTA
Dire que toutes nos recherches ont été infructueuses... J’ai parcoiu-u les faubouigs et tous les environs de Munich.
REINHOLD
Tobias, de son côté, n’a pas négligé le plus petit hameau... il a retourné l’Allemagne...
BERTA
Charlotte Muller est morte, en laissant une fille qui a quitté son village pour aller...
REINHOLD
Oui, on ne sait où... cherche..'.
BERTA, avec sensibilité.
Pauvre père... Je l’ai perdu sans pouvoir, la joie au visage, lui annoncer que j’avais retrouvé sa fille... Tenez, monsieur Reinhold, il me semble que je Taimerais bien, celte petite sœur... que les plus grands sacrifices ne me coûteraient pas...
(a ce momcnl on entend sonner à l'extérieur.)
REINHOLD
Allons ! encore quelqu’un qui vient nous déranger !
BERTA, qui est allée regarder au Tond.
Une jeune fille que l’on fait entrer... (Revenant.) Oh! je sais... ça doit être une servante... j’en ai demandé partout... et j’ai dit qu’on me trouverait ici... chez maître Martin... Puisque vous êtes la, si elle vous plaît, je pourrai l’arrêter tout de suite...
REINHOLD
N’êtcs-vous pas déjà ici dame et maîtresse?... voyez... interrogez, décidez... (conOdentieUemeot) Moi, je vais rôder autour de