ACTE III
REIMIOLD, airecUnl la gaieté.
MonDiou... non... non . Celte maison ne me plaisait phi,s... je l'ai vendue... bon marclié, par e.vemple... Au surplus, j’exicute le contrat... Oh!... je n'ai qu'une parole, moi...
MAUGCERITE.
Et celle que vous m'aviez donnée, monsieur Keinhold, de ne jamais m'oublier?...
KEINHOLD.
Oh !... c'est que je savais d’avance qu'au bon moment, vous amiez de la mémoire pour nous deux... Et la preuve, c’est qu'à peine arrivée à Bamberg...
MAllGLEUITE^ vivement.
Oh ! j'y suis entrée sans savoir que vous l'habitiez... je vous le jure... Si j'ai gagné la ville, c'est que le séjour des campagnes ne m'était plus possible... La première année de votre cruel abandon, j'ai tout supporté... avec une espérance qui m’aidait à vivre... Ueinliuld ne m'a pas oubliée!... Mais les joui-s, les mois se sont passés, et je n’ai plus eu le droit de sécher mes larmes, en répétant encore : Keinhold ne m'a pas oubliée !...
REl.NHOLD.
Mademoiselle!...
MARCLERITE.
Dans nos campagnes, vous, ne l'ignorez pas, on est si méchant !... Quand j'allais demander mon pain aux plus durs travaux... que de t'ois m’a-t-on accueillie avec le sourire d’une insultante pitié!... Ou bien on parlait bas devant moi... on me montrait du doigt; et, si le hasard, plutôt que ma volonté, m’amenait auprès des jeunes lilles du village... on s’éloignait de moi... cl je me retrouvais seule sans une consolation, sans mi appui...
KLIMIOLL)^ avec une légère émolioti.
Certainement, mademoiselle, croyez que... Mais, grâce au ciel, ou plutôt grâce à moi... tout ça va changer... Vous n'allez plus avoir besoin de personne... et ceux-là même (jui vous insultaient seront les premiers, j’en suis sur, qui courront à vous, la main ouverte et le sourire aux lèvres... Dame, ça se conçoit... vous êtes jeune, à la tête d’une bonne pelile t'ortune, et, avant peu... (avec ameriunic) votic aiiii Jacobus jiic l'a bien dit... les propositions d’alhance...
IdARGLERlCE, Llcssré.
Oh ! monsieur Keinhold...
REINHOLl).
J' Pourquoi pas?... le chagrin ne vous a pas enlaidie... an contraire... vous êtes plu jolie encore... Vous voyez... moi, je suis tranc... je vous le dis !... (.v pan, marciiaat avec agilaiioii.) Ccr-
taincmenl qu'elle est plus jolie!... Et, si on était venu simplement à moi, avec des petites larmes... je ne dis pas que... Mais me contraindre!... me mettre le couteau sur la gorçe !... Oh! ou!... (a Margiiprite.) Voyons, mam'zelie, pourquoi pleurer... vous v'ià riche... il faut de la philosophie... J’en ai bien, moi, dont l’existence, les projets sont renverses, bouleversés...
MARGUERITE^ à part^ avec douleur.
Mais que me disait donc Berta, mon Dieu?... Il ne m’aime i plus ! il ne m'aime plus !...