‹ Le bois. Le liègeChapitre 12 sur 19 · BOIS DE CHAUFFAGE · texte numérisé non relu

BOIS DE CHAUFFAGE

L'application des bois au chauffage est peut-être la première connue; elle s'est maintenue jusqu'au moment où l'emploi des combustibles minéraux est devenu presque général. C'est ainsi que les forges (hauts fourneaux), les verreries, les poteries ne s'alimentaient qu'au bois, ce qui liait étroitement la répartition des industries et celle des boisements ; de plus, le chauffage domestique était entièrement approvisionné avec le bois. Actuellement, il est fort peu d'industries qui emploient le bois, et les marchés de bois des grandes villes (Paris, Lyon) perdent leur importance, tandis que la consommation de la houille suit une marche rapidement croissante. La mévente des produits forestiers résulte de cet état de choses, et si la fabrication et la distillation des bois ne venaient absorber la production courante, les prix s'aviliraient encore plus.

Les régions productrices sont en France le Morvan, le Nivervais, la Bourgogne, la Champagne, l'Orléanais pour les feuillus; la Sologne et Fontainebleau pour les résineux.

Commerce des bois de feu. — On achète le bois au stère ou à la corde ; le bois de moulée est évalué en stères et vaut 6 francs le stère de 480 kilos sur pied, il comprend des brins d'au moins 7 centimètres ; le bois de corde contient des bûches de 3 à 6 centimètres (la menuise), des brins de 2 à 3 (la charbonnette hachée) et du menu ; une corde a pour dimensions 5 m , 65 X m , 65 X 0™, 70, soit environ 2, 3 stères (de 300 kilos) et vaut 8 francs en forêt.

Le transport des bois se fait par wagons ou par bateaux pour les bois dits bois neufs, par radeaux pour ceux dits bois flottés; ces derniers ont une puissance calorifique moindre. La conservation des bois de feu doit se faire sous des hangars couverts pour éviter l'absorption de l'eau atmosphérique, et permettre la dessiccation ; le bois est sec vers le quinzième mois après la coupe.

La vente des bois de feu se fait au volume ou plus souvent au poids, ce qui entraîne toujours une grosse indétermination, soit à cause des vides, soit à cause de l'humidité contenue. Les formes de vente sont les bûches (rondins et bûches fendues), les fagots, les cotrets et les margotins.

Emploi. — La puissance calorifique du bois est variable avec les essences, les parties de l'arbre et surtout l'état de dessiccation ; elle oscille entre 3 000 calories pour le bois ordinaire et 3 500 pour le bois sec (celle de la houille est 7 500). Les bois durs: Chêne, Charme, Frêne, Orme, Hêtre, brûlent d'abord à la surface, puis forment une braise compacte qui chauffe bien et longtemps ; les bois tendres : Bouleau, Tilleul, Aulne, Tremble, Peuplier, Sapin et Pin, flambent facilement et brûlent vite. Remarquons la préférence donnée au Bouleau par la boulangerie en raison de sa combustion vive et du peu de cendres qu'il laisse.

La puissance calorifique du Hêtre étant prise pour unité 100, celle du Chêne est 90 et celle du Sapin 70.

Page 1