‹ Le bois. Le liègeChapitre 16 sur 19 · BOIS D'ŒUVRE · texte numérisé non relu

BOIS D'ŒUVRE

Imçt/r' \""'"""'

Fig. 2ià3U. — Outils à travailler lu boi

varlope pour le corroyage et le dressage, les ciseaux (fig. 25) et machines à forer (fig. 26) pour la confection des assemblages. Le charpentier emploie la doloire, grand couperet à lame courbe, Yherminette {f\%. 27) pour planer ou creuser les faces, et surtout la bisaiguë ou double ciseau. Un travail plus rapide et plus économique est produit par les machines-outils, la raboteuse à attaque rectiligne, la raboteuse à lame coupante tournante, la toupie, etc.

Les placages sont des feuillets de bois de un millimètre ou moins d'épaisseur, obtenus au moyen de scies dans une bille de. bois, ou bien tranchés par une lame coupante sur le polirtour d'une bille ronde que l'on déroule ainsi presque entièrement. Ils permettent de tirer un excellent parti des dispositions ornementales que forment les veines des bois, en reproduisant les dessins sur chaque feuillet; de plus, ils économisent les bois précieux et, par le croisement de leurs fibres avec celles des bois plus communs qu'ils recouvrent, ils atténuent le retrait dû à la sécheresse. L'adhérence des placages sur le bois massif est obtenue au moyen de colle de gélatine ; l'association harmonieuse de placages de couleur et dessin variés constitue la marqueterie.

Bois de marine. — Le tarif pour la recette des bois comprend trois divisions : les bois droits ou très peu courbés, demUbaux, barrots de. gaillard, plançons pour bordages ; les bois courbants, à courbure régulière, simple ou double (bois à deux bouges); les courbes ou bois brusquement courbés. On emploie le Chêne pour la membrure, le Hêtre pour la quille, tandis que les doublages, les mâts et les espars sont en Pin ; le prix en est établi au tarif, à la pièce et non au cube.

Bois de fente. — Le débit au couteau, dans la direction des fibres ligneuses, fournit des bois de qualité, et comme les vaisseaux ligneux n'ont pas été sectionnés, le bois reste impénétrable aux liquides d'une face à l'autre. Les merrqinç, produits avec du Chêne, du jeune Châtaignier, même du Sapin,* sont employés pour la tonnellerie (tonneaux à vin, tonneaux d'emballage des matières sèches). Pour débiter les merrains, on scie les billes à la longueur, on fend au couteau en prismes ; on retire le cœur et l'aubier, puis on débite sur maille, en gar-

BOIS D'ŒUVRE. f 79

dant une épaisseur type ; les douves produites sont dites longaijles, douelles, fonçallles, fonds; elles ne doivent présenter ni nœuds, ni défauts. Les cercles se font par fente de Coudrier, Châtaignier, etc.

Comme autres bois de fente, signalons les échalas, les allumettes, les manches d'outils, les bois pour la saboterie, la boisseilerie, le charronnage. Les charrons emploient de préférence l'Orme, le Hêtre, le Frêne, le Chêne et le Charme.

Aux bois de fente on peut joindre les bois d'ouvrage pour la raclerie (battoirs, pelles à four, etc.), la layeterie.

Bois de mine et de travaux publics. — La construction et l'entretien des pilotis dans les ports utilisent surtout des pilots de Chêne et d'Aulne. Les boisages dans les mines, particulièrement dans les houillères, dépensent beaucoup de bois: Châtaignier, Chêne, Pin, Aulne, Frêne ; ces bois, écorcés, sont assemblés àmi-bois. Dans les petites galeries, le boisage comprend la semelle, les deux montants et le chapeau ; dans les grandes, on dispose des pofeaux de soutènement.

Les voies ferrées emploient les traverses de Chêne pour les croisements et les aiguilles, aussi le Hêtre et le Pin des Landes ; on peut estimer la dépense annuelle en France à 3500000 traverses, de prix moyen 5 fr. 50, dont 2 500000 pour le remplacement : la dépense résultante est environ 20 millions de francs. Les poteaux télégraphiques et téléphoniques sont en Sapin injecté, ils forment une dépense annuelle de 3 millions de francs. Le pavage en bois, qui se répand de plus en plus, particulièrement à Londres et à Paris, a employé successivement le Pin sylvestre de Suède, le Pin maritime des Landes, le Pitchpin d'Amérique, qui sont des résineux, puis les bois exotiques, plus chers mais plus résistants et durables : le Teck de Java, l'Eucalyptus d'Australie, les bois de Liemdel'Annam. 11 est à désirer que les bois excellents que renferment notre Congo et Madagascar conquièrent le marché des grandes villes françaises. Les pavés de bois, après créosotage, sont disposés debout (hauteur 15 centimètres), de façon que les efforts soient dans la direction des fibres, ils sont alignés en rangées séparées par un joint en mortier de ciment ; la surface à recouvrir doit être préparée avec soin et bétonnée.

Page 1