MÉTROPOLE
francs. Un cinquième seulement de la production est du bois
d'œuvre ; le reste, soit 80 p. 100^ est employé comme bois de
feu, bois à distiller; aussi l'avenir des forôts de France est-il
dans la préparation des produits pyroligneux, des méthylènes,
dont nous avons fait mention.
Données économiques. — Les statistiques du commerce
spécial indiquent, l'insuffisance de la production indigène ;
elles donnent (1) :
Importations.
Millions
Bois de construction.
Merrains
Bois d'ébénisterie. . .
Résineux exotiques.
Meubles et ouvrages.
Tonnes.
de frai
Exportations.
Millions Tonnes. de francs.
Autres boii. 800 000 (1899) 32
L'importation des charbons de bois est en décroissance et est tombée de 16 000 tonnes (1890), à 6000 (1895), et à 5500 1899); les valeurs correspondantes étant (en millions) : 1, 3, 0,55 et 0,48.
Prix moyens. — Les prix de ces diverses matières sont, pour
la-tonne :
A l'importation.
Bois de construction (Chêne... 85 francs.
(ronds) ( Noyer... 180 —
Traverses de chemin ( Chêne...
de fer / Autres . .
Chêne.. .
Bois scies (épaisseur J Noyer '" inférieure à 8cm) . . ) Au [ reg ';;
A l'exportation.
75 francs.
Droits de douane. — Les droits qui frappent les produits étrangers à l'entrée en France sont calculés d'après un double tarif; l'un, dit tarif minimum, est applicable à tous les produits originaires de pays qui accordent un traitement de faveur aux produits français ; l'autre, le tarif général, est applicable dans les autres cas. Le tarif minimum est appliqué à tous les. produits européens, sauf ceux originaires du Portugal.
(1) Les chiffres fournis se rapportent à la période quinquennale 1895-1900 ; ils sont arrondis et donnent des moyennes. Dans le cas d'importantes variations, l'année est indiquée.
E. d'Hubert. — Le Bois. 6
Les droits désignés par ces tarifs peuvent être augmentés de deux surtaxes; l'une, dite surtaxe d'origine, est due par les produits d'origine européenne qui ne sont importés d'ailleurs que du pays de production ; l'autre, dite surtaxe d'entrepôt, est due par les produits d'origine extra-européenne, importés des entrepôts d'Europe. En raison de la complication qui résulterait de l'indication de ces surtaxes, nous donnerons seulement les droits principaux.
Pour les bois, les droits sont perçus sur les poids bruts r indiqués dans les tableaux par la lettre B. Les poids bruts sont ceux qui résultent de la pesée cumulée du contenant et du contenu.
Tarif Tarif
général. minimum.
fr. fr.
; Bois ronds bruts 1 ,00 0,65
Bois sciés, épaisseur supérieure à 80 millim.. 1,50 1,00 Bois sciés, épaisseur de
35 à 80 millim l,7îi 1,25-
Bois sciés, épaisseur in-
Bois ! férieurc à 35 millim .. 2,50 1,75
communs < Pavés 2,50 1 ,75
{par 100 k. B). | Merrains 1,25 0,75
Bûches, fag ots et bourrées, 0,20 0,20
Bois résincuxîon rondins.. 0,03 0,02
Charbons de bois 1,50 1,00
llPaille ou laine de bois,'. 0,75 0,50
Lièges 3,00 exempts.
R . , en bûchçs ou sciés, à
.. \ plus de 2 décimètres exotiques j ',.• et buis \ d'épaisseur exempts, exempts.
(par 100 k. B). sci0s , à ra< ?j ns de 2 d, ' ci - , ..„
xr ' \ mètres d épaisseur.... 1,50 1,00
Les bois injectés ou ayant subi une préparation chimique quelconque subissent des droits majorés de 20 p. 100.
Statistique du travail. — La population forestière, en dehors des 8 000 personnes qui relèvent des exploitations de l'État et des communes, comprend 70 000 personnes, soit 0,4 p. 100 de la population active. A ce nombre il faut ajouter 700 personnes occupées à la carbonisation et à la distillation
du bois (en usine), et réparties surtout dans la Côte-d'Or la Nièvre, la Mayenne ; et 300 personnes fabriquant les allumefeux, dans la Seine, les Landes, la Gironde.
Les industries du bois occupent 700000 personnes, soit 4 p. 100 de la population active. Les départements les plus importants à ce point de vue sont :
L'Oise avec 22300 personnes, soit 5 p. 100 de sa population. La Gironde — 25 600 — — 3 — —
Le Jura — 7 700 — — 2,9 — —
Dans le département de l'Oise, les travailleurs sont ainsi groupés :
Forêts de l'État ou des communes 175 personnes.
Forets (total) 2216 —
Coupe de bois, bûcherons .... » 2 140 —
Charbonniers en forêt .- 37 —
Marchands de bois de construction 188 —
Charpente en bois ... :' 1 155 —
Menuiserie de bâtiment 1 709 —
Sciage de long. 350 —
Charronnage, fabrique de voitures 1 014 —
Caisses d^emballagc 346 —
Bois pour galoches, brosses, fusils 152 —
Fibre de bois 60 —
Tonnellerie , 265 —
Ustensiles de ménage en bois 120 —
Saboterie *. 67 —
Outils en bois £2 —
Cercles et cerceaux 25 —
Fabrique d'ameublement 977 —
Chaises et fauteuils 982 —
Sculptures sur bois 11 —
Tournage de bois . 229 —
Découpage de bois 105 —
Tabletterie 1 078 —
Nos colonies, particulièrement celles d'Afrique et d'Amérique qui avoisinent les tropiques, sont couvertes d'immenses forêts dont les essences sont souvent utilisables ; l'exploration et les recherches scientifiques sont suffisamment avancées
pour que la connaissance de la valeur des bois coloniaux affirme leurs qualités. Il ne manque qu'une sanction à ces études, celle que donne la pratique, et il faut regretter que les essais industriels n'aient pas mieux indiqué au commerce la direction à suivre. En dehors des bois de teinture et du liège, nos colonies recèlent des bois de construction, dépavage et surtout d'ébénisterie qui supplanteraient avantageusement ceux que nous achetons sur les marchés étrangers (Hambourg).
Algérie. — Les forêts algériennes couvrent plus de 3 millions d'hectares, dont 2 500000 appartiennent à l'État. Dans cette évaluation, il faut comprendre plus de 400000 hectares occupés par les peuplements de Chêne-liège. La prédominance est dévolue aux espèces à feuillage toujours vert (Pin, Sapin, Cèdre, Genévrier) ; les feuillus ne forment que des bouquets ou des petites forêts de plaine. La flore rappelle beaucoup celle de l'Espagne, de la Provence, de l'Italie, et contient en outre des plantes d'importation : Eucalyptus, Dattiers, Orangers, Opuntias (Figuiers de Barbarie). Les essences les plus répandues sont le Pin d'Alep et le' Chêne vert.
L'Algérie se suffit en bois de feu et en charbon de bois ; elle emploie pour ses traverses de chemin de fer le Chêne zéen, le Cèdre, le Pin maritime, et importe le reste de France (Pin des Landes) et de Tunisie. Les bois de sciage qu'elle utilise sont fournis par l'importation ; de même les merrains lui viennent de Russie, de Bosnie, de Hongrie.
Le commerce spécial donne (1900) :
D'Algérie en France. De France en Algérie.
Tonnes. Francs. Tonnes. Francs.
Bois communs 85 22 000 17 000 1600 000
Merrains 3 000 540 000
Bois de feu 63 t 100 135 2200
Charbon de bois 38 3 300 26 2 000
Meubles et ouvrages en bois. 560 i20 000 33 560 9 000 000
Autres colonies. — Nos colonies contiennent surtout des bois de teinture, dont nous ne parlons pas ici, des bois d'ébénisterie et des bois de construction.
La côte occidentale d'Afrique fournit l'ébène, « l'acajou de la côte d'Afrique »; le Congo a exporté (1898) 1400 tonnes
d'ébène pour 400000 francs; la côte d'Ivoire 12000 tonnes d'acajou, dont 1 600 seulement pour la France. Madagascar et ses dépendances, Mayotte, Nossi-Bé, et Sainte-Marie de Madagascar ont exporté 280 tonnes (1896), 450 tonnes (1897), 940 (1898) de bois divers : Wajou natte rouge, acajou natte clair, inzi, etc.. La moitié environ des bois de cette colonie est destinée à la métropole (en 1898, 50000 francs sur 130000).
L'Indo-Chine française, dont le sol est couvert de forêts, exporte environ 2 000 tonnes pour 200 000 francs ; la France en reçoit moins de la moitié.
La Nouvelle-Calédonie, très boisée, importe cependant des bois ; la richesse qu'elle tirait de l'exportation de ses bois de Santal est épuisée.
Le commerce des autres colonies est insignifiant et ne fait pas l'objet d'une désignation spéciale dans les statistiques.
En résumé, la France tire de ses colonies une proportion minime des bois qu'elle exporte, et il ne tient qu'à ses commerçants de diminuer dans une grande mesure le tribut qu'ils paient annuellement à l'étranger. Les importations totales donnent les chifîres suivants (moyennes de 1890 à 1900) :
Tonnes.
Bois d'ébénisterie en bûches... 10 000 dont 20 p. 100 des colonies.
— . autres... 17000 — 5 — —
— sciés 4G00 — — —
Bois odorants 550 — - — —
Avenir. — Les besoins toujours croissants de l'industrie font appel à toutes les sources de matières premières, et les produits des forêts ne peuvent perdre la grande importance qu'ils ont toujours eue; mais la spécialisation de plus en plus grande des besoins oblige à considérer la forêt comme un producteur des matières qu'elle donne en abondance et avantageusement. Les produits forestiers bruts ne sauraient le plus souvent lutter contre les produits similaires naturels ou artificiels ; les combustibles minéraux pour le chauffage, les métaux pour la construction ont relégué le bois au second plan; cependant il reste des domaines industriels où le ligneux, ses dérivés et ses accessoires ont une suprématie incontestable. Nous devons
donc penser que l'avenir des industries des forêts et des bois est la préparation des pâtes de bois, des celluloses et des dérivés ; en outre, la fabrication des pyroligneux, des méthylènes et accessoirement du charbon.
Les forêts françaises ont donc un rôle multiple; par leur influence salutaire sur les climats, par leur action sur les sols qu'elles fixent, elles doivent mettre en valeur les terres incultes, landes, garrigues, contreforts et sommets des montagnes ; par les menus bois de feu et d'oeuvres qu'elles fournissent, elles peuvent alimenter le marché intérieur en ces sortes de bois. Quelques forêts domaniales étant réservées à la production des bois pour grands travaux, les Landes donneront les traverses de nos chemins de fer, les pavés de nos villes. Une grande partie des petits bois sera distillée et approvisionnera nos usines de produits chimiques, tandis que les écorces à tan et les résines serviront au travail des cuirs et à la fabrication des térébenthines. La France peut tirer de ses colonies un grand nombre de bois et produits forestiers; l'Algérie et la Tunisie donnent le liège; le Congo, Madagascar, la Guyane peuvent fournir les bois de construction, de pavage et d'ébénisterie dont nous avons besoin. Les excédents nécessaires pour l'approvisionnement de nos chantiers et de nos papeteries seront seuls demandés à l'étranger.
La spécialisation des forêts est la conséquence nécessaire de cette évolution industrielle, et ainsi qu'on fait de la culture fruitière, on fera bientôt (comme au Japon par exemple) de la culture forestière, destinée à produire la quantité maximum de ligneux à l'état le plus propre aux emplois ultérieurs. L'élude de nos belles forêts des Landes et des forêts de Chêne-liège de nos possessions du Nord-Afrique ne peut que nous fortifier dans cette conviction.
Le liège est l'écorce de quelques Chênes de la région méditerranéenne, utilisée en raison de son élasticité, de son imperméabilité ou de sa faible densité, 0,24 (le bois le plus léger est le Peuplier blanc d'Espagne avec 0,32).
Les Chènes-liège (Quercus subei*) seuls produisent le bon liège ; il existe quelques faux lièges, qui donnent des produits peu épais et de qualité médiocre, ce sont : le Quercus Pseudosuber d'Italie, le 0. Moriùi de Sardaigne, le Q. Fontanesii de France et un ou deux hybrides du Chêne-liège, vivant en Espagne et en Algérie-Tunisie. Citons aussi la variété Q. occidentalis du Portugal et des Landes.
La formation, la croissance et les caractères anatomiques du liège ayant été étudiés d'autre part (1), examinons son mode de développement. L'écorce naturelle du Chêne-liège peut atteindre environ 15 centimètres, mais elle n'a pas les qualités de souplesse recherchées et elle n'est pas exploitée ; on en fait des flotteurs pour soutenir les filets de pêche. Si on laisse l'arbre devenir très vieux, son écorce ne peut servir que comme écorce à tan et on l'extrait en abattant l'arbre.
Pour l'exploitation du liège, on commence par opérer le démasclage, qui consiste à arracher l'écorce naturelle ou liège mâle, pour provoquer la formation d'une écorce souple, dite liège de reproduction utilisable. Cette opération fut commencée méthodiquement dans les forêts de l'État en Algérie en 1884, en Tunisie (région kroumirienne) en 1883.
Démasclage. — Cette opération ne doit se faire que sur les arbres dont le diamètre est d'au moins 15 centimètres (un demi-mètre de tour, douze ans environ), elle comporte la limitation de la surface productive à une hauteur de l m , 40, au moyen d'un trait de scie, puis l'enlèvement du liège mâle
(1) Voy- p. 15.
naturel. Sur les arbres âgés, on démascle les branches, et on réserve Técorce naturelle du tronc. Les arbres démasclés ee garnissent assez vite de liège nouveau, mais ils n'en restent pas moins exposés pendant les deux premières années au moins aux al teintes des incendies, le plus grand fléau des forêts algériennes et des forêts du Var.
Levage du liège. — Peu à peu, la surface dénudée du tronc se recouvre de liège souple, et celui-ci atteint en dix ans une épaisseur d'environ 2 cm ,5, épaisseur minimum que doivent avoir les planches de liège. Les produits sont meilleurs quand la croissance en est plus lente, et leurs qualités dépendent des arbres eux-mêmes. Quand le tronc grossit, on élève la hauteur de la zone exploitée, en la maintenant au double du diamètre de l'arbre, et sur les gros arbres qui produisent du liège grus, de rebut, on exploite les branches seulement.
Les planches de liège doivent être levées aussi grandes que possible, et on évite les casses qui peuvent se produire dans le port en levant les écorces en pleine sève. La face intérieure du liège ne doit pas être exposée au soleil, et on doit éviter de placer les planchés sur le soi sablonneux, car les grains de sable ainsi introduits détériorent les couteaux de travail et donnent des bouchons rugueux.
Le liège de reproduction est transporté en des lieux de dépôt, puis vendu par adjudication, à un prix déterminé par quintal métrique (100 kilos].
Préparation. — Le liège brut, vendu en septembre, est soumis à un bouillage dans de grandes chaudières en cuivre, pendant environ trois quarts d'heure ; le liège gonfle, ses pores se resserrent et sa souplesse augmente. On procède ensuite au raclage, qui a pour but d'enlever la croûte ligneuse externe (non comptée dans l'épaisseur du liège brut) ; le raclage se fait à la main ou à la machine. Les planches sont alors taillées sur les quatre côtés en plaques rectangulaires, puis triées et mises en balles.
Classement. — Les différentes qualités de liège sont réparties par grosseur: 31 millimètres et au-dessus pour les lièges épais ; 26 à 30 pour les marchands; 23 à 25 pour les bâtards et
22 pour les minces. Chacun de ces groupes comprend les qualités diverses, du surfin à l'ordinaire.
Emplois. — Le principal emploi du liège est la fabrication des bouchons, qui se fait ordinairement dans les pays producteurs ; cependant la France, l'Allemagne et la Russie en fabriquent une énorme quantité.
Le bouchon est fait à la machine au moyen d'une sorte de tour ; on les fait dans la longueur , c'est-à-dire dans le sens du lil du liège, ou à contre-grain, perpendiculairement aux fibres. Les plaques de liège étant débitées en prismes carrés, on les pince entre deux petits plateaux dont l'un est muni de trois ou quatre petites pointes ; ainsi saisi par ses faces, le liège est entraîné dans un mouvement de rotation et fait un tour devant un couteau à tranchant vif qui s'avance en même temps. Le bouchon fabriqué est rendu libre et fait place à un nouveau prisme de liège. La machine se règle pour les diverses grosseurs el peut donner des bouchons cylindriques ou coniques.
Les sortes sont : le bouchon cylindrique, le conique,\]abonde| (débitée à contre-grain) et lajtopette ou petit bouchon de pEarmacie. Les prix varient de 150 francs le mille (Champagne) à quelques francs (ordinaire). Le mille de bouchons de 15 à 17 lignes (soit 34 à 38 millimètres) de hauteur pèse de 2 k *,6 à 3 kilos.
On emploie encore le liège pour la confection de bouées de sauvetage, de flotteurs pour filets, de plaques pour descentes de bains, de revêtements de poulies et d'appareils à protéger contre le froid, de semelles, etc.
Les déchets et la sciure sont employés clans la préparation du linoléum et des agglomérés pour la construction (liégine).
Pour fabriquer le linoléum, on réduit le liège en poudre \ très fine au moyen de meules d'émeri animées d'un rapide mouvement de rotation ; on mélange cette poudre avec de l'huile de lin oxydée et du siccatif (litharge). La pâte est étendue sur une toile et le tout est entraîné sur des rouleaux chauffés, qui règlent l'épaisseur du produit et le durcissent.
La liégine est faite de poudres de liège agglomérées avec un lait de chaux, puis comprimées à la presse hydraulique dans
des moules chauffés. Les matériaux ainsi fabriqués sont employés pour confectionner des cloisons légères, amortissant les bruits ; on en garnit les intervalles entre planchers et plafonds, et, pour ces usages, on ne saurait employer le liège seul à cause de sa. combustibilité.
La carbonisation des déchets de liège en vase clos donne le noir d'Espagne, employé pour encre d'imprimerie, encres lithographiques, encre de chine et peinture fine.
Commerce. — La production actuelle du liège est d'environ 100000 tonnes, et la consommation, égale, est relative à
J.libo/1/lti
Fig. 31. — Pays producteurs du 4iège.
la fabrication des bouchons pour les 9/10 de cette quantité (soit 13 milliards de bouchons). La consommation va sans <'esse en croissant et l'avenir des producteurs de liège parait brillant.
Les principaux pays producteurs sont le Portugal, l'Espagne H l'Algérie (fig. 31). Les forets de Chène-liège sont réparties <»n Algérie sur une zone littorale, dite région du Chène-liège, ■de 60 à 70 kilomètres de largeur, où les pluies sont assez
abondantes et où l'humidité est constante. Cette zone s'étend dans la région de Bougie à l'extrémité est de la Khroumirie (Tunisie) ; le Chène-liège vit jusqu'à l'altitude de 1 300 mètres; il se développe très bien sur les sols siliceux, surtout sur les sols formés par la désagrégation des roches anciennes (granits, porphyres) et sur les sols gréseux. La surface des forêts de. l'Algérie est de 425000 hectares, dont 280000 à l'État; celle des forêts tunisiennes est 80000 hectares : leur production est respectivement de 10000 et de 1 500 tonnes de liège, valant plus de 2 millions de francs.
Quatre régions françaises produisent du liège ; le Var, où le Chêne-liège, mélangé au Pin maritime, couvre une partie des Maures efrdel'Esterel, sur une surface de 113 000 hectares; le Lot-et-Garonne avec H 000 hectares ; les Landes avec 13 000 et la Corse avec 16 000. On estime à 12 000 tonnes le liège récolté ; celui des Landes et de la Corse est très beau, celui du Var est un peu ligneux par suite de mauvaise conduite des exploitations.
L'Espagne fournit d'excellent liège provenant de ses trois provinces de Catalogne, d'Estramadure et d'Andalousie ; la surface de forêts est de 300 000 hectares produisant 25 000 tonnes. Ce liège est d'excellente qualité, et la Catalogne fabrique surtout les bouchons à Champagne, dont l'Espagne exporte 2 milliards. Il semble que les forêts d'Espagne, exploitées sans prévoyance, ne pourront pas maintenir leur production à ce taux, la régénération des peuplements n'étant pas assurée.
Le Portugal a une surface de 600000 hectares de forêts de Chène-liège, formant des exploitations modèles, les arbres y étant spécialement traités en vue de la production des écorces sur le tronc et les grosses branches; la récolte annuelle de bon liège est de 45 000 tonnes.
L'Italie, la Sardaigne et la Sicile possèdent près de 100000 hectares de forêts de Chène-liège, mais la production est très réduite.
Les pays producteurs de liège en consomment une faible partie, sauf la France qui absorbe une part de la production de l'Algérie pour sa consommation intérieure et l'exportation;
les grands pays importateurs sont l'Allemagne, la Russie, l'Angleterre et l'Amérique. 11 est à souhaiter que l'exploitation méthodique de nos forets algériennes permette à notre belle colonie de conquérir sur le marché du liège la place très importante à laquelle elle a droit ; le liège algérien, tout d'abord peu estimé, comme étant de première reproduction, acquiert peu à peu la réputation de bon liège et voit grandir chaque jour ses débouchés.
Introduction 5
Caractères anatomiques des bois 7
Formation et croissance des bois 7
Formation 8
Croissance 13
Bois 13
Mailles 14
Liber 15
Liège 15
Caractères physiques des bois 18
Couleur 18
Dureté 18
Densité 18
Aspect et grain 18
Qualités mécaniques 19
Action de l'eau 19
Caractères chimiques des bois 20
Composition chimique des végétaux 20
Cellulose 21
Xylane, lignine, vasculose 23
Autres matières contenues dans la bois 25
Essences ligneuses 25
Classification des bois 26
Bois durs 26
Bois blancs 26
Bois fins 27
Bois résineux 28
Bois exotiques 28
Principales essences. 29
Chêne 2»
Noyer 31
Hêtre ou foyard 31
Peuplier 32
Poirier 32
Buis 32
Sapin 34
Pin 34
Acajou 35
Production des bois 35
Forêt sauvage 36
Forêt aménagée 40
Futaie régulière 42
Futaie jardinée 44
Taillis régulier 44
Taillis fureté 45
Taillis sous futaie 45
Commerce des bois 46
Exploitation de la forêt 46
Capital forestier 47
Revenu forestier 47
Rente forestière 47
Commerce des bois 48
Vente des coupes 48
Cubage d'un arbre 49
Cubage d'un arbre abattu 49
Cubage d'un arbre sur pied 50
Cubage des branahes et de la cime 51
Cubage d'une coupe 51
A bat âge des arbres 52
Façonnage des produits 54
Equarrissage 54
Transport des produits 54
Conservation des bois 56
Altérations en forêt 56
Défauts des bois 60
Bon bois 60
Altérations des bois en œuvre 61
Procédés de conservation des bois 62
table des matières. 95-
Séchage naturel 63
Flottage et immersion 63
Coction et vaporisagc 64
Carbonisation et flambage 64
Enduit 64
Injection 61
Procodé J. Bethell t 65
Procédé Boucherie 65
Procédé Rûtgers 66
Procédé Nodon et Bretonneau 67
Procédé Karitschkoff 68
Utilisation des bois 69
Bois de chauffage 61*
Commerce des bois de feu 69
Emploi 70
Charbon de bois 70
Préparation 71
Carbonisation en meules 71
Commerce 71
Distillation des bois . » 72"
Fabrication 72
Produits 73
Bois d'œuvre 74
Bois de sciage 76
Bois de marine 78
Bois de fente 78
Bois de mine et de travaux publics 79
Bois d'industrie 80
Statistique des produits forestiers 80
Métropole 80
Données géographiques 80
Produits ligneux 80
Données économiques 81
Prix moyens 81
Droits de douane 81
Statistique du travail 82
Colonies 83
Algérie 84
Autres colonies 84
Avenir 85
Démasclage 87
Levage du liège 88
Préparation 88
Classement 88
Emplois 89
Commerce 90
4410-02. — Corbkii.. Imprimerie Kd. Chktk.