‹ Le boisChapitre 142 sur 238 · FRAIS · texte numérisé non relu

FRAIS

de boisement

Francs

Franea

En attendant que les ressources budgétaires permettent l'exécution du programme général de reboisement, le service forestier s'efforce de conserver et d'améliorer les boisements qui existent.

Quant aux essences, on préfère employer le pin d'Âlep, qui se contente des terrains les plus secs.

Le chêne liège réussit également très bien, mais sa croissance est lente.

Pour reboiser des places vides de chêne liège, on arrive plus facilement et plus économiquement par la voie du semis que par la plantation, car cette dernière demande plus de soins et une main-d'œuvre plus intelligente, et nécessite l'établissement préalable de pépinières.

Le gland du chêne liège mûrit à la fin d'octobre. Pour le récolter, le procédé le plus économique consiste à faire battre les arbres pendant la seconde quinzaine de novembre et à recevoir les glands sur des draps tendus en dessous.

Si le terrain à reboiser est couvert de broussailles, on doit le défricher et brûler sur place les produits.

Si le défrichement a lieu en automne, après avoir nivelé grossièrement le sol, on sème le gland à la volée et on l'enterre légèrement en traînant un fagot d'épines. — Pour un semblable semis, il suffit de 5 hectolitres de glands par hectare.

Lorsque le terrain n'est pas couvert de broussailles, on procède par voie de labour, à moins que la nature du sol ne le permette pas; dans ce cas, on a recours au semis par places.

Semé en novembre ou décembre, le gland lève au mois d'avril. Si le semis a lieu au printemps, il lève au bout de trois semaines.

Le jeune plant de chêne liège est robuste ; cependant il ne craint pas le couvert qui lui est favorable.

Lorsqu'il est en massif, il pousse assez vite à partir de la cinquième année et commence à former une tige. Son feuillage est alors abondant et serré. Cette circonstance, jointe à la fragilité des branches, fait que dans les montagnes où il tombe de la neige en hiver, il arrive souvent que les jeunes peuplements de chêne liège souffrent beaucoup, et ont leurs cimes brisées sous le poids de la neige et du givre qui s'attachent à leurs feuilles.

Terminons ce que nous avons à dire au point de vue général en constatant les résultats certains que l'on obtiendra par l'extinction des torrents, conséquence des créations de nouvelles forêts dans leurs bassins de réception.

En premier lieu, la fixation du sol dans les montagnes sera un fait acquis, il en résultera une grande sécurité pour les hameaux environnants.

Puis, les torrents étant convertis en ruisseaux, on peut facilement les encaisser et leur fixer un lit définitif. De là, disparition de tous dangers pour les villages disséminés le long de ces cours d'eau, dangers d'inondation rendus beaucoup moindres.

L'augmentation considérable du débit des sources et des ruisseaux prenant la place des torrents, permettra de développer les prairies sur une large échelle et d'accroître par conséquent la richesse des contrées alpestres.

La régularisation du régime des rivières dans les vallées de montagnes et des cours d'eau inférieurs, conséquence des résultats précédents, aura pour effet

de rendre possible un système complet d'endiguement, et par suite, la conquête de grandes étendues de terrain rendues à l'agriculture.

Il en résultera également la protection et le salut d'un grand nombre de villes et de villages jusque-là menacés par l'exhaussement du lit et les divagations des cours d'eau.

On voit donc quels immenses avantages de toutes natures peuvent être obtenus par des reboisements raisonnes et sagement conduits de nos montagnes aujourd'hui encore en grande partie dénudées.

Page 1