TAILLIS SIMPLES
Le taillis simple est le mode d'exploitation qui convient le mieux aux particuliers, tandis que pour l'État, la méthode de la j futaie .offre les plus grands avantages. Le taillis composé tient le deuxième rang, le taillis simple le dernier.
L'influence du régime des taillis sur les forêts se manifeste par deux effets également désastreux; c'est d'une part, la dégénérescence des arbres; de l'autre, la parte de la qualité végétative des sols et leur appauvrissement.
Cette influence funeste est due :
i 9 A la fréquence des exploitations qui est absolument contraire à la consertion de certaines essences, telles que le hêtre qui ne repousse que difficilement de souches, et, bien qu'à un moindre degré à celles d'autres essences précieuses comme le chêne et le charme. Celles-ci en effet sont destinées à disparaître, d'abord, parce qu'il n'y a de régénération complète et véritable que celle qui se fait naturellement par les semences, et, en second lieu, parce que ces deux essences rencontrent à chaque exploitation la concurrence de plus en plus dangereuse des bois blancs, dont le développement rapide, dû à leur fécondité précoce en graines légères, étouffe les essences à croissance plus lente .et à fertilité plus tardive.
2 e A l'action desséchante du soleil et des vents qui s'oppose à la formation
de l'humus, dont la production ne peut avoir lieu que sous l'influence de l'humidité, de la chaleur et d'un air calme.
L'envahissement des bois blancs peut être combattu avec succès par des nettoiements et la perpétuation des essences précieuses assurée par des exploitations faites, rez terre, par des semis et plantations dans les clairières, quelquefois enfin, par des écobuages qui forcent le chêne à drageonner.
Les espèces les plus propres au taillis sont : le Chêne pour l'écorce; le Châtaignier et le Bouleau pour les cercles et les échalas; le Robinier acacia pour les échalas; les Sautes pour la vannerie.
Nous avons dit que pour combattre la disparition des essences précieuses dans les taillis simples, il fallait recourir à la pratique des écobuages.
Dans les taillis de chêne, cette opération a pour effet d'augmenter la qualité de Técorce, tout en forçant les racines à drageonner. Ces écobuages permettent en outre de cultiver des céréales à chaque coupe pendant une ou deux années et de suppléer ainsi dans les contrées montagneuses au manque de terres arables dû à la fois à la pauvreté du sol, à sa forme accidentée et à l'apreté du climat.
Ce mode d'exploitation, auquel la science forestière a donné le nom de Sartage, s'applique depuis fort longtemps déjà dans les pays de Liège et du Luxembourg, sur différents points de l'Allemagne méridionale, dans les Ardennes, dans la partie montagneuse de la Franche-Comté et s'est introdui depuis, en France, notamment en Auvergne.
Mais si le sartage est utile dans certaines contrées montagneuses dont le climat est frais ou humide et dont le sol offre une certaine compacité, il présenterait les plus graves inconvénients dans les contrées méridionales sur des fonds secs et légers. Dans les sols de cette nature, les écobuages auraient pour effet de multiplier les mort-bois et d'appauvrir le sol.
C'est à cette pratique appliquée en Afrique par les Arabes sous le nom de K&eur et en Provence sous le nom de taillades y que sont dus ces incendies considérables qui, presque chaque année, dévorent des milliers d'hectares.
On voit donc que, tel procédé, tel mode d'exploitation qui, dans certaines conditions déterminées, offre les plus grands avantages, peut présenter de très sérieux inconvénients si on l'applique dans d'autres conditions qui ne lui soiit pas favorables.