DÉBIT DES BOIS
Certains outils ont du être employés avant la scie pour sonder les bois en exploitation. C'est ainsi que la scie dite passe-partout sert à ébouter les pièces, afin de pouvoir les étudier et déterminer si elles présentent des vices.
On emploie ensuite Y her minette pour blanchir les extrémités des pièces et permettre l'étude des défauts que le bois peut présenter. Cet instrument est également employé pour parer les faces.
La hache sert non seulement à abattre les arbres, mais aussi à mettre à nu les nœuds, les roulures et les gélivures. On purge les nœuds au moyen de la gouge.
Les tarière* servent à déterminer la nature et l'étendue des vices de l'arbre.
Une fois coupé, le bois doit être façonné et assorti, suivant l'emploi auquel il est destiné.
Le bois destiné au chauffage peut être débité en bois de cordes ou en fagots.
PAUL CHARl'ENrmt — LE BOIS 261
On débite en bûches de quartiers ou rondins les tiges et les branches que Ton veut transformer en bois de feu et celles qui doivent former des fagots sont débitées en rames.
Puis on divise les bûches de quartiers ou de rondins en sections longues de 1 mètre. On emploie pour cela la hache ou la scie. Cette dernière est préférable, en ce sens qu'elle permet d'utiliser le tronçon tout entier, ce qui n'arriverait pas avec la hache qui produit des copeaux. Les bûches n'ayant pas même grosseur, celles dont le diamètre au petit bout varie de 6 à 12 centimètres sont nommées rondins; les autres, plus épaisses, sont refendues et forment alors le bois de quartier.
Une fois débité, le bois est empilé sur un sol aussi sec et aussi uni que possible; puis il est monté en cordes qui renferment un nombre exact de fois l'unité de mesure qui est le stère. On compose les cordes uniquement de bois de quartiers ou de bois de rondins. Quelquefois, mais rarement, on en fait des mélanges.
Les bottes de bois composées de branches et de ramilles constituent les fagots. Quant aux bourrées ce sont des fagots composés de brindilles. La fabrication des fagots se fait sous le pied ou au moyen du chevalet. Quant aux harts, on les confectionne avec toutes les essences qui se prêtent à la torsion, comme le charme, le chêne, le coudrier, le bouleau, le hêtre, le cornouiller, l'osier, etc.
Les bois qui ne sont pas destinés au chauffage prennent le nom de bois d'œuvre. Après l'abatage, le bûcheron à l'aide de la hache ou de la scie, enlève les parties du tronc et de la cime qui ne peuvent être utilisées que comme bois de chauffage. Ce qui reste est laissé en grume pour être travaillé plus tard en un seul bloc ou débité en billots de dimensions diverses.
Généralement, les bois de construction sont conservés dans toute leur longueur. Les constructions navales emploient surtout le chêne, le châtaignier, le sapin. Quant aux constructions civiles, elles utilisent l'épicéa, le mélèze, l'orme, le sorbier, les peupliers, etc. Les résineux sont toujours écorcés; on évite ainsi les ravages des insectes.
On divise aussi les bois en bois neufs et bois flottes. Les premiers ont été transportés en bateau ou en voiture et n'ont pas subi le contact prolongé de l'eau. Les seconds, au contraire, sont appelés ainsi parce qu'on les amène à leur destination en les laissant flotter sur les cours d'eau. Pour cela, on les réunit à l'aide de liens sous forme de trains plus ou moins longs qui se divisent en trains de bois de construction et trains de bois de chauffage. En général, on préfère pour le chauffage le bois qui n'a pas été flotté, puisqu'il est moins humide ; mais pour les constructions c'est l'inverse, le séjour dans l'eau, en effet, contribue beaucoup à sa conservation.
Les bois destinés à la marine prennent différents noms d'après leurs dimensions et leurs formes. Quant aux charpentes de chêne, on nomme grosse charpente, celle dont la circonférence médiane dépasse l m ,30; les autres sont désignées sous le nom de petite charpente.
Les localités, les diamètres et les longueurs font varier les noms que l'on donne aux diverses pièces en sapin. Nous pouvons les résumer dans le tableau suivant :