MARCHE DES GAZ HUMIDES DANS LE CHENE
Le bois de chêne, mais non l'aubier, prend, sous l'influence du gaz ammoniac, et assez rapidement, une coloration intense.
L'expérience suivante est, à ce point de vue, fort curieuse. On écrit en gros caractères un nom sur une tête de chêne, en employant, pour tracer les lettres, un vernis épais de colophane et d'essence de térébenthine qu'on applique à chaud. On place ensuite le côté du bois sur lequel on a écrit au-dessus d'un vase au fond duquel il y a de l'ammoniaque liquide et qui se trouve presque hermétiquement bouché par le bois. Le gaz ammoniac agit sur toute la partie du bois qui entoure les lettres, y pénètre et le colore; mais il entre à plusieurs centimètres de bas en haut, tandis qu'il ne fait qu'un très court trajet de droite à gauche.
En opérant ainsi, les lettres qui sont réservées par le vernis paraissent en blanc. En enlevant successivement des tranches, on retrouve le nom écrit en blanc dans l'intérieur du bois, car l'action de l'ammoniac a bruni toutes les fibres qui entourent les lettres. Lorsqu'au contraire on réserve par du vernis toute la portion de bois qui entoure les lettres, le nom se trouve écrit en noir ou en brun foncé.
On peut utiliser cette curieuse propriété de l'ammoniaque pour vieillir le chêne et imiter les meubles antiques.
Cette coloration produite par l'ammoniaque, peut servir à indiquer quelles sont les conditions principales nécessaires pour maintenir une bille dans un bon état de conservation, alors qu'elle a été soumise à des procédés d'injection qui ne remplissent pap les vides du bois d'une façon complète et dans toute son étendue. On remarque, en effet, que cette coloration, résultat de Faction du gaz ammoniac et de l'air humide, se produit toujours dans le même sens que les détériorations observées sur les traverses détériorées provenant des voies ferrées. Cette expérience permet donc de déterminer facilement les portions de billes qu'on a le plus d'intérêt à préserver, c'est-à-dire les méats, qui permettent à l'air et à l'humidité de pénétrer.
Dans les matériaux de construction, on constate que le goudron, et mieux encore le brai ou l'acide stéarique, peuvent se substituer à l'eau dans le plâtre, et que cette substitution, bien que résultant d'une action purement physique, est si intime que les dissolvants, tels que l'éther et la benzine, n'enlèvent qu'incomplètement le brai aux cristaux de plâtre.