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ÉRABLE SYCOMORE OU FAUX PLATAXE

(Acer pteudo platanus).

C'est l'espèce la plus remarquable. L'arbre est de première grandeur. Ses racines sont à la fois pivotantes et traçantes. La tige peut atteindre une hauteur de 30 mètres sur t mètre de diamètre ; elle est droite, régulière, cylindrique et se couvre d'une écorce brun grisâtre, généralement lisse et devenant crevassée et raboteuse dans les arbres très vieux.

On connaît plusieurs variétés de cet arbre, une surtout à feuilles panachées de blanc, de jaune et de rouge, qui est très recherchée comme arbre d'ornement.

L'érable sycomore (fig. 48) habite les régions montagneuses de la France centrale, de l'Allemagne, de la Suisse. Il préfère les climats tempérés, mais il prospère aussi dans les hautes régions des Alpes.

Cet arbre végète dans presque tous les terrains, mais il se plaît mieux dans les sols frais, bien divisés, perméables et foncés en couleur.

L'érable sycomore a dès sa jeunesse une croissance rapide. Dans un bon sol, il atteint souvent, à l'âge de soixante-dix ans, une hauteur de 25 mètres. Il peut vivre plus de deux siècles.

Comme l'érable sycomore forme rarement seul des massifs d'une certaine importance, il est peu exploité en futaie. On pourrait l'exploiter vers la centième année et lui appliquer le même traitement qu'au hêtre, auquel on le trouve souvent mélangé. Les échantillons assez forts sont avantageusement employés pour la menuiserie, la boissellerie, l'éhénisterie.

Le sycomore est très employé comme arbre de ligne ; son élagage est facile et se fait comme celui du frêne. On le cultive quelquefois en têtards, et si l'on h soin de couper les branches latérales a 0",50 environ de la tige, on obtient, quand on exploite celles-ci, un bois plus veiné, plus bigarré et fort recherché pour la marqueterie et le placage.

Le bois de cet arbre est blanc, avec une légère teinte jaunâtre ou cendrée ; agréablement veiné, élastique, ferme sans être très dur, d'un tissu dense, d'un grain fin et susceptible d'un beau poli. Il se travaille facilement et peut être employé en charpente, pourvu qu'on le mette à l'abri des variations atmosphériques. Il n'est pas sujet à se tourmenter, les vers l'attaquent rarement.

Ce bois est très recherché pour l'ébénisterie, la menuiserie, le tour, le charronnage, la tonnellerie. On l'emploie pour la fabrication des instruments de musique, pour les montures de fusils et les parquets. On en Tait des arcs, des pilons, des rouleaux, des vases divers, des tables, etc.

Les racines et les broussins, qui sont mieux veinés, sont surtout^ recherchés pour la marqueterie.

L'érable est rarement employé pour le chauffage ou la fabrication' du charbon ; cela tient surtout à son prix élevé, qui le fait réserver pour les arts,

Comme bois de feu, il est supérieur à la plupart des antres essences; Hartig le place même au premier rang sous ce rapport. Ajoutons que les cendres sont très riches en potasse.

La sève de l'érable sycomore, comme presque tous ses congénères, renferme une certaine proportion de sucre ; mais son exploitation à ce point de vue est peu avantageux et ne saurait lutter contre celles des autres plantes saccharifères généralement cultivées.

Dans les régions du Nord, on obtient quelquefois une boisson fermentée.

Les feuilles peuvent servir à l'alimentation des bestiaux et les fleurs sont recherchées par les abeilles.

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