NORVEGE
On connaît la qualité et le bon marché des bois de ce pays qui sont répandus sur toute la surface du globe.
Nous tirons de la Norvège près du tiers des bois de construction que nous importons en France.
Il y a tout lieu de croire que dans l'ancien temps la moitié environ de la superficie de cette contrée était boisée. De nos jours, au contraire, c'est à peine si Ton peut évaluer la surface totale des forêts norvégiennes à un quart de l'étendue du pays.
Les causes de ce décroissement de la surface boisée sont multiples.
Il V a d'abord le déboisement effectué en vue d'obtenir des terres arables et des prairies. Ajoutons aussi que la consommation des produits des forêts a augmenté considérablement en raison de l'accroissement constant de la population, et que, comme dans beaucoup d'autres pays, on a souvent abusé des forêts sans ménagements et sans principes. Outre ces causes permanentes, degrands incendies ont contribué d'une façon désastreuse au déboisement.
Dans les contrées élevées on a aussi remarqué que les montagnes se déboisent par le haut, par suite de l'usage très répandu et souvent nécessaire d'avoir des chalets d'été sur les hauts plateaux.
D'après les données les plus récentes* retendue des forêts de la Norvège répond à un peu plus du quart de la superficie totale. Les contrées les plus boisées sont les préfectures d'Akershus, de Smaalenene et de Jarlsberg; celles qui sont les plus dépourvues de forêts sont les prélectures de Finmarken, de Tromsœ et de Stavanger.
Environ 87 p. 100 de la surface totale des forêts sont aux mains des particuliers.
Les forêts proprement dites se composent principalement de pin (Pinus nylvestris) et de sapin (Abies excelsa)i Tantôt l'une ou l'autre de ces espèces pousse seule à l'exclusion des autres arbres, tantôt les forêts sont mélangées.
Le pin, bien que n'étant pas aussi commun qu'autrefois, se rencontre cepen-
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dant encore un peu partout, jusque dans le Finmark, où il y a de grandes forêts continues se composant exclusivement de pins.
A 60 degrés de latitude nord, le pin pousse jusqu'à 1.000 mètres au-dessus du niveau de la mer, à 61 degrés jusqu'à 950 mètres. Dans le Nordre Gudbrandsdal, la contrée la plus centrale de la Norvège, on le trouve à 900 mètres.
Plus au nord, la limite de végétation du pin baisse, et à 70 degrés, elle n'atteint guère plus de 200 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Le sapin que certains considèrent comme ne s'étant introduit que plus tard en Norvège, pousse principalement dans les contrées de Test, où il forme soit seul, soit mélangé avec le pin, d'immenses forêts qui s'étendent, en général, le long des grands cours d'eau. Sur la côte ouest, on ne le rencontre que rarement à l'état sauvage au sud du soixante-deuxième degré de latitude. Du soixante-troisième au soixante-cinquième il se trouve cependant aussi dans les îles. Plus au nord, il devient de plus en plus rare et à la hauteur du cercle polaire il cesse de former des forêts. Dans l'est du Finmark, par 69 degrés, on le rencontre cependant encore, mais isolé.
La limite de végétation du sapin est en général de 80 à 100 mètres moins élevée que celle du pin.
Le pin et le sapin atteignent rarement en Norvège plus de 30 mètres de haut; leur croissance varie du reste beaucoup d'un endroit à un autre.
Dans le sud du pays, un pin de 75 à 400 ans peut fournir du bois de charpente de 7 mètres de long et de m ,25 de diamètre au minimum. Dans les conditions propices, le sapin est déjà bon pour la coupe à l'âge de 70 à 80 ans. Mais en général, le pin n'est bon pour la coupe qu'à l'âge de 150 ans environ. En bien des endroits môme, ni le pin, ni le sapin n'atteignent les dimensions voulues avant l'âge de 200 ans.
Ce sont principalement le pin et le sapin qui fournissent à la consommation du pays le bois de construction et le bois de chauffage, ainsi qu'à l'exportation considérable des bois norvégiens si recherchés pour leurs belles qualités. Mentionnons aussi l'emploi de plus en plus considérable que l'on a fait pendant ces dernières années du sapin norvégien pour la fabrication de la pâte de bois mécanique et de la pâte de bois chimique, emploi auquel il est particulièrement apte à cause du peu de résine qu'il contient
Les racines du pin s'emploient en certains endroits à la fabrication du goudron, mais il n'y en a pas assez pour suffire aux besoins du pays même. Presque partout on fait du tan avec l'écorce du sapin.
En lait d'autres conifères, la Norvège produit à l'état sauvage le genévrier (Juniper us communia) et Yiï(Taxus baccata), mais ces arbres sont sans importance à l'égard de l'exploitation forestière.
Les forêts de pins et de sapins occupent ensemble 75 p. 400 environ de la surface totale boisée.
Les arbres à feuilles caduques comprennent principalement le bouleau {Bo.tula), dont on rencontre en Norvège deux espèces : le bouleau des vallées ou bouleau blanc et le bouleau des montagnes.
Le premier est commun dans les contrées du sud et s'y trouve encore jusqu'à des altitudes de 500 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Le second abonde surtout dans le Finmark où il occupe environ 90 p. 100 de la surface totale des forêts de cette contrée. Dans le sud, jusqu'à 62 degrés, la limite de végétation du bouleau s'élève à 1.100 mètres; dans l'est du Finmark, à 200 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Le bouleau peut atteindre une hauteur de 20 à 25 mètres, un diamètre de l m ,50 a hauteur d'appui.
En Norvège, le bouleau s'emploie surtout comme bois de chauffage. On s'en sert aussi pour fabriquer divers ustensiles de ménage et des douves; sa première écorce blanche sert à une foule d'usages et surtout à couvrir les maisons de campagne.
Il y a encore en Norvège d'autres arbres à feuilles caduques qui sont plus ou moins répandus, entre autres, le tremble, très employé dans la fabrication des allumettes; une vingtaine d'espèces de saules et d'osiers, deux espèces d'aulnes, puis l'orme et le noisetier. La limite de végétation de l'osier s'élève à 1.500 mètres au-dessus du niveau de la mer.
De moindre importance encore et moins répandus sont le frône, le platane et le tilleul.
Dans les bois de la côte sud et aussi en partie le long de la côte ouest, on rencontre le chône pédoncule et plus rarement le chêne rouvre. Actuellement, on coupe généralement le chêne en taillis pour la production du tan dont on exporte chaque année d'assez grandes quantités. De 1875 à 1885, l'exportation annuelle moyenne de ce produit s'est élevée à 465.000 kilogrammes.
On fabrique aussi une certaine quantité de douves en bois de chêne, mais les constructions navales n'emploient plus guère cette essence de bois.
La consommation annuelle de bois provenant des forêts du pays, se répartit comme suit, selon l'emploi que l'on en fait :