PLANCHE XXXIII
PORTE JAPONAISE
Croquis de M. A. Guérineau, architecte.
M. Abel Guérineau, ancien architecte du gouvernement japonais, adjoint à la mission militaire française de 1874 à 1881, a bien voulu nous communiquer, en même temps que d’autres documents très intéressants pour cette publication, le dessin de la porte de jardin que nous reproduisons en perspective, sur la planche XXXIII. Cette porte forme l’entrée
d’une maison de campagne; elle est en sapin rouge et mesure lm,85 de hauteur sous la traverse; sa largeur est de lm,50 environ. La clôture comprend une simple cloison de planches de sapin dont les couvrejoints sont en bambou; la partie supérieure est à claire-voie, garnie de traverses en forme de croix de Saint-André allongée, assemblées à mi-bois; c’est
donc par suite d’une erreur que notre dessin indique ces dernières avec des ombres portées.
La couverture est composée de tuiles de sapin en recouvrement; le faîtage est formé de trois gros bambous, disposés horizontalement et reliés entre eux, à la toiture, par des liens en cordelettes faites avec des fibres de bambous. Ceux-ci se terminent en aigrettes qui viennent rompre la monotonie du faîtage.
La figure 98 montre une coupe transversale de la porte et du toit qui la surmonte, le battant étant ouvert et rabattu sur le plan de la coupe.
Comme on le voit, les deux montants d’angle de la porte soutiennent le toit. Chaque montant, de section hexagonale, est soutenu lui-mème en arrière par un véritable contrefort, formé d’un poteau vertical réuni par des traverses au montant de la porte.
Le panneau supérieur de chaque battant de la porte est à claire-voie : les barreaux sont formés de pièces de bois à section carrée, posées de manière à présenter une arête de face.
Cette porte se ferme à l’aide d’un verrou de bois glissant dans des embrasses de fer. Les pannes du toit sont en sapin ; les chevrons alternativement ronds et carrés ; par-dessus les chevrons, et à angle droit avec eux, sont disposées de petites baguettes circulaires portant le voligeage.