‹ Le Bon génie (volume 2)Chapitre 114 sur 136 · PRIX DE SEMESTRE · texte numérisé non relu

PRIX DE SEMESTRE

Pour les meilleures réponses aux diverses questions proposées dans le courant des six derniers mois.

PRIX : Mademoiselle Blanche Regxaclt, âgée de douze ans; (à Paris).

1" ACCESSIT : Mademoiselle Félicie Mo>>ier; (aux Forges de Syam, département du Jura).

IP ACCESSIT : Mademoiselle Ariane de C ,

âgée de onze ans et demi; (à Montfleury, département de l'Ain ).

IIP ACCESSIT : Partagé entre Mademoiselle Sophie Chanal, âgée de douze ans; (à Paris);

Et Mademoiselle Laure Darier, âgée de quatorze ans; (à Beaune, département de la Cote-d'Or).

IV' ACCESSIT: Mademoiselle Virginie Govrlier, âgée de dix ans; (à Paris).

V ACCESSIT: Partagé entre Mademoiselle Cécile DE P , âgée de onze ans ; (à FoUembray ) ;

Et M. Fortuné Boucallt; (à Privas, département de l'Ardèche).

Vr ACCESSIT : M. Jules Guérin.

Mentions honorables: M"' jiurjiista de Vendeiwre ; (à Vendeuvre, département d'Ille-et-Vilaine ). M. François Guizot ; (a Paris ). M. Emile Gautier; ( à La Rochelle). M"' Louise Dumoiissean ; (à Paris). t<\}'' Delphine F.....; (à Vienne, département de l'Isère). M"'

Charlotte D M"' Malhilde Quiiicliez; (à Marseille,

département des Boucbes-du-Rliône). M"' iucie de

P ;( à FoUembray ). M"'F(c(on'jie Prefre/; (à Rouen).

M.Eugène De liste ; (à Périgueux). M"' Rosélie B

M"' Clémence deFlers^ (à Villebadin, département de l'Orne).

COMPOSITION

Qui a obtenu le Pris de la première division.

Mon bon Génie, la sincérité est une franchise habituelle et réfléchie, une disposition constante à ne rien dire de contraire à la vérité. C'est une vertu d'autant plus estimable, qu'on ne peut l'avoir sans en posséder beaucoup d'autres. En effet, on ne saurait être parfaitement vrai, sans être en même temps équitable, généreux et délicat; et votre charmante anecdote de Cléobule, mon cher bon Génie, est une nouvelle preuve que cette aimable qualité, en donnant du lustre à toutes les autres, peut ennoblir jusques aux fautes.

La sincérité est un devoir puisqu'elle est une vertu.

D'ailleurs le mensonge étant le plus odieux et le plus bas de tous les vices, celui qui prend la malheureuse habitude de s'y livrer, perd à-la-fois tous ses droits à l'estime des autres et à la sienne propre; et un de nos devoirs les plus sacrés étant de conserver sur-tout cette dernière, pourrions-nous, sans y renoncer, devenir faux et menteurs?

La société retire évidemment un grand avantage de la sincérité, en ce sens, que l'homme sincère est toujours d'un commerce sur autant qu'agréable, qu'il n'est jamais méchant, intrigant, ni flatteur, puisqu'il ne pourrait l'être, sans être forcé d'abandonner cette vertu précieuse qui, compagne inséparable de la justice et de la bonne foi, assure entre les hommes les relations de la vie. Mais quels avantages immenses en retire individuellement celui qui possède cette charmante qualité! On reçoit avec reconnaissance ses témoignages d'amitié, on aime ses attentions, sûr que l'on est qu'elles partent du cœur, on l'écoute avec l'intérêt qu'inspire toujours la vérité. L'homme vrai, n'eùt-il ni esprit, ni talents, plairait toujours parle seul charme de la sincérité, qui, sans aucun autre agrément, donnerait encore du prix à ses discours et à ses actions.

De tout cela je conclus, mon cher bon Génie, que nous vous devrons tous d'acquérir ou de conserver cette précieuse vertu; car pourrions-nous, après que vous nous avez forcés de réfléchir sur tous ses avantages, y renoncer volontairement. Pour mon compte, mon bon Génie, je vous promets de la conserver toujours aussi religieusement que ma reconnaissance et mon amitié pour vous, qui dureront autant que la vie de votre respectueux et dévoué petit ami ,

ELCÈ.VE DELISLE, 35c de 12 ani.

COMPOSITION

Qui a obtenu le Prix de la deuxième division.

Mon bon Génie, il est bien agréable de répondre à votre dernière question, car je ne connais aucune vertu qui puisse se comparer à la sincérité. Elle consiste à ne dire que ce qui est vrai, et ce que l'on a vu ou entendu, sans aucun changement. J'aurais toute confiance en une personne que je saurais sincère. Cette vertu est tiès difficile à observer dans certains cas; mais il n'est que plus glorieux de ne pas se laisser aller au mensonge. Lorsqu'un enfant a fait une faute et qu'il l'avoue sans craindre la punition, il a de la sincérité. Elle doit être un devoir, car le mensonge peut attirer les plus grands maux, tandis que la franchise est noble et généreuse. Lorsque j'ai cherché à m'excuser d'une faute en falsifiant la vérité, je ne peux être

gaie de toute la journée, et lorsque je l'ai avouée, je me sens bien heureuse. Qu'est-ce qu'on deviendrait dans la société, si l'aimable confiance établie par la sincérité n'y rèjjiiait pas? On se niéfieiait les uns des autres, aucune personne ne pourrait croire ce qu'une autre lui affirmerait; au lieu que celle qui aura été franche sera toujours crue. Ah! mon bon Génie, je veux être sincère, afin que tout le monde ait de la confiance en moi ; mes parents me croiront sur mon oui ou mon non; car il vaut bien mieux être punie que de mentir. — Adieu, mon bon Génie, j'ai d('ja eu quelquefois le plaisir de vous écrire; mais je n'ai jamais eu le plaisir de le faire pour une question aussi intéressante. Agréez le dévouement sincère de votre petite abonnée de dix ans et demi.

Page 1