ACTE PREMIER
DUTACQ
Oui, toi !.. Et plus tard, à cinq heures moins vingt, tu m'as allongé un coup de pied, en disant : « Voyons, » Polyte, laisse-moi t.. Va-t'en!.. » Et moi, je m'appelle Alphonse !
MARCELINE
Ah 1 Oui t.. Je me souviens f..
Elle éclate de rire.
I>UTAGQ.
Vraiment ?
MARCELINE
Non, c'est trop drôle !..
DUTACQ, à part.
Quelle craque va-t-elle me conter?
ZOÉ
De quoi vous souvenez-vous?
MARCELINE
De mon rêve : j'étais chez nous, toute gamine, et je chipais les cerises du voisin, avec Chariot, mon frère...
Ton frère !
MARCELINE
Oui, Charles! Voyons, tu le connais bien?.. Comment, tu as cru ?..
DUTACQ
Et Polyte ?
MARCELINE
C'était notre âne, notre vieil âne, qui venait toujours fourrer son gros museau frais dans mes poches, pour y chercher du sucre !.. (Riaat.) Ce bon Polyte!..
(Elle continue de rire.) Et tu t'eS imaginé...
ZOÉ
Faut-il que tu sois bête, mon pauvre Pointe I (se reprenant.) Mon pauvre Alphonse!..
DUTAGQ, penaud.
Dame! Je ne savais pas, moi... je ne pouvais pas savoir!..
MARCELINE
Me crois-tu, au moins ?
DUTAGQ.
Oui, je te crois!..
MARCELINE
C'est heureux I
Certes, tu as bien des défauts ; mais enfin, tu n'es pas menteuse ! (Gaiement.) Ah!.. C'est égal !.. Fichezvous de moi, si vous voulez, mais je respire mieux que tout à l'heure !.. Il faut que je t'embrasse!
MARCKLINfi,
Inutile !..
DUTAGQ.
Si ! Il le faut absolument !..
II 1 embrasse.
MARCELINE
Alors, c'est pour cela que tu me faisais la tète f
DUTAGQ.
Pas pour autre chose!
MARCELINE
Gros serin, va !..
ZOÉ
Tu es incorrigible!...