ACTE PREMIER
huit jours, aux séances du Congrès médical, où je lirai un mémoire très intéressant sur cette dormeuse, que nous allons visiter.
DESROSIERS
Une femme, qui dort depuis près de trois mois, sans que rien puisse la réveiller ! Voilà ce qu'on peut appeler une femme de tout repos I
BABIOLE
Elle est aussi d'un excellent rapport!... Son mari, fou de douleur, fait payer cinq francs maintenant l'entrée de sa chambre à coucher.
ZOÉ
Le pauvre homme !
BABIOLE
Et, le mois prochain, vu l'aflluence des visiteurs, le prix sera porté à dix francs par cet époux inconsolable !
Henri entre du fond gauche.
ZOÉ
Ah ! Voici le jeune Henri.
DESROSIERS, gaiement.
L'amoureux de ma femme !...
HENRI, très jeune et très naïf, saluant.
Madame ! . . . Messieurs ! . . .
Poignées de mains.
DESROSIERS
Vous venez chercher Paulette ?
HENRI
Oui, madame Desrosiérs m'a dit de me trouver ici à deux heures.
DESROSIERS
Elle doit être prête. (Allant à la viUa de gauche.) Pau-
lette ?
PAULETTE, dans la coulisse.
Je viens.
DESROSIERS
Surtout soyez bien sages, hein ? Ne faites pas trop les fous !...
HENRI
Oh! Monsieur!...
DESROSIERS
Et, si quelques beaux messieurs de la plage viennent rôder trop prés, autour de Paulette...
HENRI
Je me charge de les tenir à distance.
DESROSIERS
Très bien !...
BABIOLE, à part.
Il est étonnant !
DESROSIERS
J'ai en vous, mon cher Henri, la confiance la plus entière, la plus absolue...
Et je saurai toujours m'en montrer digne.
DESROSIERS
J'en suis tout à fait convaincu!... Voilà combien de temps que vous faites la cour à ma femme?
HENRI
Il y aura six mois, le vingt-deux.
DESROSIERS
Six mois déjà!... Comme le temps passe!... Hé bien! Continuez, Henri, continuez!...
oi^aam