ACTE DEUXIÈME
Regardez!... Mon pied... Mon pied, qui est déchaussé!
DUTACQ, ironiquo.
Tu ne t'en doutais pas un peu?
MARCELINE, montrant le soulier.
Où l'avez-vous trouvé ?
DUTACQ
Tout simplement où tu l'as laissé... dans la salle à manger !
MARCELINE
Je n'y comprends rient
DUTACQ
Vraiment?.. Alors, je vais t'expliquer ! Pendant le dîner, tu étais en face de Gastabel, qui t'a pressé le pied sous la table...
PAULETTE, indignée.
Oh!
ZOÉ
Qu'est-ce que tu dis là?
BABIOLE
Voyons, Alphonse ?
DUTACQ
Je sais ce que je dis ! Il lui a fait le pied, le soulier est tombé et Marceline n'a pas pu le rattraper, voilà la vérité! Parbleu! C'est facile de nier; mais qu'on me démontre le contraire. Il y a assez longtemps que tout le monde ici me traite d'imbécile et de jaloux stupide ! Avais-je tort? Est-ce une preuve cela, est-ce une preuve?
MARCELINE
Vous entendez ? Voilà comment il me traite !
Càstabel et Desrosiers paraissent à gauche, pan coupé^ et écoutent, en riant.
MARCELINE,, jetant un cri.
Ah!
PAULETTE, sursautant.
Quoi encore? Elle me fait des peurs, avec ses cris!
MARCELINE, montrant son pied gauche.
Mon pied... Mon autre pied... déchaussé également I
DUTACQ, interloqué.
Hein ?
BABIOLE
Hé bien, vous voyez, Alphonse, raisonnez un peu. Si passionné que soit Càstabel, il ne lui a pas fait les deux pieds à la fois.
DUTACQ
Pourquoi pas ?
BABIOLE
Ce n'est pas un péiiicure!..
Je n'y comprends rien, rien, rien !
MARCELINE
Mais où est-il, mon soulier, où est-il?
CASTABEL.
Cherchons !
Tout le monde cherclie, bouleverse les meuhles, sauf Dutacq et Babiole, qui restent abrutis.
DUTACQ
Je n'y comprends rien, rien, rien!..
PAULETTE
Ah!