ACTE DELXlKMIi
MARCELINE, à part.
Pauvre garçon !
DUTACg, à Babiole.
Et VOUS dites qu'il ne sent rien?
BABIOLE
Alisolunient rien ! L'ammoniaque a irrité les muqueuses^ qui ont énergiquement protesté, mais lui n'a rien senti.
DUTACO.
Allons donc !
BABIOLE
Le léthargique est absolument insensible : on peut le pincer, le brûler... sa chair en portera les traces, mais il ne s'apercevra de rien.
GASTABEL, à part.
Est-il bête de lui dire ça !
DUTACQ, enflammant une allumette.
Voyons !
MARCELINE, indignée.
Oh ! Par exemple I
Elle souffle l'allumette.
Vous n'avez pas honte ?
DUTACQ
Puisqu'il ne sentirait rien !
BABIOLE
Vous devez respecter un malade.
DUTACQ
Hé bien ! Une petite pincelte ! (ii se baisse et pince
Castabel au bras droit, qui se détend subitement st lui flanque
une gifle.) Gristi!
Marceline rit à part.
GASTABBL, à part.
Je ne t'en dois plus qu'une !...
BABIOLE
Vous ne l'avez pas volée !
DUTACQ, furieux, à Babiole.
Alors, VOUS vous fichez de moi, vous ?
BABIOLE
Pas le moins du monde ! Vous avez pincé un muscle, qui a eu un mouvement réflexe, voilà tout!...
Vraiment ? Un mouvement réflexe ?
Babiole.
Pas autre chose!... Caslabel n'a rien éprouvé!... Nous allons le transporter dans son lit.
DUTACQ
Lui ?... Pourquoi faire?
MARCELINE
On ne peut pas le laisser ici, dans un fauteuil...
babiole.
S'il doit dormir huit jours, un mois, trois mois même, comme la Dormeuse...
DUTACQ, ironique.
Ça m'étonnerait ! (Appelant.) Marianne !
BABIOLE
Pourquoi ?
DUTACQ, s'emportant.
Parce que je n'y crois pas, à ce sommeil-là !... Parce que je suis sûr que vous jouez une comédie, tous : vous, ma femme et Castabel!...
MARCELINE
Oh!