SCÈNE PREMIÈRE
GASTABEL, DUTAGQ, puis MARCELINE.
Castabel est toujours immobile. — Dutacq dort dans son fauteuil, la bouche ouverte, face au public, le revolver à la main.
GASTABEL, il bâille.
Gristi ! Que je m'embête! (se pencliant vers Dutacq.)
Ah! Ça!... Est-ce qu'il dormirait pour de bon, lui?
(sur un léger mouvement deDutatq, il reprend son immobilité.
Une pendule sonne deux coups.) Deux heures! Il n'cst encore que deux heures !... Jamais une nuit ne m'a paru
si longue!... (Regardant Dutacq.) Il ne boUge tOUJOurs
pas! J'aurais dû demander au docteur au bout de combien de temps la « Babiolette » manifestait sa présence!...
Marceline entre doucement de droite, premier plan. Castabel lui fait signe de ne pas faire de bruit et lui montra Dutacq. Elle lui demande par signes si Dutacq
LE BON MOYEN t...
dort ; il répond^ par signes» qu'il n en sait rien. Elle 8 avance sur la pointe du pied.
MARCELINE, bas.
Il dort?
CASTABEL, bas.
Je ne sais pas!... Peut-être fait-il semblant, pour me tendre un piège !
MARCELINE, s'approchant de Dutacq.
Non, voilà bien la grimace qu'il fait pendant son sommeil.
CASTABEL.
Il n'est pas beau! Alors, vous êtes bien sûre qu'il est endormi?
MARCELINE
Absolument sûre !
CASTABEL.
En ce cas, je file !
Non, ne m'abandonnez pas !... Il se vengerait sur moi!...
CASTABEL.
Ah ! Fichue idée, que j'ai eue là !... Si j'avais su !... (Dutacq se met à ronfler ) Le voilà, qui ronfle maintenant 1 C'est son habitude ?
MARCELINE
Chaque nuit, pendant deux heures, au moins.