SCENE II
GASTABEL, DUTACQ.
GASTABEL.
Et il ronfle toujours! Attends un peu!... (il siffle;
les ronflements cessent.) C'est infaillible! (il bâille.) Et
puis, si tu crois que je vais te laisser faire un bon
LE 1!0.\ MoYtN !.
petit somme, pendant que moi je n'oserai pas fermer l'œil!... Non, mon vieux, non!... Nous veillerons tous les deux, s'il te plaît!... C'est bien le moins!
Il se penche et flanque une tape sur la tête de Dutacil ' puis, il reprend immédiatement son attitude immobile.
DUTACQ, se réveillant en sursaut.
Hein?.. Quoi? Qu'est-ce que c'est? (il se lève.) Personne ! J'ai rêvé qu'il me tombait quelque chose sur la tète! Est-ce bête de m'ètre assoupi! (Regardant castabei.) Heureusement qu'il ne s'en est pas aperçu! n en aurait profité pour se sauver, le lâche..! Il ne bouge pas!... Je parie que le sommeil l'a gagné, lui aussi, comme moi!... Si tu crois que je vais te laisser dormir tranquillement ?... Ah ! Non, mon gaillard,
non! (il tousse fortement aux oreilles de Castabel.) Hum !.. Hum !... Hum !... — Rien !... (il lui fait manœuvrer la tête adroite et à gauche.) Rien du tOUt! (il lui baisse et relève la tête plusieurs fois ) Ah ! Il est très fort! (a Castabel.)
Tu es très fort ! Mais je ne suis pas plus bête que toi!
CASTABEL, riant automatiquement.
Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!
DUT.^CQ.
Hein? Tu ris?... Tu oses...
CASTABEL, toujours immobile et les j'eux fermés. Il chante d une voix forte.
Tiens! Voilà Mathieu !
Comment vas-tu, ma vieille?
Il chante maintenant?
G.\STABEL, chantant.
Tiens! Voilà Mathieu!
Comment vas-tu, mon vieux?