FETES
ment du bercail dont son Père est le maître, alors que lui-même s'appelle la porte de la bergerie : Ego ostium ; puis, Il se donne ensuite le titre de Pasteur, Ego pastor,
Notre-Seigneur s'adresse aux scribes et aux pharisiens, qui l'ont pris à partie à la suite de la guérison des yeux et de l'âme de l'aveugle-né: prodige accompli, afin que les œuvres de Dieu se manifestent en Lui.
Sommes-nous donc nous-mêmes des aveugles, disent-ils? Non, leur répond Jésus, :ar si vous étiez des aveugles, vous seriez excusabies. Mais comme vous voyez, vous restez dans votre péché.
C'est ce qu'Il va maintenant expliquer.
“En vérité, je vous le dis, celui qui n'entre point dans la bergerie par la porte, mais y monte par ailleurs, celui-;à est un voleur et un brigand."
La bergerie, c'était, pour le moment, la synagogue, figure de l'Eglise que le Christ allait fonder et qui serait le véritable bercail.
La porte sera la foi chrétienne communiquée dans le baptême, par l'Esprit-Saint, Les brebis, c'est le troupeau des disciples du Christ.
Les pasteurs véritables sont ceux qui reçoivent de Dieu Lui-même l'autorité légitime, avec la mission sans laquelle ils ne sauraient être que des mercenaires et des étrangers. Ce sont ceux qui conduisent les brebis dans les gras pâturages de la vie surnaturelle, et qui, par leurs exemples autant que par leurs leçons, entraînent leur troupeau dans les voies de la justice et de la sainteté.
Bien des portes pourraient donner entrée dans le bercail: la volonté propre, la flatterie, l'intrigue, l'argent, la parenté, la pression des services rendus et des présents officieux ; aucune de celles-ci ne vaut pour le vrai pasteur du bercail dont l'entrée est le Christ luimême, c'est-à-dire la vocation divine Sicut misit me, Pater, et ego mitto vos. C'est là ce. ui fait de prime abord le Pasteur légitime: qi i voce. ir a Deo.
Notre-Seigneur est le prince des pasteurs (I. Pet. 5, 4.) ; le Pasteur suprême (Heb. I 3, 20), is souverain Pasteur des âmes (I Pet. 2, 25), ce qui implique la doctrine de la communication de la dignité pastorale et de ses charges, et la subordination des pasteurs élus par Lui: Eyo elegi vos.
Jésus dit à sain Pierre: Pasce agnos mecs, pasce oves meas. L'Esprit-Saint étend ce caractère vastoral à tout l'ensemble et à chacun des ministres créés par l'ordination pour le service spirituel des âmes: Pascite qui in vobis est regern Dei. (I. Pet. 5; 2%:)
Le prêtre est done essentiellement pasteur en tant que membre ‘Au Pasteur, selon que l'explique saint Augustin”: Si Praepositi Ecclesiae pastores sunt, quo- Mod9 unus pastor est, nisi quia sunt illi omnes unius Membra Pastoris ?
Ce qui fait que tout ce que dit Notre-Seigneur, du bon Pasteur par opposition au mercenaire, trouve son application dans tous ceux qui sont revêtus ce la dignité sacerdotale, et qui à un degré et sous une forme quelconques, exercent dans la dépendance hiérarchique remontant au Pasteur suprême, un ministère spirituel.
Tandis que Notre-Seigneur s'est réservé à Lui seul
le droit d'être et de se dire la Porte du bercail, Il ne cède à personne sn titre et ses droits, Ego ostium.
Ses brebis entendent sa voix, et Lui-même les appelle par le propre nom qu'elles ont reçu à leur entrée par Lui dans l'Eglise, leur nom de baptême. 11 les &roupe autour de l'autel, 1] leur administre la grâce. I] marche devant elles, et leur montre en Lui-même et dans sa conduite, du geste et par l'exemple, le droit chemin, 11 les protège contre les loups, c'est-à-dire contre l'hérésie et contre les dangers menaçant leur foi ou leur irnocence,
Et ses brebis 1- suivent : elles reconnaissent sa voix, tandis qu'elles ignorent la voix des étrangers qui n'est point l'écho fidèle de Dieu. Le Christ demeure toujours la Porte unique de la divine bergerie: quiconque entre par moi sera sauvé, Le voleur lui, entré par ailleurs, ne vient que pour dérober ou détruire ; alors que Notre-Seigneur n'est venu que pour la vie, lui ne vient que pour la mort.
Notre-Seigneur continue le même sujet mais, s'il est permis de parler ainsi, en modifiant son allégoris ; Je suis le bon Pasteur ; le bon Pasteur donne sa vie pour £es brebis. C'est en cette qualité de pasteur que le Messie Sauveur est annoncé ei figuré par l'Ancien Testament (Gen., 4. 2. ; Ezech. 34), C'est par des pasteurs qu’il a voulu être accueilli en ce monde, et c'est comme Pasteur qu'il a groupé des disciples en une société qu’Il appelle son bercail. Ce sont des pasteurs qu'’Il a créés dans ses Apôtres, et c'est un Ministère pastoral qu'Il a établi par le sacerdoce.
Notre-Seigneur est venu en ce monde pour donner à ses ouailles une vie surabondante et pour cela 11 a livré sa propre vie, La Sainte Eucharistie perpétue l'immolation dont nous tenons la vie de nos âmes: Ce. lui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, Et cette communication se fait par le pré. tre constitué lui-même pasteur, et obligé par son titre même de réaliser le type Pasioral que Jésus nous montre dans -n adorable personne,
Le pasteur, le vrai, cherche en toutes choses, non son avantage personnel mais bien celui de son troupeau. La surabondance de la vie provient de la prédication incessante de la doctrine, de la communication sacramentelle des grâces, et du dévouement toujours en éveil pour écarter de ses ouailles la faiblesse, la maladie, la mort sr'rituelle.
L'action pastorale produit dans les âmes, entretient et augmente la vie même du Christ, et c'est par là qu'elles en peuvent venir: à dire avec saint Paul: Je vis, non ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi.
Mais pour cela le prêtre Pasteur doit posséder et répandre lui même la charité du Christ, et ne jamais s'en séparer: Quis me separabit a charitate Christi.
Donner sa vie pour ses brebis, c'est sans doute mourir pour elles, victime de son amour comme Jésus sur la croix. C'est aussi vivre pour elles, c'est-à-dire, toujours à l'exemple du Christ, leur consacrer, dans l’activité incessante du ministère pastoral, toutes les facultés et toutes les opérations d'une âme agrandie, élevée, sanctifiée et sacrifiée par la vacation sacerdotale et par l'ordination.
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Le prêtre, pasteur, doit à ce titre, aux âmes qui lui sont confiées tout ce qu'il est, tout ce qu'il a, et tout ce qu'il fait: Omnia omnibus. Impendam et superim- Pendar ipse pro animabus. Tel est le sens complet de l'immoiation nastorale telle que le prophète l'avait prédite du Prince des pasteurs: Et suscitabo super eas Pastorem unum..…..
Le prêtre pasteur connaît lui aussi ses propres brebis : il en a soin, il les instruit, il les avertit ; il les conduit, il leur procure ce bien suprème qui est l’exemple de toutes les vertus: In omnibus, te ipsum Draebe exemplum.
Ce que Notre-Seigneur avait fait lui-même ; Exemplum dedi vobis.
Le prêtre, pasteur digne de sa mission, n'est point le mercenaire qui cherche en toutes choses le salaire, et ne travaille que dans la mesure où il espère qu’on le paiera. Pour mettre en fuite le loup et garantir ses brebis, c'est-à-dire défendre ses ouailles contre l'erreur et les préserver des dangers du siècle, il redouble de vigilance et d'activité.
Son enseignement, nourri par la méditation et par l'étude, devient plus fécond de jour en jour, et son zèle réchauffé auprès du tabernacle, plus ardent: Pauperes evangelizantur.
Estimant au même prix les âmes sans égard aux distinction mondaines, il s'inquiète peu des succès d'apparat et les qualités extérieures de ceux qui l'écoutent ‘influencent en rien le souci de la forme. Il prêche l'Evangile à tous, il ne fait point de rhétori-
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que: Predicate Evangelium omni creaturae.... Non in humane sapientiae verbis.….….
Etranger, en tant que prêtre, aux spéculations pro-
” fanes et aux intérêts matériels, il est tout entier appli-
qué aux choses de Dieu et à la poursuite des biens spi-
rituels. Pour les affaires de ce monde, il laisse les morts ensevelir leurs morts.
Les petits enfants, les infirmes spirituels, les malades, les morts eux-mêmes, tous ceux qui à un degré quelconque souffrent des atteintes du démon, et les moins sympathiques d'entre eux, loin d'être par lui rudement repoussés, ou dédaignés, sont au contraire l'cbjet d'une particulière tendresse: aveugles, sourdsmuets, lépreux, paralytiques, possédés, autant de termes pour signifier autant de misères de l'âme, et ces misères prennent la meilleure partie du cœur et de la vie du bon pasteur: Ad oves quae perierunt.
Moi je suis le bon Pasteur, répète Notre-Seigneur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et comme je connais mon Pèr»
Cette insistance et ce rapprochement indiquent la nature spéciale des sentiments qui doivent, à l’exemple de Jésus, animer tout pasteur. Il doit connaître son troupeau et être connu de lui. La base de cette connaissance réciproque, le véritable mobile des relations créées par le ministère pastoral, c'est uniquement la charité surnaturelle qui a son type et son inspiration dans l'amour mutuel du Père et du Fils, en dehors duquel il ne saurait y avoir que pur égoïsme et intérêt mesquin.
Le mercenaire reste un étranger pour ses brebis ; il n'ambitionne que la récompense temporelle, il ne sait. point s'élever plus haut, il exerce un métier et le veut. lucratif. C'est ce qu'il fait bien sentir quand il exige- Son salaire nt qu'on le Paie, tout comme l'artisan ou le professionnel auquel il s'assimile sans vergogne,
Insouciant, indolent, indifférent, il se berce dans la béate oisiveté que lui laisse le mécanisme très réduit. de son labeur routinier. Il fait tout par habitude acquise, et nullement par le sens du devoir, Le zèle, depuis longtemps amorti, ne lui souffle aucune initiative et il voit sans émotion le loup ravager son troupeau... L'ignorance, l'abandon graduel des pratiques Pieuses, le désordre moral, les influences perverses tarissent. peu à peu dans les âmes les Sources de la vie surnaturelle.
La lecture du chapitre 40 du prophète Ezachiel est. terrible pour les pasteurs qui se päissent eux-mêmes et négligent leurs ouailles.
Le bon pasteur, au contraire, celui qui donne sa vie- Pour ses brebis, estime n'en faire jamais assez. S'il est inquiet, ce n'est pas pour lui-même ni de ce qu'il peut gagner ou perdre, c'est pour san troupeau, pourchacune de ses ouailles, de savoir si elles ont assez: de doctrine, de grâces et de directions. Pour se maintenir solidement dans les voies de la perfection spirituelle. I] sait que rien au monde ne saurait le dispenser de ses obligations, ni Le décharger de ses graves. responsabilités. 11 donne déjà sa vie par l’activité de son sacerdoce, il est prêt à la donner par la mort si son Maître le lui demandait, et chaque jour davantage il s’identifie avec le Pasteur suprême et. peut. dire:
après Lui: Si le Père m'aime, c'est parce que je fais: en toutes choses sa volonté et que je donne aussi ma vie pour mes brebis.
De là résulte pour le prêtre, le devoir de la prière Pastorale,
Le troupeau doit avoir l'intelligence et le goût de la prière. La prière doit donc être l'âme de la vie sacerdotale puisque la prière doit être l'âme de son bercail.
Il s'agit ici, non plus de la prière personnelle, mais de la prière pastorale, obligatoire au double titre de la charité et de 1» justice.
Pour être un saint pasteur, il faut la lumière-surnaturelle, afin de bien connaître ses obligations et les remblir dignement : Pour conserver toujours aussi élevée l'idée que l'on doit se faire d'un ministère sublime, mais en même temps laborieux et périlleux. Cette lumière de la vie, c'est la prière qui l'obtiendra et la conservera. Au prêtre plus qu'à tout autre il a été. dit: “Oportet semper orare.” Il ne suffit pas de la lumière pour soi-même, il faut éclairer les autres.” “Vos estis lux mundi.” Il faut avertir, préserver, conseiller, soutenir, conduire les âmes, Pour cela il faut voir clair selon la parole de l'Evangile: “Caecus si Caeco.... Le gouvernement des âmes est le plus diff. cile de tous Ars artium. … ars animarum. Et si les. rois de l'ancienne alliance cherchaient dans Ja prière le secret de leur autorité bienfaisante, à plus forte raison ceux qui participent en ce regale sacerdotium"—“dont parle saint Paul, puisque le pasteur est un véritable roi à la tête de son troupeau. 11 faut diriger les âmes conformément à la volonté de Dieu.
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«Cette volonté comment la connaître, sinon par la prière !-—Maturité des conseils et des décisions, prudence -des entreprises et intentions surnaturelles, tout ce que distingue les vrais pasteurs, atteste en même temps leur esprit de prière.
La prière doit être le soutien du prêtre dans l'exercice même de son ministère ; quelque savant, habile, “expérimenté qu'il soit ou s'imagine être, il restera bien faible s'il ne compte que sur son savoir personnel. Les efforts du zèle seront efficaces, s'ils sont animés par la prière. Et la paroisse elle même sera docile et pieuse -dans la proportion où son pasteur priera pour elle et avec elle. Du reste le prêtre est un médiateur: Mediatores Dei et hominum. Comme le divin Maître semper vivens ad interpellandum.... Et la prière pasiorale doit être la protection permanente, étendue sur le peuple pour le protéger contre la colère divine. Le pasteur a besoin de la prière dans ses heures d'épreuve et d’agonie inévitables pour tous, car elles sont inhérentes à la charge elle même. Par le fait même que le pasteur aime son troupeau, il doit souffrir de cet amour. Il n'est pas d'amour sans douleur, Que de tristesse parfois dans le cœur d'un prêtre: épreuve de Dieu, malice, ingratitude, oubli des hommes, misères d’un caractère plus personnel, autant de sources de chagrins cuisants, aptes à pousser au découragement, à l'abandon même des devoirs essentiels.
Que doit faire alors le pasteur, au milieu de ses an- -8oisses que lui seul peut connaître ? suivre la recommandation de saint Jacques. Tristatur quis in vobis, oret ; ce qui est imité du Divin Pasteur dans son agonie. Factus in .agonia prolirius orabat. La prière
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redonne la paix, elle tient au-dessus de cette terre, et: près du soleil de justice, de paix et d'amour
Bouquet spirituel : Et pastores erant in regioneeadem, vigilantes et custodientes vigilias noctis supergregem suum.... et claritas Dei circumfulsit illos.. Et omnes, qui audierunt mirati sunt: et de his quaedicta erant a pastoribus ad ipsos. (Luc Il.)