L'EXTONSION QUE DOIT AVOIR
"Alpes et des Cordillères ont reçu sa visite, et ils se sont aplanis sous ses pas. Elle a tous les tempéraments et toutes les nationalités ; elle fait le tour du monde, et elle est partout chez elle :.elle fait le tour des siècles, et elle est partout la même. O sainte Sion, Ô tour.de David, phare sacré allumé sur les hauteurs pour être vu de bien loin, l'erreur peut vous méconnaître, mais non vous reproduire ; aussi, quand j’examine que votre lumière s'étend aux deux hémis= phères, tandis que le soleil n’en éclaire qu’un à la fois, loin de s’immoler, je sens que ma raison se sauve dans cet hom= mage rendu à votre universalité : Je crois l’Eglise catholique. Et ceci n’est point enthousiasme de foi et une sorte de M lyrisme superstitieux : nous l’écrivons les yeux fixés sur » une statistique récente (1). La population de l'Eglise surpasse numériquement, non-seulement celle des autres communions chrétiennes, mais celle des autres religions. On compte 70 millions de schismatiques grecs, 66 millions de protestants, 100 millions de mahométants, 60 millions de brahmistes, 180 millions de bouddhistes, 152 millions d’autres païens divers, et DEUX CENT auIT millions de catholiques. Si - nous ajoutons que la population de ces divers cultes est le , produit des influences et des dominations locales, secondées par l'ignorance, tandis que la nôtre est le fruit et l'expression k d’une civilisation cosmopolite et avancée, si bien que l'Eglise M est appelée à gagner tout le terrain que les autres religions | perdront, on prend en pitié ceux qui parlent de sa sépulture prochaine. Ah! si c’est le nombre et la vitalité qui décident de l’avenir des sociétés religieuses, la nôtre n’a donc pas à É
(1) Voyez Civilta cath, an, 1866,
prévoir ses funérailles, car le monde en verra bien d’autres avant les siennes.
Au reste, cette immensité d’expansion-caractérise si bien le vrai chrsitianisme, que les fausses Eglises n’en essaient même pas la contrefaçon. En se séparant, elles perdent le pouvoir et le vouloir de convertir; elles ne font plus de conquêtes, elles affectent même de les dédaigner, et rien de plus juste que leur stérilité, car elles ont rejeté l’'Époux (1). Mais c’est en vain qu’elles se consolent et se glorifient de cette immobilité : par le seul fait qu’elles végètent , elles sont en décadence; par le seul fait qu’elles ne rayonnent point en tout lieu, elles ne méritent de régner nuke part; et en abandonnant à notre Eglise le glorieux nom de catholique , elles font une confession implicite de sa vérité, semblables à l’inconséquent et faible Pilate, qui écrivit les titres de Jésus et qui ne l’adora pas.
(1) De Maistre, Du Pape,