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LA CORPORATION DU CONSEIL DE VILLE EN

Depuis l'année 1T9G jusqu'à l'année 1833, les affaires municipales de la Cité furent administrées par des Juges de Paix ou Magistrats siégeant à cet effet en Sessions Spéciales. En 1833, la Cité fut incorporée (1er Guillaume IV, cliap. 59), et, à cette fin, elle fut partagée en huit quartiers, à savoir: les quartiers Est, Ouest, Sainte-Anne, Saint-Joseph, Saint- Antoine, Saint- Laurent, Saint-Louis et Sainte-Marie; chacun de ces quartiers élisait deux membres. La première réunion ou assemblée de la Corporation eut lieu le cinq juin 1833, et M. Jacques A^iger y fut élu Maire de la Cité de Montréal, charge qu'il continua à remplir jusqu'à l'époque de la nouvelle incorporation de 1840.

La composition du conseil de ville depuis sa seconde constitution légale a été comme suit :

1840, 1841, 1842, Maire: l'Hon. Peter McGill.

Conseillers : Jules Qucsnel, Adam Ferris, C. S. Eodier, J. G. McKenzie, C. S. DeBleury, J. M. Tobin, Olivier Berthelet, F. Bruneau, Hypolite Guy, John Donegani, Charles Tait, J, W. Dunscomb, Thomas PliiUips, Colin Campbell, Stanley Bagg, Archibald Hume, D. Handyside, Wm. Molson, P. Sexton, Greffier de la Cité, (nommé le 12 septembre 1840).

Cette corporation fut nommée par le Gouverneur-Général pour le terme d'office, expirant en décembre 1842 : leurs successeurs devant être sujets à l'élection par le peup-le.

(Suit une liste des maires et des échevins jusqu'en 1850. On en trouve une plus exacte et plus complète dans VHistoire de la Corporation de Il Cité de Montréal, par J. C. Lamothe. )

LE BOîî VIEUX TEMPS 57

lA SAINTE-CATHERINE — HISTOIRE DE NOS RUES.

C'est aujourd'hui la fête de Sainte-Catherins.

Que les temps sont changés !

Dans le bon vieux temps, cette fête était célébrée dans presque toutes les maisons canadiennes. C'était un jour de grande liesse.

Le travail était suspendu et le plaisir était partout à l'ordre du jour.

La ménagère passait sa journée à préparer le festin de rigueur.

Dans toutes les familles, c'était une fête à rendre des points aux noces de Gamache.

La soirée et la nuit entière étaient consacrées à la danse. Tout le monde sautait, les vieux comme les jeunes, au son du violon et de la clarinette.

Dans la maison du pauvre, où l'on ne pouvait se payer le luxe d'un violoneux, on dansait " sur la gueule " ; c'est-à-dire que la musique ressemblait un peu à celle de la danse des Indiens.

Les danses du bon vieux temps étaient le cotillon, le réel à deux, et le réel à quatre, le menuet français, la jigue vo^leuse et la jigue frotteuse. Cette dernière danse était aussi tapageuse que les dofjs des Américains, Le jour de la Sainte-Catherine on faisait de la tire dans toutes les familles, et le réveillon, après le bal, était d'une magnificence extraordinaire.

Au dire des plus vieux citoyens de Montréal, la célébration de cette fête remontait au temps de leurs ancêtres.

C'est le cas de répéter aujourd'hui que les temps sont changés.

Fouillons encore les archives de l'hôtel de ville. Nous y trouverons les renseignements suivants sur l'histoire de nos rues et de nos places publiques.

L'ouverture de la rue Guy remonte à 1815. En cette année les magistrats ordonnèrent "l'ouverture d'un chemin à travers

les propriétés d'Etienne Guy, pour faciliter les communications du chemin haut du faubourg Saint- Antoine, ou de celui venant de la Côte des Neiges, avec le chemin bas du même faubourg venant de Lachine."

En 1817, on légalisa l'ouverture des rues King, Queen, Prince, George, Nazareth et Gabriel, le long du terrain du Petit Séminaire, [c'est-à-dire du deuxième Collège de Montréal qui, alors, était sis sur le terrain occupé de nos jours par le marché à foin, coin des rues Inspecteurs et Saint-Paul].

Pendant la même année on continua la rue Saint-Paul jusqu'à la rue McGill. La rue Saint-Maurice fut percée en 1817. Cette rue portait autrefois le nom de Saint-Paul. (1)

En 1818, on légalisa l'ouverture des rues Sainte-Hélène, Lemoine et des Eécollets formées sur l'ancien terrain des Eécollets.

En 1818, on ouvrit la rue Dubord, [maintenant l'Avenue Viger] dont le terrain fut donné à la ville par MM. Louis-Joseph Papineau et Antoine Dubord.

La rue Côté fut ouverte en 1818. (2)

L'année suivante on forma la ruelle Busby.

En 1822, on continua la rue Sainte-Catherine depuis la rue Saint-Denis, faubourg Saint-Louis, jusqu'au chemin Papineau. Pendant la même année, les magistrats firent abattre^ les peupliers plantés dans les trottoirs de la rue Saint-Jacques.

En 1822, il y eut des négociations entre les magistrats et le commandant du génie pour continuer la rue Notre-Dame à travers la citadelle qui s'élevait à l'endroit où se trouve aujourd'hui la place Dalhousie. (3) Les travaux commencèrent l'année suivante.

En 1826, on continua la rue Visitation et la rue Campeau.

En la même année on perça la rue Saint-Hubert qui s'éten-

(1) Elle est appelée Saint-Paul, par l'arpenteur Charland dans son plan de Montréal de 1801. Un plan datant de 1830 lui donne aussi ce nom. Cependant, dans l'Almanacli des adresses de Doi^o, publié en 1810, figure une rue Saint-Maurice, au faubourg des Récollets qui peut difficilement être autre. Elle apparaît aussi, sous ce dernier nom, dans le plan officiel de 1835, reproduit par Bosworth dans Uochelaga Depicta. Jusqu'alors, cette rue ne communiquait point avec la rue McGill.

(2) CVtte rue n'apparaît pas dans TAImanach de Doige de 1819. Sur la famille Côté qui a laisse son nom à cette petite rue, voir la 2e série.

(3) Voir page 114.

dait depuis la Petite Eivière (me Craig) jusqu'à la rue Mignonne sur un terrain donné par M. Lacroix. (1)

En 1828, on forma la rue Desrivières entre le faubourg Saint- Antoine et le faubourg Saint-Joseph.

En 1830, on continua la rue Lacroix (2) du coin de la place Dalhousie jusqu'au rivage du fleuve.

En 1833, la ville acheta des Messieurs du Séminaire Saint- Sulpice une partie de leur terrain devant l'église paroissiale pour agrandir la Place d'Armes et redresser la rue Notre-Dame.

La place Eichmond fut ouverte en 1833.

En 1834, Julius Patrick MoCabe, imprimeur, proposa aux magistrats de se charger de numéroter toutes les maisons de la ville et des faubourgs. (3)

25 novembre 1884.

(1) Hubert dit Lacroix, descendant du colon de ce nom.

(2) Cette rue s'étendait de la rue Craig aux quais. La Cie de chemin de fer du Pacifique Canadien l'a fait disparaître pour installer la gare Viger.

(3) Les maisons portaient déjà des numéros en 1819 et plus tôt, mais le numérotage était loin d'être systématique, d'après l'étude que nous en avons faite dans l'Almanacli de Doige.

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