‹ Le bon vieux temps; (volume 2)Chapitre 27 sur 51 · JOURNAL FRANÇAIS · texte numérisé non relu

JOURNAL FRANÇAIS

Ce matin, nous avons feuilleté les vieux registres du bureau des tutelles, au Palais de Justice, et nous y avons vu la liste de tous les anciens notaires du district de Montréal dont les minutes ont été déposées dans les voûtes de ce bureau. Les minutes de M. Doucet paraissent être les plus considérables avec celles de M. Griffin. Elles occupent à elles seules toute une section de la voûte.

Parmi les notaires importants nous voyons les noms de MM. J. M. Mondelet, ayant pratiqué de 1794 à. 1842; Thomas Barron, 1799 à 1831; N. B. Doucet, 1804 à 1835; L. H. Latour, 1804 à 1835; Charles Huot, 1809 à 1851; Thomas Bédouin, 1815 à 1844; Henry Griffin (notaire anglais), 1812 à 1847; André Jobin, 1813 à 1853; Pierre Lukin, 1819 à 1837. (1)

Parmi les médecins les plus célèbres à Montréal, dans le bon vieux temps, nommons le docteur Henry Monroe, qui a commencé à pratiquer en 1795, J. B. Lebourdais, Alexandre Lusignan, W. J. Vallée et Pierre Beaubien. (2)

( 1 ) M. Berthelot n'a pas dii voir les actes des quatre premiers notaires de Montréal : Jean de Saint-Père (1648-57), Lambert Closse ( lt;51-ô()), Nicolas Gastineaii (1052-53) et Bonipne Basset (1657-99), car a l'époque de sa visite, les études des tabellions du XVIIème siècle étaient peu accessibles.

Depuis 1884, le nombre des études déposées au palais de justice a considérablement augmenté et l'on calcule qu'il s'y trouve, aujourd'hui, jil"'^ de deux millions et demi d'actes notariés.

(2) Le Docteur Pierre Beaubien étudia à l'Universitë de Paris et pratiqua son art pendant 10 ans, en France, avant de revenir au Canada. Il était père de Thon. Ls Beaubien et de l'abbé Beauljien ; il a été inhumé dans l'église du Mile-End, le 12 janvier 1881, âgé de 84 ans.

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Les célébrités du barreau à cette époque, étaient maîtres Janvier D. Lacroix, Frédéric Auguste Quesnel, Alexis Bourret, Toussaint Pelletier, C. C. S. de Bleury, Dominique Mondelet, Jules Quesnel, François Pierre Bruneau, Côme Séraphin Cherxier, Louis Joseph Papineau, Denis Benjamin Viger et Louis Michel Viger (le beau Viger).

La première librairie canadienne à Montréal a été ouverte vers 1828 (1), par MM. Bossange et D. B. Papineau, dans la vieille maison formant l'encoignure des rues Saint-Vincent et Saint-Amable, aujourd'hui le bureau du doyen du barreau, M. C. S. Cherrier, CE. (2) La maison Bossange a eu pour successeur la maison E. B. Fabre, [plus tard] Fabre et Gravel. M. Bossange épousa Mademoiselle Fabre, sœur de M. E. E. Fabre et retourna à Paris où il continua d'être un des associés de la célèbre maison Bossange. La maison de Montréal exista longtemps sous la raison sociale de Fabre et Bossange.

Le seul journal politique français publié à Montréal en 1833 (3), était la Minerve de M. Ludger Duvernay, fondateur de la société Saint-Jean-Baptiste. Ses bureaux étaient alors au deuxième étage de la vieille maison de la rue Saint-Paul, occupée auiourd'hui par le magasin de ferronnerie de M. Auguste Couillard. Le rédacteur en chef était M. A. N. Morin, l'assistant rédacteur M. Léon Gosselin, avocat, et le traducteur et le correcteur d'épreuves M. G. T'herrier. (4)

Les ateliers n'étaient pas considérables. La salle de composition était dans le grenier où il faisait une chaleur torréfiante pendant l'été.

(1) Cette date est erronée, voir la correction dans la deuxième série.

(2) Voir note 2, paore 69.

(.3) M. Uerthelot ignorait, sans doute, l'existence ae VAmi du peuple, de l'ordre et des /ots, fondé en 1832 par MM. Leclerc et Jones. (Voir Dionnc, Invent. Chron. I. 143).

(4) En 1838, G. H. Cherrier publia L'Etoile du Bas-Canada qui vécut peu de temps, puis en 1853, il fonda La Ruche Littéraire dont le rédacteur en chef fut le fameux H. Emib Chevalier, romancifr français.

Les typographes employés dans l'établissement étaient tous de gais lurons qui donnaient beaucoup de fil à retordre à leur patron.

C'étaient Joseph Eoch T.cittoré, (1) Gaspard TiCttoré, Pierre Cérat, John Wagner, Latulippe et Antoine Plinguet.

M. Duvernay redoutait tant les lundis de ses ouvriers que le samedi soir il enfermait à clé dans l'atelier, les deux messieurs Lettoré, Wagner et Latulippe, afin de les avoir sous la main pour le travail du lundi. Les disciples de Guttenberg passaient la journée du dimanche dans le grenier avec des provisions de bouches et du liquide fort fourni par l'établi&sement.

Si M. Duvernay n'avait pas pris cette précaution, la Minerve n'aurait pas paru le lundi suivant.

La Minerve paraissait alors deux fois par semaine, le lundi et le jeudi.

Un ecclésiastique, l'abbé Deschênes, était alors employé à la Minerve pour préparer les calculs astronomiques, et les éphémérides du calendrier du journal, le seul calendrier français qui existât dans le temps. (3)

31 décembre 1884.

(1) Roch Lettoré édita, en 1850, Le Peuple Trnvmllcur qui disparut presque aussitôt. (Dionne, Invent. Chron. I. 146).

(2) L'ecclésiastique en question est g,-énéralement nommé Duchesne, mais l'abbé Caron dans l'Histoire d'Yamachiche, orthographie son nom Duchaine. Né à Yaniachiche le 27 mai 1774, il reçut les prénoms d'Amable-Daniel. Il fut professeur de théologie dans le Haut-Canada, inventeur, architecte, etc. Il a été inhumé à Montréal le 6 novembre 1853, n'ayant jamais été admis à la prêtrise. Il s'acquit une certaine réputation de savant entre 1830 et 1850.

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