SCÈNE XIV. SS
* innocents, émus par la môme pensée ' Vuusèi.es jeunes et voua vous aimez, rien n'est plus simple, et rien n'est plus beau ; puisque vous étiez tous les deux le bonheur vivant l'un de l'autre, vous n'aviez pas le droit de vous éviter. * A votre ♦âge, l'oisiveté du cœur est une impiété presque. Celui dont
* la jeunesse se passe sans aimer, sa vie s'écoule triste comme
* un été sans soleil. * Allons, Octave, (Montrant Jacqueline.) répètelui que tu l'aimes, (Il le pousse vers la jeune fille.) et dis-le-lui tout bas pour qu'elle entende mieux.
OCTAVE , plus près de Jacqueline, à demi-voix.
Ah! oui, je l'aime I
JADIS, posant la main sur la poitrine de Jacqueline en riant.
Il y a de l'écho.
OCTAVE, faisant le même mouvement.
Voyons !
JADIS, lui arrêtant le bras.
lu peux t'en fier à moi. — Vous n'étiez tous les deux coupables que de trop d'innocence, et cette innocence-là avait ses dangers , c'est pour cela que je me suis mêlé de vos petites affaires. — Sans moi, Dieu sait ce qui serait arrivé, (A part.) et le diable aussi. — * (A Octave.) Mon jeune ami, à compter d'aujourd'hui, vous me ferez le plaisir d'accepter un logement
* auprès de moi. — J'ai là (l! montre une porte.) une petite chambre
* où vous seriez très-bien ; il y a du papier bleu (A part.) et un
* verrou. (Haut.) Aimez-vous le papier bleu?
octave , clonne.
* Mais pourquoi voulez-vous me faire déménager?
* C'est une idée que j'ai comme cela.
OCTAVE , regardant Jacqueline.
* C'est que je ne serai plus aussi près de Jacqueline, et
* quand on a l'habitude de se voir un peu tous les jours...
JACQUELINE
* D3 loin seulement.
JADIS, du même loti.
* De loin.-— Oui, très-bien; et savez-vous ce qui arrive •c'est qu'un beau soir on veut se voir de plus près; (Montra m
* Octave j mon voisin monte chez ma voisine, sous un prétexte
* que conque. — Les plus mauvais sont les meilleurs. — il lui
* emprunte une allumette sur l'air de : (il chante.)
Ma chandelle est morte, Je n'ai plus de feu.
* (Aux deux jeunes gens.) Et c'est précisément ce que je veux évi-
* ter, parce que [Montrant Octave.) le feu aussi prés de la poudre
* (Montrant Jacqueline.) c'est dangereux. (A Oclave.) Enfin, vous
* logerez ici provisoirement, et si vous avez besoin d'aliu-
* mettes, vous viendrez m'en demander à moi.
OCTAVE, regardant Jacqueline.
* Oh ! je vais bien m 'ennuyer.
Jacqueline, de même.
* Ah!
JADIS, éclatant.
* Mais, sacrebleu! je ne peux pourtant pas vous marier
* tout de suite. — Le maire est couché, un peu de patience *. (il les conduit en face du portrait.) Mais regarde donc , Jacqueline, quel joli ménage ils feront tous deux !