De Situ orbis, 1. ii
2. Pline {Hist. nat.^ 1. xiv, 25), en mentionnant la légende diaprés laquelle les deux îles s'écartaient et se rapprochaient alternativement a Tradilœque fabulosi inter se concurrisse » cherche à expliquer cette légende par une illusion d'optique, hypothèse qu'il n'aurait probablement pas émise s'il avait visité les lieux mêmes; mais on sait que, contrairement à l'exemple donné par Hérodote et Strabon, le naturaliste romain s'est le plus souvent contenté de rapporter ce qu'il n'avait jamais vu.
3. L.xxii, 8. Aramien Marcellin était tellement persuadé de la mobilité dont les deux Symplègades avaient été jadis douées, qu'il insiste tout particulièrement sur le contraste entre leurs états présent et passé : « Hi scopuli cum eos Argo, prima omnium navis, Colchos ad direptionem a aurei properans velleris, pra»terisset innoxia, immobili turbine cir- « cumfracto stetere concorporati , ut eos aliquando fuisse diremptos, « nulli nunc conspicientium credant, nisi super hoc congruerent prisu corum carminum cantus. d
Yumbunm, car c'est là, en effet, qu'au commencement du XVII* siècle Gyllius* vit plusieurs rochers désignés par des noms spéciaux, ce qui prouverait que rilot asiatique des Cyanées a été constamment s'abaissant pour disparaître complètement de nos jours ; par opposition, l'Ilot de la côte d'Europe ne se trouve plus, comme jadis, représenté par une seule masse, mais bien par deux grands rochers entourés de dix écueils. Jl serait difficile d'expliquer, à l'aide de l'action seule de la mer, la disparition de Tilot de la côte asiatique et la conversion, en douze rochers séparés, du seul îlot de la côte d'Europe, car on aurait de la peine à comprendre pourquoi cette action aurait produit des effets opposés en s'exerçant sur deux îles séparées l'une de l'autre seulement par un espace d'environ quatre kilomètres et ayant probablement à peu près la même grandeur, puîsqu'en parlant des deux îles qui composaient les Symplegades les auteurs anciens ne font jamais la moindre allusion à une différence quelccfhque dans leurs dimensions respectives, ce qu'ils n'auraient point négligé de faire si cette différence avait réellement existé. Ainsi , la seule explication plausible qui nous reste pour rendre compte de ce phénomène, c'est la supposition que la partie du fond de la mer qui portait l'îlot de la côte asiatique s'est abaissée , tandis qu'un mouvement contraire se sera produit près de la côte d'Europe, où les écueils, jadis masqués par l'eau, auront été mis à nu. En conséquence, on pourrait admettre que cette