‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 92 sur 179 · L. xiii, 6, in Eutrop.j, 1. ii, v. 260 et sqq · texte numérisé non relu

L. xiii, 6, in Eutrop.j, 1. ii, v. 260 et sqq

tour à tour. Les témoignages de Rufus et de Glaudien marquent peut-être la dernière de ces phases; du moins il ne paraît pas qu*aucun auteur plus récent ait parlé des précieux détritus que roule le Pactole. 11 est vrai que Constantin Manassès, Byzantin du XI* siècle, donne également au Pactole Tépithète d'aurifère 7pu<yeoJivr,; iiaxTw^oç*; mais il est difficile de conclure du passage où, chez cet auteur, le Pactole figure à côté du Nil argentifère, s'il s'agit de faits empruntés à l'époque de Manassès même, ou simplement à une de ces réminiscences classiques que le chroniqueur et poète en question entremêle fréquemment à ses récits. D'ailleurs, Jean le Lydien 2 ne mentionne le Pactole que comme ayant jadis fourni l'or aux Lydiens; cet auteur, qui était lui-même natif des parages limitrophes du Pactole , devait nécessairement être mieux renseigné sur ce sujet que qui que ce fût.

L'unanimité qui se manifeste chez les auteurs anciens relativement au fait même des propriétés auri-

1. Conslanlini Manassis Compendium clironicum, v. 6258; édition de Bonn.

2. De Magistralibm, 1. ht, p. 258; édition de Bonn. Il faut en dire autant de l'assertion de Vibius Sequoster, qui, en parlant du Pactole, dit : aurum trahit, 11 n'est pas probable que cet auteur a voulu constater un phénomène existant de son temps.

fères du P.ictole se produit également en ce qui concerne les causes auxquelles ces propriétés sont dues, ainsi qu'à l'égard de la valeur des richesses qui en résultaient. En effet, nous avons déjà vu que, selon Homère et Hérodote, le Pactole empruntait son or au mont Tmolus; c'est une observation par laquelle le grand poëte et le grand historien avaient merveilleusement devancé leur siècle, en donnant de ce phénomène l'explication admise, plus de deux mille ans après eux, par les géologues de nos jours, quant à l'origine des sables aurifères en général. Or, la majeure partie du Tmolus est composée de schiste argileux, de micaschiste, de quartz, de calcaire et de gneiss, et l'on sait que dans les contrées les plus riches en sables aurifères, ce sont précisément ces roches, et particulièrement le quartz et le schiste argileux, dont la désagrégation donne lieu au précieux détritus.

Quant aux richesses que fournissait le Pactole, les anciens, notamment Hérodote*, parlent si souvent et d'une manière tellement circonstanciée de toutes celles fournies aux Lydiens par les sables aurifères du Tmolus, qu'il devient impossible de ne point accorder un fond de vérité à des assortions aussi unanimes et aussi nombreuses. Ainsi Strabon - signale le Pactole comme l'origine des richesses de Crésus; et, parmi les exemples que cite Hérodote, pour donner une idée des trésors que puisèrent à cette source, non-seulement les

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