‹ Le bossu drame en cinq actes et douze tableauxChapitre 3 sur 129 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

COCARDASSE, paraissant.

Eh ! sandioul Voilà deux heures que nous voyons ce diable de château sur sa montagne maudite, il me semblait qu’il marchait aussi vite que nous. Enfin nous le tenons, (u entre et étale ses guenilles avec uno impudente fierté.) As pas pur ma Cail —

lou, entre mon bon, nous sommes au port.

PASSEPOIL

Jetons l’ancre!

COCARDASSE

Capédédiou! du vin! (il prend le broc sur la table et boit & mémo.)

PASSEPOIL, apercevant Martine.

Ventre de biche! une femme! (U lui prend la taille et vout l’embrasser.)

MARTINE, s’échappant.

Au secours! à l’aide!

PASSEPOIL

Ne crions pas, Vénus : allons, un petit baiser, ô reine des amours !

MARTINE

Il est fou, ce gros-là !

PASSEPOIL

Je suis fou, oui, mais je ne suis pas gros. Il paraît que j’ai un cœur comme on n’en a pas, il va toujours grandissant, et le corps enveloppant le cœur, naturellement le corps se développe, mais je suis tout cœur, oh! la belle des belles! et ce cœur est à toi!

MARTINE

Lâchez-moi, ou je crie au feu.

COCARDASSE, qui a bu.

Caramba! Tu ne pourras donc jamais commander à les passions?

PASSEPOIL

Je ne demande qu’un baiser sur la main.

MARTINE

Ma main, la voilà... (Elle lui donne un soufflet et remonte la scène.)

PASSEPOIL, soupirant.

C’est encore une faveur; d’une femme tout est bon.

MARTINE

Laissez-moi donc vous annoncer aux autres.

COCARDASSE

Us sont arrivés. Eh ! oui, sandiou! je vois leurs rapières. Annoncez-leur Cocardasse junior.

PASSEPOIL

Et Amable Passepoil qui vous adore, ô Calypso.

COCARDASSE

Us nous ont vus, ils accourent, les voilà.

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