‹ Le bossu drame en cinq actes et douze tableauxChapitre 35 sur 129 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

FLOR

Je n’oublierai plus ce nom-là.

BLANCHE

A Séville, à Pampelune, mêmes soins pour me cacher, mêmes dangers, même luite... Depuis Irois ans que nous sommes à Ségovie, nos ennemis paraissent avoir perdu nos traces ou nous avoir oubliés... Et pourtant j’ai peur, oui j’ai peur, car Henri me défend de sortir, de voir personne, il redouble de surveillance et de précaution... Tout cela, je le comprends bien, c’est le danger d’autrefois qui revient.

FLOR, souriant.

N’est-ce pas plutôt la jalousie qui commence?

BLANCHE

La jalousie!

Peut-on le voir et ne pas t’aimer? si on t’aime peut-on n’ètre pas jaloux ?... A présent, dis-moi, ton ami, ton Lagardère est-il toujours beau, toujours (1er, toujours bon?... Voyons, ne rougis pas si fort et avoue-le tout bas, tu l’aimes?,.. .

BLANCHE

Pourquoi tout bas?

FLOR

Tout haut si lu veux.

BLANCHE

Oui... je l’aime.

FLOR

A la bonne heure... Et lui t’a dit vingt fois, cent lois qu’il t’adorait ?

BLANCHE

Lui... il m’aime... mais comme sa fille.

FLOR

A son âge, allons donc, c’est impossible I

BLANCHE

Impossible? Pourquoi?

FLOR, souriant.

Pourquoi?... Ecoute, soeur, si ton Lagardère n'est pas fou d’amour pour toi... c’est...

BLANCHE

C’est?...

C’est qu’il en aime une autre.

BLANCHE

Une autre I (Bruit au dehors, Tonip outre tout effaré et fermo devant lui la porte du fond.)

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