PROLOGUE
PEYROLLES
Que VOUS importe? (Même jeu.)
COCARDASSE, descendant.
Péeaïre, vous ne m’aviez pas dit que ce visiteur do nuit n’est autre que le prince Philippe de Lorraine, duc de Nevers, qui est la première lame de France et de Navarre.
Vous serez huit contre lui.
COCARDASSE
Pour commencer la chose... oui, mais qui sait s’il en restera seulement un pour la finir?
PEYROLLES
Allons donc 1
COCARDASSE
Hon! du moment qu’il s’agit de M. de Nevers.
PEYROLLES
Vous hésitez?
COCARDASSE
Non, je refuse. Je ne sais si mon petit prévôt Passepoil sera plus entreprenant que moi.
PASSEPOIL
Je repars.
PEYROLLES
Vous voulez rire, mes drôles! si la besogne est plus rude on payera plus cher, voilà tout.
COCARDASSE
Avec les gens d’esprit on s’entend toujours.
PASSEPOIL
On s’entend toujours.
COCARDASSE
De quelle somme était-on convenu?
STAUPITZ
Douze cents pauvres pistoles.
COCARDASSE
J’en veux deux mille... hum... deux mille... Est-ce ossez, ma caillou?
PASSEPOIL
Non.
COCARDASSE
Le petit a dit non.
PEYROLLES
Trêve de verbiage... que voulez-vous?
COCARDASSE
Trois mille pistoles.
Accordé 1
PEYROLLES
LE HOSSU.
Est-ce assez, ma caillou?
PASSEPOIL
Oui.
COCARDASSE
Lé petit a dit oui.
PEVROLLES.
C’est heureux.
COCARDASSE
Marché conclu.
PEYROLLES
Touchez-là. (Cocardassc regarde la main sans la prendre; puis il frappe sur la poignée do son épée ; mouvement de Foyrolles.)
COCARDASSE
Voilà le tabellion qui me répond de vous, mon bon. (a io
salue avec affectation; tous l'imitent.)
PEYROLLES, prêt il sortir.
Si vous le manquez, rien de fait.
COCARDASSE
Cela va sans dire. (Peyrolles sort, tout le monde part d’on grand éclat do rire.) Du vin ! à DOire! (staupitz, Pinto et Faënza ont accompagné Peyrolles jusqu’à la porte, en faisant forcé saints ironiques.)