LUPEAE, CABASSOL, PIERRE, MADAME BLANQUET
PIERRE, tristement.
V’ià tous mes projets flambés !
CABASSOL
Heureusement, l’acte n’était pas signé.
LUPEAU.
Par bonheur, j'avions point encore lâché les noyaux.
PIERRE, allant remettre sa tunique que le tailleur a apportée.
Allons, reprenons cet uniforme que j’ai eu lori do quillcr...
* Il me reste une ressource... c’est de r’ demander du service... de me refaire soldat... Gré coquin!.,, moi qui un instant avais espéré... (Soupirant.) Enfin!.., n’y pensons pas!... Puisqu’on me repousse... puisque tout 1’ monde me tourne le dos, partons !... Allons regoûter le rata et la boule de son de la patrie!...
MADAME BLANQUET, à part, observant Pierre.
Pauv’ garçon !... ça me fait pourtant de la peine de le laisser partir... mais enfin il n’a rien... faut se faire une raison !...
PIERRE, après avoir repris son sac.
Me v’ià prêt !... un dernier adieu à Denise... et puis, en avant du pied gauche !
CABASSül,, à I.upeau,
Allons prévenir le notaire do ce changement!... C'est pas la peine de le déranger pour rien, c’t’homme ! *
LUPEAU.
Oui, t’as raison, allons trouver le notaire. (Ils vont pour soriir, Denise paraît.)
SOÈNE XXII
Les mêmes, DENISE, puis GAUTR1N.
DENISE*, entrant par le fond.
Ne vous dérangez pas ! le notaire le v’Ià !
TOUS
Maître Gaulrin ! (Madame Blanquet va à sa fille.)
GAUTRIN **, entrant par le fond.
Oui, c’est moi; j’apporte l’acte de vente do votre propriété. (Il pose sur la table de gauche son portefeuille, dont il tire un papier.)
CABASSOL
L’acte de vente?...
* Lupeau, Cabassol, Denise, Pierre, madame Blanquet,
** Lupeau, Cabassol, Gaulrin, Denisi, madame Blanquet, Pierre.
GAUTRIN.
Au nom do Pierre Ledru. '
' CÀBASSOL.
Ah ! Dieu merci, il n’a pas encore signe !
, DENISE
Pardon î... c’est ce qui vous trompe...
* TOUS
Comment?
DENISE
L’acte est signé .
GAUTRIN, montrant le papier.
Tout est en règle. ,
C4BASSOL, allant k Denise.
Allons donc !... Signé par moi, mais pas par lui !
DENISE *
Si fait !
PIERRE, étonné.
Par moi ?
GAUTRIN.
Ou, ce qui revient au môme, par votre fondé de pouvoir.
CABASSOL ET LUPEAU.
Son fondé de pouvoirs !...
DENISE
Oui, par le pôre Valain, à qui il avait donné sa procuration avant do partir pour l’armée...
GAUTRIN.
Pour suivre son procès contre le cousin Lupeau.
LUPEAU.
Comment, Valain ?
CABASSOL
Mais pourquoi donc qu’il a signé, puisque Pierre est ici ?
GAUTIUN.
Il le fallait bien... puisque Pierre s’est foulé le poignet. (Il ▼a à Pierre).
PIERRE, étonné.
Comment?
* Lupeau, Gautrin, Cabassol, Denise, madame Blauquet, Pierre
DE CAKAFE 49
LUPEAU \
Foulé le poignet, lui ?
CABASSOL
Qu’esl-c’ qu’a dit c’te menterie là?
GAUTRIN.
Parbleu ! c’est Denise. .
tous.
Denise !...
LUPEAU.
Eh ben ! et P père Valain, qui donc l’a été quéri ?... qui donc l’a prié de?...
DENISE
Qui?... (Faisant une révérence ironique). Vot’ très-humble servante !
TOUS
Denise ! (Gautrin passa à droite).
LUPEAU **.
Encore Denise !
DENISE
Moi-même, m’sieu Lupeau.
DENISE
Air de Lata Boukh.
Quand il rêvait un sort bien doux.
Vous conspiriez tous contre Pierre ;
Moi, pour sauver c’lui quo j’préfère,
J’fus plus maligne encor que vous! (bis)
(Avec malice .)
Dans ma souricière Je vous ai pris tous;
De cette manière Je n’fais pas d’jaloux I
(Elle remonte avec sa mire.)
CABASSOI. ***, à part.
Pincé ! (A Pierre). Allons ! la maison est à loi.
* Lupeau, Cabassol, Denise, madame Blanquet, Gautrin, Pierre.
" Lupeau, Cabassol, Denise, madame Blanquet, Pierre, Gautrin.
“■ Lupeau, Cabassol, Pierre, Denise et madame Blanquet (au fond), Gautrin.
LE BOUCHON LUPEAU *, allant i Pierre.
Du toul, è mé!... j’ m’exécute, je paie. (Donnant à Pierre un petit sac). V’Ià la somme... en or... des pièces toutes neuves !...
DENISE **, redescendant.
En bonne conscience, vous lui deviez bien ça pour le procès qu’il a perdu. (Elle va à Pierre).
PIERRE ***, faisant sonner l’argent.
Six mille francs ! En v’ià des sonnettes !
GÀUTRIN.
Et de plus ce bail. (Il donne un papier 0 Pierre).
CABASSOL ET LUPEAU,
Un bail!,..
GAUTRIN
Vous voilà à la tête d’une bonne ferme...
MADAME BLANQUET redescendant près de sa fille.
Et d'une gentille ménagère ! car je n’ai qu’une parole ; ma fille est Ô toi. (Elle fait passer Pierre près de sa fille).
CABASSOL *”**
Hein?... la fille aussi!
LUPEAU. .
J’ sommes volés !
Et tout ça, grâce à nous...
DENISE, continuant.
A vous, qui lui avez fait une fortune réelle, avec celle que vous lui supposiez.
PIERRE, montraut le bouchon.
Oui, ce fameux bouchon de carafe... vous v’ià rincés, mes anciens!
. LUPEAU.
Heureusement, j’ vas toucher une grosse indemnité sur la maison.
* Cabassol, Lupeau, Pierre, Gautrin, Denise et madame Blanquet (au fond}.
** Cabassol, Denise, Lupeau, Pierre, Gautrin, madame Blanquet (au fond)l Cabassol, Lupeau, Denise, Pierre, Gautrin, madame Blanquet (au fond). '*** Cabassol, Lupeau, Denise, madame Blanquet, Pierre, Gautrin.
”*** Cabassol, Lupeau, Denise, Pierre, madame Blanquet, Gautrin.
DENISE
A propos, m’sieu Lupeau, le tracé du chemin de fer est changé... 11 passera à trois kilomètres d’ici. (On rit).
CABASSOL, à Lup.au.
Ah ! finaud, va !
LUPEAU, accablé. ->
Ah ! Seigneur.! j’en ferai une maladie!