LE BOUCHON TOUS
MADAME BLANtJl'ET.
CABASSOI..
C’est-y moi ?
' Ou ben me?...
Parle donc!...
Ah! dame'!... C'est
LUPEAU.
embarrassant..
Air : de Latia Itou kit .
Duquel faut-il combler les vœux?
Entr’eux, vraiment, mon cœur hésite.
Aussi, pour en finir plus vite.
Je les refuse tous les (leux. (Bis.)
CABASSOL et LUPEAU, parlé.
Tous les deux!
DCNISfc.
Oui, je rie puis faire De choix entre vous; De cette manière Je n’ fais pas d’ jaloux!
CABASSOL
Me refuser ! .. (Il remonte avec Guulrin.)
LUPEAU.*
Et mé itOU ! (Il remonte.)
MADAME BLANQUET
Par exemple !... c’est un peu fort!-.. Les deux plus cossus du village !
DENISE
Je ne tiens pas à la richesse.
MADAME BLANQUET, s'exclamant.
Tu ne tiens pas à la richesse !
DENISE
Non !
MADAME BLANQUET
Hum !... Petite cruche !..
* Gautrin, Cabassol, madame Blanquet, Denise, Lupeau.
(Denise retire des légumes du panier et se met à les éplucher, assise prés d'une table à droite.)
CABASSOL *, î> Madame Blanquet.
,Est-c’qu’elle aurait un sentiment pour quelqu’un?
MADAME BLANQUET
Sans ma permission !...
CABASSOL
Dame ! qucuqu’fois... les jeunesses...
LUPEAU. qui est redescendu près de Madame Blanquet.
Ça s’est déjà vu !..,
MADAME BLANQUET
Et d’ailleurs, qui voulez-vous qu'elle aime?
LUPEAU.
Je n’sais point ! (à Cabassol.) Si c’n’est point lé, si c'n’est point me, qui qu’c’est?.. Peut-être ben qu’elle pense fore à mon cousin...
MADAME BLANQUET
A Pierre Ledru !.. un soldat ! Au service depuis trois ans!
CABASSOL
Et qu’est parti pour la Coquinchine !
(Denise, prêtant l’oreille.)
MADAME BLANQUET
Un garçon sans sou ni maille!.. V’Iâ un joli mari, ma foi !
GAUTRIN, s’approchant. «
Eh ! eh ! Qu’en savez-vous !
CABASSOL, LUPEAU et MADAME BLANQUET.
Comment !
GAUTRIN **, passant près de Madame Blanquet,
S’il faut en croire les journaux, plusieurs de nos soldats, pendant l’expédition de Chine, ont eu de la chance et rapportent de fameux magots.
CABASSOL, LUPEAU et MADAME BLANQUET.
Des magots?
GAUTRIN.
Oui, vraiment !... On raconte qu’au palais d'été de Sa Majesté chinoise, plus d’un aarouvé des objets d’une grande valeur.
‘ Cabassol, madame Blanquet, Lupeau Gautrin, Denise.
*’ Cabassol, madame Blanquet, Gautrin, Lupeau, Denise.
1 i LE BOUCHON
DENISE, toujours occupée de son outrage, et à part.
Ah! bah!
MADAME BLANQUET
Allons donc !... des contes! (Elle remonte.)
CABASSOL
Des calembcdaines inventées par les journaux !...
lupeau.
Et pis, v'ià pius d"un an qu’on n'a point d' nouvelles d’ mon cousin.
DENISE
Et vous n’ôtes pas pressé d’en avoir, m'sieu Lupeau ?
kUPEAU.
Mé!. e . comment ça?
DENISE
Son retour ne vous serait peut-être pas agréali’e
Ll’PEAU.
El- à cause donc?
DENISE
Pardine ! à cause de c’ procès que vous avez eu ensemble pour l'héritage de vot’ oncle.
LUPEAU, vivement.
J’avions droit!... J’ons gagné d’vant la justice... n’y a pas à revenir.... c’ qu’est fait est bien fait! Personne n’a pus rien à réclamer! .. Allez vol’ train !
CABASSOL”, allant à Lupeau,
Bah ! bah ! rassurc-toi !... nous n’ sommes pas près de revoir Pierre... qui sait ? il aura peut-être été blessé ..
DENISE, à part.
Ah ! mon Dieu !
CABASSOL
Ou ben qu'il est prisonnier.
DENISE, à part, a»ee émotion.
Prisonnier!...
PIERRE, en dehors, chantant.
Jeune et beau militaire.
Où t’en vas-tu là-bas?
Eh ! Ion, Ion, là,
Où t’en vas-tu là-bas?
(Pen tant ce chant, le dialogue continue en scène.)
* Cabassol, Gautrin, Lupeau, madame Blanquct, Denise.
** Gautrin, Cabossol, Lupeau, madame Blanquct, Denise.
DK CARAFE
Hein !
LUPEAU.
DENISE, avec émotion, se levant.
Ah ! mon Dieu !...
GAUTRIN*, allant regarder au fond.
Un soldai!... Mais c’est lui !
MADAME BLANQUET et CABASSOL.
Pierre Ledru !
LUPEAU, Stupéfait.
Mon Cousin !... (Il tombe assis près de la table de gauche.)