‹ Le bouffon du prince, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 34 sur 38 · SCÈNE XIL · texte numérisé non relu

SCÈNE XIL

Les mêmes, MAITRE HUGUO, suivi de Vofficier qui Va oc-

compagne (î).

(L'officier reste au fond.) PAOLA , l'apercevant et courant à lui en poussant un cri de joie.

Ah ! sauvez-moi !

maître huguo, la recevant dans ses bras. Que vois-je ! ma nièce Paola !

(i) Maître Huguo, Paola, Marini.

marin i , stupéfait en le reconnaissant.

Sa nièce !.. D'où diable sort-il celui-là ?

PAOLA

Eh ! quoi vous savez ?..

maître huguo, la serrant dans ses bras.

Oui, oui: j'aurais dû te reconnaître à ces traits, qui me rappellent ceux de ma sœur... de mon bon Francesco ; chère enfant I je comptais t'en voyer... te faire dire... parce que j'ignorais... {l'embrassant à plusieurs reprises) mais embrasse-moi donc encore !...

paolA , émue.

Mon oncle!., ah ! que je suis heureuse! maintenant je ne crains plus rien, vous me défendrez.

MAITRE HUGUO.

Contre qui ? je ne vois là que notre bon ami , le secrétaire.

MARINI

Qui a les meilleurs intentions du monde... Mais nous perdons un temps précieux, et nous déviions êlre loin.

PAOLA à son oncle.

Non , non... ne m'abandonnez pas.

(Elle passe à la droite de maître Huguo.) maître huguo, entreux.

Permettez, permettez, monsieur le secrétaire : il me semble qu'en ma qualité d'oncle , j'ai le droit de savoir où vous voulez conduire ma nièce ?

mArini , brusquement.

Eh ! que vous importe !

MAITRE HUGUO.

Comment! monsieur... mais c'est très-malhonnête ce que vous me dites là... et la place que j'occupe mériterait au moins de votre part des égards...

mArini, haussant les épaules.

Votre place ! eh! vous n'en avez pas, monsieur le maître d'école.

MAITRE HUGUO , piqué.

Maître d'école ?'je l'ai été, monsieur, je m'en glorifie... mais maintenant que j'ai l'honneur d'être conseiller de Son Altesse...

MARINI

*"^ùéùJ,

MAITRE HUGUO.

Oui , monsieur.

MARINI

Allons donc , vous ne l'êtes que de ma façon.

MAITRE HUGUO.

De votre façon ?

MARINI

Je me suis moqué de vous.

MAITRE HUGUO.

En vérité !

MARIWI.

Et pour vous le prouver... {A l'officier.} Monsieur l'officier, au nom de son excellence, que Ton mette ce fou à la porte du palais.

PAOLA

O ciel !

MAITRE HUGXJO.

Ah I c'en est trop ! {A Vojficier.) Monsieur l'officier, au nom de Son Altesse , que Ton s'empare de cet impertinent.

MARIN i , riant.

Ah ! ah ! il a perdu la tête. {Aux hommes qui viennent pour V arrêter.) Hein ! qu'est-ce que vous faites donc ?

l'officier.

Ce sont les ordres du prince... nous devons obéir à monsieur comme à lui-même.

MARINI

Comme à lui-même?

PAOLA

Il serait possible !

maître huguo , se frottant les mains.

Ah! ah! M. le secrétaire, ça Vous déroute... non, je ne suis rien... on s'est moqué de moi.

MARIN i , confondu.

Pour le coup !

l'officier , à maître Huguo.

Qmsfaut-il faire du prisonnier ?

maître huguo , gravement.

Le conduire dans une salle écartée et l'y garder à vue ; car tout ça m'a l'air d'une conspiration.

MARIN I , partant d'un éclat de rire.

Ah ! ah ! ah ! c'est trop drôle... très-bien débuté, mon digne conseiller ! renverser ses amis !... vous irez loin... Au surplus , que le marquis s'en tire maintenant comme il l'entendra.

(Il sort, escorté de l'officier et des deux hommes.)

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