‹ Le bouffon du prince, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 38 sur 38 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

LES MÊMES, LE MARQUIS, SEIGNEURS ET DAMES DE LA COUR (î).

LE marquis, au fond.

Je vais prévenir Son Altesse. (L'apercevant.) Chut!., il est avec

(î) Maître Huguo. Marini, le prince, Paola.

son bouffon... le plus drôle de corps... vous allez voir comme il

est amusant.

(Tout le monde s'approche .)

LE prince, se retournant et masquant Paola.

Que voulez-vous?

LE MARQUIS

Pardon... Que vois-je !.. Son Altesse émue!.. {A maître Huguo.) Morbleu, monsieur le drôle, est-ce ainsi que vous remplissez votre charge?., au lieu défaire rire le prince...

MAITRE HUGUO.

Faire rire le prince!.. Ah! ça, pour qui me prend-on, s'il vous plaît?

LE MARQUIS

Eh! mais , pour le bouffon de la cour.

MAITRE HUGUO, suffoque. 1(^

Le bouffon!., moi !.. Quelle insulte!.. Je vous demande un peu si j'ai la figure d'un baladin !

LE prince, faisant un pas et découvrant Paola qui est près de lui ,

immobile et les yeux baissés.

Silence !

LE marquis, à part.

Paola, encore ici L. C'est fait de moi !

LE prince, au marquis.

Que veniez-vous m 'apprendre ? •

le marquis, avec embarras.

Quetoute la cour est réunie dans la salle du concert ..et que l'on n'attend plus que Son Altesse.

LE prince, lentement.

C'est bien... précédez-nous, marquis... [Donnant la main à Paola.) Et annoncez vous-même... la duchesse de Ferrare !

TOUS

La duchesse de Ferrare !

CHOEUR

Air de Bra Diavolo.

Qu'ai-je ente/imi! Quoi Son Altesse Vient donjyenfin de faire un choix ;

ive à jamais notre duchesse, A ndh^nmour elle a des droits !

MATTIHt. HUGUO.

Quoi ! mon prince?

PAOLA

Qu'allez-vous faire ?

LE PRINCE

Mon devoir et mon bonheur. Oui , Paola, oui, messieurs, je rends hommage à la vertu la plus pure... à la fille d'un de mes

>lus brafes ofticiers. J'acquitte une dette sacrée, et si je pouvais icsiter un instant, je ne serais plus digne d'être votre souverain. (A ses courtisans.) Du reste, messieurs, que celui d'entre vous qui désapprouve mon choix, s'éloigne... je n'ai plus besoin de ses services.

tous, avec empressement.

Ah ! monseigneur !

le prince, à maître Huguo.

Quant à vous, mon digne conseiller, vous resterez toujours près de moi ; vous serez mon guide, mon ami... et cette place là, du moins, vous ne la perdrez jamais.

MAITRE HUGUO, troublé.

Ah I monseigneur!.. {A part.) Qu'est-ce que va dire Suzanne?.. Oncle d'un souverain! et des petits princes qui seront mes neveux!., je leur apprendrai à lire moi-même.

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