‹ Le bourg;Chapitre 11 sur 21 · LE CHEVAL · texte numérisé non relu

LE CHEVAL

la charrette,

le sellier,

le maréchal ferrant.

roues roues art du charron

la charrette

Le diable accourut ici au secours de l'homme. "Et voici de la magie noire.

Car la roue, tout en rendant son office, ne cesse pas de nier. 'Elle demeure une nihiliste forcenée. Sans répit, dans son tourbillon de fièvre, elle veut quitter la charrette.

Enfin, la roue ne bouge pas, c'est sa rage et c'est tout l'art du charron. Il dispose des rayons de bois autour d'un axe, imitant ainsi une étoile ou un hélianthus.

Souriant avec malice, en poussant à la roue, il regarde comment tour à tour chaque rayon se dérobe. Triant mieux encore, il a vu comment chaque rayon lestement passe au voisin le faix du centre de gravité. Mais, ils continuent d'être liés à l'axe, ils y sont prisonniers. Et puisqu'ils demeurent en place, il faut bien que la charrette glisse en avant.

crée les boucles, la selle et le harnais qui rendent le cheval propre aux usages de la terre

le sellier

Celui qui a créé toutes les choses n'a point oublié de donner au cheval des pattes pour courir, ni des yeux pour voir, ni une bouche où s'attache le mors ni, enfin, des sabots de corne où le maréchal ferrant cloue les fers.

Mais, celui qui a créé toutes les choses a oublié les boucles, la selle et le harnais entier qui rendent le cheval propre aux usages de la Terre. Il eût dû prévoir qu'une si digne bête deviendrait l'esclave de l'homme ! Alors il eût muni le cheval des lanières de cuir que le sellier, avec ingéniosité, pour plaire au cocher et au cavalier, tisse sur le dos du cheval.

// s'éloigne en sonnant des bottines qui lancent des paillettes d'or

te maréchal-ferrant

Puisqu'ils ont mis une dure carapace de granit à la route, l'ingénieux maréchal ferrant cloue une semelle de fer à l'âne et au cheval.

Ils s'éloignent en sonnant des bottines, qui lancent des paillettes d'or ; et le dompteur du fer rentre dans l'enfer noir et rouge, dans la suie acre et la fumée de corne rôtie.

Le Yoyage

ili>

pi

l'air et l'eau

Hiii

le navire,

traîneaux et patins.

l'aéroplane.

le navire

Le premier navire était un pont. Aujourd'hui c'est une maison avec des caves et des cuisines.

Au-dessus du ruisseau le piéton jette une planche. C'est un pont.

"Le propriétaire relie ses terres y séparées par la rivière, au moyen d'une passerelle. C'est un pont plus considérable. Sur le fleuve, le politique économiste suspend un large pont.

Ponts de Londres, debout dans les flots tumultueux, comme des géants intelligents ! Ponts des cataractes sous l'arc en ciel de cristal ! Ponts des cataractes où l'homme passe dans la poussière d'eau noyant les palmes jaunes !

■il pu

tet est le navire, pont et caves nomades qui pérégrinent de longs jours

Or, sur la mer, V homme inventif n avait pu tendre aucun pont. It médita d'intervertir tes rôles. Ce ne serait plus l'homme qui marcherait. Ce serait, au contraire, le pont même qui voyagerait. "Le constructeur, en conclusion, déposa le pont sur Veau.

Voici le pont qui vogue, et le voyageur s'assied. Mais la faim le pousse bientôt. Cherchant du pain, il découvre que le constructeur naval, en homme pratique et généreux, a mis des caves et des cuisines sous le pont.

Tel est le navire, pont et caves nomades, qui pérégrinent de longs jours.

Ml k

le traîneau est un double patin

les traîneaux et les patins

Pierrot, une personne susceptible, est tombé de la colline. Du haut en bas, dans la neige, ce fut une parabole remarquable.

tes amis rient fort et haut. — <( Vous riez ? » leur lance Pierrot, a C'est une expérience ; voici que j'ai inventé le traîneau. Demain, vous m'en direz les louanges ! »

— « te traîneau, » lui répond son amie, « je connais, c'est un double palin. >>

— (( Patin ? » demande T^aton.

— « Une semelle de fer étroite et longue. te patineur se plante sur deux semelles de fer ; puis, sur la glace, il se lance comme l'éclair blanc. ))

V aviateur s'y assied, et prend Villusion que cest lui le poisson volant

le facteur d aéroplanes

'm I construit de larges libellules. "Entre les I élytres, du sang blanc nage dans un moteur. A l'avant, quatre nageoires tournent, vertigineuses, attrapant l'air. Jllors, les ailes de toile se couchent sur l'air solide, car l'hélice continue de forer l'air comme un tire-bouchon faisant son office.

'Le facteur d'aéroplanes n'a pu gratifier d'une âme sa machine. Il est forcé d'y asseoir un corps d'homme. Jl a donc réservé au pilote une étroite sellette dans le thorax de la libellule. L'aviateur s'y assied, et prend l'illusion que c'est lui le poisson volant.

^ Pour illustrer notre vie

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