ACTE IV, SCENE I
'epas fort sçavant, et vous y trouverez des incon- ;ruitez de bonne chère, et des barbarismes de bon l'oust. Si Dainis s'en estoit meslé, tout seroit dans les egies ; il y auroit par tout de l'élégance et de l'érulition, et. il ne manqueroit pas de vous exagérer hiynesme toutes les pièces du repas qu'il vous donneroit, t de vous faire tomber d'accord de sa haute capaité dans la science des bons morceaux ; de vous iarler d'un pain do rive, à bizeau doré *, relevé de rouste par tout, croquant tendrement sous la dent ; l'un vin à sève veloutée, armé d'un vert qui n'est >oint trop commandant; d'un carré de mouton gournandé de persil ; d'une longe de veau de rivière, ongue comme cela, blanche, délicate, et qui, sous es dents, est une vraye pâte d'amande; de perdrix élevées d'un fumet surprenant; et pour son opéra, l'une soupe à bouillon perlé, soutenue d'un jeune fros dindon, cantonné de pigeonneaux, et couronnée l'oignons blancs, mariez avec la chicorée. Mais, pour noy, je vous avoue mon ignorance ; et, comme Monsieur Jourdain a fort bien dit, je voudrois que le 'epas fût plus digne de vous estre offert.
DOMMENE.
Je ne répons à ce compliment, qu'en mangeant :omme je fais.
MONSIEUR JOURDAIN
Ah! (pie voilà de belles mains !
[84 l.i. BOURGEOIS GENTILHOMME.
DORIMENE.
Les mains sont médiocres, Monsieur Jourdain mais vous voulez parler du diamant qui est for beau.
MONSIEUR JOURDAIN
Moy, Madame ! Dieu me garde d'en vouloir parler ce ne seroit pas ngir en galant homme, et le diaman est fort peu de chose.
DORIMENE.
Vous estes bien dégousté.
MONSIEUR JOURDAIN
Vous avez trop de bonté...
DORANTE
Allons, qu'on donne du vin à Monsieur Jourdain, e à ces Messieurs, qui nous feront la grâce de nou chanter un air à boire.
DORIMENE.
C'est merveilleusement assaisonner la bonne chère que d'y mesler la musique; et je me vois icy admira blement régalée.