‹ Le bourgeois gentilhomme (volume 2)Chapitre 111 sur 186 · ACT!} IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACT!} IV, SCENE III

CO VIELLE

Assurément.

Et vous l'avez connu pour gentilhomme?

COVIELLE

Sans doute.

MONSIEUR JOURDAIN

Je ne sçay donc pas comment le monde est fait.

COVIELLE

Comment ?

MONSIEUR JOURDAIN

Il y a de sottes gens qui me veulent dire qu'il a esté marchand.

COVIELLE

Luy, marchand ! C'est pure médisance, il ne l'a jamais esté. Tout ce qu'il faisoit, c'est qu'il estoit fort obligeant, fort officieux; et comme il se connoissoit fort bien en étoffes, il en alloit choisir de tous les costez, les faisoit aporter chez luy, et en donnoit à ses amis pour de l'argent.

MONSIEUR JOURDAIN

Je suis ravy de vous connoistre *, alin que voue rendiez ce témoignage-là, que mon père estoit gentilhomme.

COVIELLE

Je le soutièndray devant tout le monde.

MONSIEUR JOURDAIN

Vous m'obligerez. Quel sujet vous ameine ?

Depuis avoir connu feu Monsieur vostre père, lionneste gentilhomme, comme je vous ay dit, j'ay voyage par tout le monde.

MONSIEUR JOURDAIN

Par tout le monde !

COVIELLE

Guy.

MONSIEUR JOURDAIN

Je pense qu'il y a bien loin en ce païs-là.

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