MONSIEUR JOURDAIN, DORANTE, DORIMENE
DORANTE
Monsieur, nous venons rendre hommage, Madame 3tmoy, à vostre nouvelle dignité, et nous réjouir avec /ous du mariage que vous faites de vostre fille avec le ils du Grand Turc.
MONSIEUR JOURDAIN, après avoir fait une révérence à la turque *.
Monsieur, je vous souhaite la force des serpens, ît la prudence des lyons *.
DORIAIENE .
J'ay esté bien aise d'estre des premières, Monsieur, ï venir vous féliciter du haut degré de gloire où vous îstes monté.
MONSIEUR JOURDAIN
Madame, je vous souhaite toute l'année vostre rosier leury *; je vous suis infiniment obligé de prendre part lux honneurs qui m'arrivent, et j'ay beaucoup de joye le vous voir revenue icy, pour vous faire les treslumbles excuses de l'extravagance de ma femme.
llii i.k BOURGEOIS GENTILHOMME,
DORIMENE.
Cela n'est rien, j'excuse en elle un pareil mouvement ; vostre cœur luy doit estre précieux, et il n'es pas étrange que la possession d'un homme comm< vous puisse inspirer quelques allarmes.
MONSIEUR JOURDAIN
La possession de mon cœur est une chose qui vou! est toute acquise.
DORANTE
Vous voyez, Madame, que Monsieur Jourdain n'es pas de ces gens que les prosperilez aveuglent, e qu'il sçait dans sa gloire connoistre encore ses amis.
DORIMENE. ■
C'est la marque d'une âme tout-à-fait généreuse.
DOUANTE.
Où est donc Son Altesse Turque ? Nous voudrion; bien, comme vos amis, luy rendre nos devoirs.
MONSIEUR JOURDAIN
Le voilà qui vient, et j'ay envoyé quérir ma fille pour luy donner la main.