Je ne l par Rac. Androm
Vaugelas supé de la place de l'adjectif :
« Il y a, dit-il, îles adjectifs que l'on mel toujours devant les iili lantifs, 'i d'autres que l'on met toujours après... 11 s'agit donc seulement des adj. qui peuvent se : . int et après
les subst., el de sçavoir quand il est à propos de lus mettre devant ou derrière. Je n'ay point trouvé que l'on en puisse establir aucune règle, ny qu'il y ait en cela un plu- grand secrel que de consulter l'oreille. .M. Coëffeteau i si celuy «le tous nos autheurs qui aime le plus à mettre l'adj. devant, fondé, comme je crois, sur cette raison que la période en est plus terme cl se soustient mieux, au lieu qu'elle devient languissante quand l'adj. esl après. Nos modernes écrivains, tout au contraire, donnent beaucoup plus souvent la préséance au subst. qu'à l'adj., fondés aussi, comme je l'estime, sur ce que '■••lie façon de parler est plus naturelle et plus ordinaire, au lieu que l'autre semble avoir quelque sorte d'affectaliou. » [Rem., édit. Chassang, p. 309 et suiv.)
Après avoir rappelé un passage d'une lettre de Balzac qui touche en plaisantant à cette grave question sans la résoudre Ménage ne s'en rapporte pas à l'oreille : « Il faut, dit-il, consulter l'usage en ces sortes d'occasions. » (Observ. II, p. 445.) Il reprend le P. Bouhours, qui a dit « la divine parole » au lieu de « la parole divine », etc.
Chapelain, au dire de Th. Corneille (Observ. sur Vaugclas), pensait que, « pour l'ordinaire, l'adj. qui a une terminaison féminine va mieux devant le subst. qu'après ». Mais il admet de nombreuses exceptions. C'était aussi l'opinion de Malherbe et de Gombauld, recueillie par Pellisson dans sa Relation de VAead. franc., mais longuement discutée par Ménage dans ses Observ. sur Malh., 1689, p. 273-275.
— -2G1 — ■2" Adjectifs employés connue substantifs :
— « C'est un suplice... que d'essuyer sur des compositions la barbarie d'un stupide, » — Bourg, gent. p. 4.
— « Il y faut mesler du solide. » — Ibid. p. 4.
— « Une boude (pie je veux faire à nostre ridicule. » —Ibid. p. 123.
Vaugelas aimait mieux dire, avec Balzac, la sériosité que le sérieux. Le P. Bouhours, dans ses Rcmarq. nouv. f3e éd. 1682, p. 590), Th. Corneille et l'Acad., dans leurs Observ. sur Vaugelas, et surtout l'usage, lui ont donné tort.
En 1650, un grammairien, Claude Irson, écrivait :
« Le nom adjectif se prend souvent pour un nom substantif. Exemple: le sérieux pour la sériosité; l'incommode j>our l'incommodité; le négligé pour la négligence; le fort de l'affaire pour le nœud de l'affaire, » etc.
Le P. Bouhours donne comme nouveau, en 1671, l'emploi des adjectifs sérieux et ridicule « dans un genre neutre », c'est-àdire avec l'article : « On n'a pas toujours dit : traiter quelqu'un avec un grand sérieux; prendre son sérieux; trouver le ridicule d'une chose. » (Aristc et Eug., éd. 1673, p. 108). — Le P. Bouhours nous parait en retard de quelques années. On trouve encore de lui un long passage sur ce sujet dans ses Doutes sur la Iang. franc. 1674, p. 46-48.